| L’Iran voit des « ennemis » partout |
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| mardi, 30 mai 2006 | |
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Iran Manif - Les autorités iraniennes ont accusés leurs "ennemis" de provoquer des divisions ethniques et religieuses pour affaiblir le pouvoir islamique, alors les provinces à majorité azérie, après d'autres provinces frontalières, ont connu des troubles. Le pouvoir islamique affirment que les "ennemis" veulent utiliser ce moyen pour obliger l'Iran à renoncer à son programme nucléaire. Ces dernières semaines, plusieurs villes du nord-ouest de l'Iran (Tabriz, Oroumieh, Nagadeh, Ardébil), peuplés d'Azéris, qui forment 25% des 69 millions d'Iraniens, soit la plus grande minorité iranienne, ont connu des manifestations violentes pour protester contre une caricature parue dans le quotidien gouvernemental Iran et jugée insultante. La caricature, publiée il y a un peu plus de deux semaines, montrait un jeune garçon répétant le mot persan pour "cafard" de différentes façons, face à un cafard lui demandant "Quoi?" en langue azérie. Le journal Iran a été suspendu et le dessinateur et un rédacteur du journal ont été arrêtés. "Ces tentatives pour provoquer des tensions ethniques constituent le dernier geste de l'ennemi contre la République islamique et le peuple iranien", a déclaré dimanche le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, lui-même d'origine azérie. "Aujourd'hui, ils croient utiliser les Azéris (...) mais c'est encore une erreur historique car les Azéris ont toujours joué un rôle décisif pour défendre la République islamique et l'intégrité territoriale", a-t-il ajouté. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait affirmé le 25 mai que les "ennemis" de l'Iran voulaient provoquer des tensions ethniques pour combattre le programme nucléaire iranien. "Avec le succès obtenu dans le domaine de la technologie nucléaire, l'équation mondiale a changé et notre pays est devenu une puissance influente (...) C'est naturel que les ennemis complotent (...) mais les complots des ennemis n'ont jamais réussi", avait déclaré M. Ahmadinejad. Depuis un an, plusieurs provinces frontalières ont également connu des affrontements ou des actions terroristes. La province du Khouzistan (sud-ouest), où les Arabes forment près de la moitié de la population, a connu plusieurs attentats meurtriers revendiqués par des groupes sunnites extrémistes. A l'autre bout du pays, au Sistan-Balouchistan (sud-est) des sunnites extrémistes du groupe Joundallah (soldats de Dieu), accusé d'être lié à Al-Qaïda, ont massacré à deux reprises, en mars et début mai, des voyageurs non loin de la frontière pakistanaises. Enfin, la province du Kurdistan (ouest), est depuis un an le théâtre d'affrontements armés entre les soldats iraniens et des militants du Pejak, un groupe indépendantiste kurde proche du PKK, qui s'infiltrent en Iran depuis le Kurdistan irakien. Les autorités iraniennes ont accusé à plusieurs reprises les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, dont les forces sont basées en Irak et en Afghanistan, de soutenir ces groupes extrémistes arabes, kurdes et balouches. "Il y a un mécontentement latent qui explique ces mouvements mais je pense que les services de renseignements étrangers jouent aussi leur rôle en soutenant ces mouvements", a affirmé à l'AFP l'analyste Hamid Reza Jalaïpour. "Les Etats-Unis sont certainement contents de voir des troubles qui affaiblissent le pouvoir islamique. Mais je ne pense pas que de tels mouvements mettront en danger le pouvoir", estime-t-il. "Le nationalisme iranien est très puissant et il pourrait se réveiller s'il sent un danger. A Tabriz par exemple, le pouvoir a rassemblé 100.000 personnes après une manifestation de protestation contre la caricature qui avait réuni 15.000 personnes", ajoute-il. Les Persans forment plus de 60% alors que les différentes minorités représentent moins de 40% de la population. Il s'agit de 25% d'Azéris, de 7% de Kurdes, de 3% d'Arabes, 2% de Balouches et de 2% de Turkmènes, concentrés dans les provinces frontalières. (AFP) |





