| La posture choquante des intellectuels parisiens face à l'Iran |
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| mercredi, 09 janvier 2008 | |
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Iran Manif - La chaîne télévisée du sénat a diffusé ce 9 janvier un « colloque » sur l’Iran qui s’est déroulé dans un salon du Palais du Luxembourg. On est resté frappé par les efforts des orateurs pour ne jamais aborder la situation dans ce pays et les trésors d’imagination qu’ils ont déployés pour retourner le plus loin possible dans l’histoire afin d’éviter à tout prix le présent. Tout y est passé, l’histoire, la littérature, jusqu’au souvenir d’un voyage de noces. On aurait presque remercié les divers virus et incidents de santé qui nous ont épargné la présence de Roland Dumas et d’une autre célèbre inconnue universitaire. Choquant, voire obscène ce colloque. Obscène que des « intellectuels » français tombent si bas dans la fange pour justifier un régime qualifier par tous comme « le dernier bourreaux des enfants » (Amnesty), comme ayant battu le record du monde des exécutions (Robert Badinter). 21 exécutions en 9 jours au mois de janvier. Pas un mot, pas une pensée de ces pseudo-intellectuels et pseudo-politiques pour ces victimes. Ils étaient tout enfoncés dans leurs pensées à bredouiller un charabia sans queue ni tête pour dire qu’ils avaient occupé un salon du sénat, devant un parterre de chaises vides. Pas un mot sur la drogue, la prostitution qui ravagent le pays. Pas un mot sur les 80% de la population qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Pas un mot sur la discrimination sexuelle érigée en politique d’Etat. Pas un mot sur l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme. Rien. Par contre il y a eu des regrets qu’aucune entreprise française – Dieu merci – n’ait voulu financer cette ineptie révoltante. Cependant, ils n’ont pas pu éviter de tomber les masques. C’est comme ça qu’on a entendu un Aymeri de Montesquiou, président du groupe d’amitié France-Iran (on se demande comment il est possible de concevoir de l’amitié avec des barbares) lâcher quelques gros morceaux qui resteront dans l’histoire comme des marques de lâche soumission aux mollahs : « Je rends hommage à Total qui a bravé l’interdiction » de la loi américaine Amato sur le commerce avec Téhéran. Hommage au lobby pétrolier. On reste interloqué en l’entendant dire « L’Iran et l’islamisme sont deux mondes différents. Le meilleur allié contre l’islamisme c’est l’Iran ». On est sous le choc devant cette contorsion insupportable : « Les journalistes aliment cette thèse fausse selon laquelle peut-être dans les années 80 l’Iran a joué un rôle dans le terrorisme, mais il a joué un rôle pacificateur en Afghanistan et en Irak ; Il est à l’articulation de tous les conflits de la zone mais n’est pas le promoteur. » Il est possible de comprendre que dans le monde politique certains choisissent le camp des bourreaux, pour des intérêts financiers et commerciaux mesquins. Mais que des pseudo-intellectuels viennent justifier cette braderie d’âmes au diable, amène à se poser de véritables questions sur le rôle de l’intelligentsia. Elle se vide ainsi de sa raison d’être pour se transformer en complice. Elle donne d’elle une image pitoyable et ridicule. Ces soi-disant maîtres en littérature persane devraient pourtant savoir que l’histoire n’a retenu l’art et l’œuvre que de ceux qui ont refusé de se plier servilement à la tyrannie, Hafez, Khayam, Ferdoussi étaient tous opposés à l’absolutisme et au clergé qui le soutenait. Un intellectuel se doit un minimum de courage et de solidarité avec ses confrères, premières victimes de l’intégrisme. Dans un Iran qui a exécuté 120.000 prisonniers politiques, l’immense majorité était des étudiants et des intellectuels qui avaient rejoint l’opposition, les Moudjahidine du peuple, et refusé l’obscurantisme, comme leurs dignes ancêtres de la poésie et de la science persane. Aujourd’hui Molana, Hafez ou Khayam fustigeraient ces tartufes en se demandant « comment peut-on être français » ? |

