| Lettre du MRAP à Dominique de Villepin |
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| lundi, 07 février 2005 | |
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Monsieur le Ministre, C'est avec indignation que le MRAP a appris l'interdiction de la manifestation pour les droits de l'Homme en Iran prévue le jeudi 10 février à l'occasion du 26ème anniversaire de l'arrivée au pouvoir des mollahs . Cette manifestation prévue de longue date a reçu le soutien de soixante organisations de défense des droits de l'Homme dont le MRAP et de plus de 250 parlementaires européens. Les organisateurs avaient obtenu une autorisation orale, des milliers de personnes sont attendues, des milliers de tracts, d'affichettes, jusqu'à la dernière page du journal "métro" ont annoncé cette manifestation. Nous avons nous mêmes appelé nos adhérents de la région parisienne à y participer. Le gouvernement français connaît les crimes commis par la dictature islamique de Téhéran: arrestations, tortures, pendaisons publiques, lapidations, membres coupés, yeux arrachés, coups de fouet etc..Dans ce pays, la misogynie est inscrite dans la loi : des femmes voire de très jeunes filles sont condamnées à de lourdes peines de fouet pour être "mal vêtues". Les mineurs ne sont pas épargnées: une jeune fille de 16 ans a été pendues pour "insolence". Si les autorités de Téhéran ont demandé l'interdiction de cette manifestation, la France, revendiquant sa qualité de pays patrie des droits de l'Homme ne peut accéder à une telle demande d'un pays les bafouant avec une telle barbarie. La démocratie doit être rétablie en Iran, mais seuls les Iraniens peuvent en être les acteurs. 250 parlementaires ont reconnu que "la politique occidentale de complaisance avec le régime des mollahs a sérieusement empêcher ce changement en Iran". Nous ne pouvons accepter, comme le souhaite le Président Bush qu'une puissance étrangère tente d'imposer militairement une démocratie: l'exemple de l'Irak, avec ses centaines de milliers de morts et le chaos qui en découle le démontre. Compte tenu des violations flagrantes permanentes des droits humains en Iran, cette manifestation ne saurait être interdite, aussi, nous vous demandons, Monsieur le Ministre, son autorisation. L'interdiction de la manifestation du 10 février serait un déshonneur pour la France. Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes respectueuses salutations. Renée Le Mignot membre de la présidence chargée des questions internationales |




