| Iran – L’erreur de calcul du guide suprême |
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| mardi, 26 juillet 2005 | |
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Iran Manif, 26 juillet - Le nouveau président Ahmadinejad n'a pas encore pris ses fonctions que déjà l'arrivée au pouvoir de ce fer de lance de la répression, contrairement aux calculs du Guide Suprême qui espérait jeter un froid de terreur sur le pays, a attisé le feu sous le chaudron social.
A peine un mois que la victoire du « Terminator » a été annoncée, et l'Iran explose du nord au sud, d'est en ouest. Partout, la population s'en prend directement aux forces de sécurité, aux patrouilles, aux banques et aux bâtiments dépendants du pouvoir. Téhéran et sa banlieue, Mahabad, Piranchahr et tout un chapelet de communes du Kurdistan à l'ouest, Machad à l'est, Ahwaz dans le sud ; le système répressif est sur les dents et ne sait plus où donner de la tête. L'autorisation de tirer à vue sur la population, les multiples plans de surveillance, le dispositif policier massif omniprésent à tous les coins de rue, l'ouverture officielle de la chasse aux femmes, la violence inouïe dans la répression des manifestations, les pendaisons publiques d'enfants, la torture dans la rue, rien n'y fait. Ce peuple là est têtu. Ving-cinq ans qu'il n'en démord pas. Il veut sa liberté. L'ayatollah Ali Khameneï, le guide suprême, pensait qu'en mettant à la présidence un pur produit de la bestialité intégriste, celui qui compte à son tableau de chasse plus de mille coup de grâce dans la tête des prisonniers politiques exécutés, un maître en matière de terrorisme à l'étranger, il verrait les manifestations et les protestations dans le pays baisser d'un cran. Il comptait sur ce calme relatif à l'intérieur, pour pouvoir se consacrer tout entier à la crise internationale. En effet les nuages nucléaires et les vents du terrorisme annoncent des tempêtes destructrices à l'horizon. Mais ce que n'avait pas prévu le dictateur religieux, c'est qu'en radicalisant la répression, il allait aussi radicaliser le peuple. Une population exsangue, à 80% sous le seuil de la pauvreté, où la drogue, la prostitution et le chômage jouent les anges exterminateurs, autant que les arrestations et les pendaisons. Les Iraniens n'ont plus rien à perdre, mais tout à gagner. Avec le dernier scrutin présidentiel boycotté à 90%, ils ont affiché un Non décisif à la dictature intégriste reçu 5/5 par le pouvoir en Iran, mais pas encore en Occident qui souffre toujours d'une infection de l'appareil auditif, la complaisonite aiguë avec les mollahs. Ce que les Iraniens ont aussi crié haut et fort le 24 juin dernier, et qu'ils ne cessent de crier aujourd'hui, c'est un Oui franc et massif au changement démocratique. Ce changement est à portée de la main. Il ne se fera pas par la complaisance, le fameux « dialogue critique » de l'UE qui a lamentablement échoué et que les Iraniens ont durement payé de leur chair et de leur sang. Il ne se fera pas non plus par une guerre étrangère. Il se fera, et c'est aujourd'hui manifeste, par le peuple iranien lui-même et sa résistance organisée. Il s'agit de la « Troisième Voie », la solution iranienne par les Iraniens, qui a été défendue devant le Parlement européen le 15 décembre dernier par Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance. Le paramètre que beaucoup de partisans du maintien de la dictature religieuse en Iran ont ignoré et qui fausse tous les calculs, c'est la ténacité d'un peuple et de sa résistance, déterminés à instaurer la liberté dans leur pays. Les courtisans dévoyés qui dans une certaine presse étrangère n'ont pas hésité pas à peindre Ahmadinejad en élu des pauvres, voient le trône doré qu'ils lui avaient hâtivement bricolé, se transformer en quatre planches avec en épitaphe : ci-gît une vision à court terme et à courte vue. |




