| Iran-élection : Le vainqueur n’est ni Rafsandjani ni Ahmadinejad, mais le boycott |
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| vendredi, 24 juin 2005 | |
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Pour cacher l'affront, le pouvoir a diffusé sur les chaînes d'Etat des images de files d'attente provoquées devant quelques bureaux de vote pour faire croire à un afflux. C'était le cas à La mosquée Nezam de l'avenue Kachani à Téhéran. Quelques bureaux avaient été aménagés pour faire avaler aux journalistes étrangers une participation massive. C'est peut être la raison pour laquelle le correspondant de Reuters quelques heures seulement après l'ouverture des bureaux de vote à 9h du matin, parlait d'affluence aux urnes. Or jusque dans l'après midi la tendance à Téhéran et en province marquait un taux d'abstention jamais atteint. A Tabriz, les gens ont commencé à distribuer des friandises en guise de victoire de l'abstention. A Babol près de la Caspienne une scène paradoxale s'est produite quand au bureau 82 de la mosquée Djameh, quand le soldat qui servait de piquet a déclaré en riant qu'il n'avait pas sa carte d'identité sur lui et qu'il ne pouvait donc pas voter. Un employé municipal pourtant chargé de la surveillance du scrutin a confié qu'il ne voterait pas non plus en ajoutant : « voter pour qui, ce sale Rafsandjani ou cet assassin Ahmadinejad ? Comme on dit en persan : le chien jaune est le frère du chacal ». La surprise est venue des quartiers sud et miséreux de Téhéran, où l'on disait que Ahmadinejad avait la côte. Là non plus, pas de bousculade pour aller voter, à part certains bureaux aménagés pour être exhibés. Les bureaux de vote fermeront à 19h00 (14h30 GMT) mais compte tenu de la faible participation, ils pourraient rester ouverts jusqu'à 23h00 (18h30 GMT). Le scrutin est dès à présent perturbé par des accusations de fraudes. "Nous avons reçu de nombreux rapports faisant état d'intervention et d'agissements illégaux dans les bureaux de vote d'individus qui n'ont rien à y faire", a déclaré le porte-parole du ministère, Jahanbakhsh Khanjani, à la presse. "Le ministère de l'Intérieur examine la suspension des opérations dans certains bureaux", a-t-il ajouté. "Les rapports envoyés par les inspecteurs, en particulier à Téhéran, montrent que les violations vont au-delà de ce que l'on peut considérer comme un niveau mineur", a-t-il dit. Quelle que soit l'issue de ce bras de fer qui est en réalité une confrontation entre Rafsandjani le numéro deux du régime et Khameneï le guide suprême qui a favorisé la montée d'Ahmadinejad, les Iraniens ne pensent pas que cela changera quelque chose dans leur vie quotidienne de plus en plus difficile. |






Iran Manif, 24 juin, de Navid Pirouzi - Alors que les bureaux de vote vont être fermés dans quelques heure et que le suspens reste entier sur nom qui sortira des urnes, le vrai vainqueur de cette élection est déjà connu, c'est bel et bien le boycott, massif et sans précédent. Les Iraniens ont été très nombreux à s'abstenir de voter. La tournée des points de vote pendant la journée le montrait clairement. Cette abstention a été encore plus forte en province. Dors et déjà les Iraniens qui pour la plupart refusaient de choisir entre le conservateur Rafsandjani et l'ultra Ahmadinejad, se félicitent de la réussite du boycott.