| Les relations de l'Union européenne avec l'Iran : perspectives d'un changement démocratique |
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| samedi, 24 mai 2008 | |
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La Revue Parlementaire, mai 2008 - Au cours d'un colloque consacré à la situation en Iran à Strasbourg, un cénacle d'élus, anciens et nouveaux, français et européens, s’est réuni ce 24 avril à l'Association Parlementaire Européenne (APE) autour du thème : « les relations de l'Union européenne avec l'Iran : perspectives d'un changement démocratique ». C'est à l'invitation d'Adrien Zeller, président du Conseil régional d'Alsace et président d'honneur du Comité français pour un Iran démocratique (CFID), et d'Alejo Vidal Quadras, vice-président du Parlement européen et président d’honneur de l'intergroupe des Amis d’un Iran libre (FOFI) au PE que cette réunion a vu le jour. L'invitée d'honneur était Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). MM. Alain Vivien, ancien secrétaire d'Etat aux affaires étrangères (PS) et Jean-Philippe Maurer, député du Bas-Rhin (UMP), au nom du CFID ; et les co-présidents du FOFI, MM. Struan Stevenson, vice-président du groupe PPE-DE au Parlement européen et Paulo Casaca, eurodéputé ont ouvert les interventions. Des députés européens et des parlementaires français ont pris la parole pour évoquer la crise iranienne, ainsi que la pertinence d’adopter une nouvelle politique européenne sous la présidence française. L'ancien premier ministre algérien Sid Ahmed Ghozali, Lord Slynn of Hadley, ancien président de la Cour de justice européenne, et le magistrat François Colcombet étaient aussi au nombre des intervenants. Les orateurs ont été unanimes pour souligner la menace du régime iranien, sa course à l'arme nucléaire, son ingérence grandissante en Irak, son appel à éradiquer Israël et ses interférences dans la crise libanaise et palestinienne, autant de dangers qui menacent la paix et la sécurité de la région et du monde. Le colloque a estimé que le moment était venu de prendre une initiative résolue pour l'Iran. L'UE, sous la présidence de la France, doit donner une impulsion nouvelle à la recherche d'une solution. Le premier pas dans cette voix est l'application des décisions de justice mettant fin à la stigmatisation de l'OMPI, principale force d'opposition iranienne placée injustement sur les listes du terrorisme. Adrien Zeller, a estimé pour sa part que le maintien de l'OMPI sur la liste « n'honore pas notre état de droit ». « Nous sommes là pour affirmer nos valeurs, (…) pour créer les conditions d'une véritable paix fondée sur les droits, sur le respect des autres et de la démocratie et fondée également sur des valeurs occidentales qui existent aussi en Iran et que Mme Radjavi incarne mieux que quiconque. » L'ancien ministre PS Alain Vivien a invité la France à « soutenir la résistance iranienne et à purger la procédure pénale abusivement ouverte depuis 2003 ». Il a ajouté que « l'opinion française n'a pas été dupe des arguments présentés contre la Résistance, qui ont provoqué l'indignation de ceux qui connaissaient ses buts et ses modes de fonctionnement interne qui sont démocratiques. »
L'eurodéputé conservateur britannique Struan Stevenson a quant à lui estimé qu'il est important pour la France et les pays européens d’envoyer « un message clair et nécessaire en retirant l'OMPI de la liste ». Il a ajouté que les dirigeants du régime iranien « ont peur de l'OMPI. Ils reconnaissent en elle la clé du mouvement d'opposition. Ils savent que c’est la seule menace à leur mainmise sur l'Iran. C'est pourquoi ils deviennent hystériques quand ils apprennent des réunions comme la nôtre ». Plus récemment, lorsque nous avons invité Mme Radjavi à venir parler à Strasbourg au groupe PPE-DE, dont je suis vice-président, nous avons eu des appels téléphoniques en provenance de Téhéran où Javier Solana, allait rencontrer les mollahs pour les persuader d'abandonner leur programme d'enrichissement. La pression était intense, mais nous avons dit que nous sommes librement élus, nous déciderons avec qui nous nous réunissons." Le député Jean-Philippe Maurer a appelé "à un véritable partenariat avec ce que vous représentez en Iran et à l'extérieur de l'Iran, parce que le véritable enjeu c'est de nouer un dialogue fructueux et vous donner la véritable capacité d'être un contrepoids au régime des mollahs. Et bien, la meilleure façon, c'est pour les parlementaires de soutenir le Comité français pour un Iran démocratique." Sid Ahmed Ghozali est allé dans le même sens en rappelant que « le projet européen est le premier projet historiquement fondé sur une fédération des Etats, non point par le feu et par le sang, mais sur la base de la volonté populaire. Or, quand les gouvernants européens ne respectent pas leurs propres lois, ils donnent une image extrêmement défigurée de l'Europe et cela touche à sa crédibilité internationale et interne. » L'ancien premier ministre algérien a souligné que l'originalité de la Résistance iranienne n'est pas dans ce qu'elle représente une exception, mais qu’elle vient du seul pays où une dictature fasciste religieuse est au pouvoir. C'est aussi le seul pays où il y a une véritable résistance populaire ancrée, qui n'est pas née d'hier. » Mme Radjavi a salué « la politique de fermeté actuelle de la France avec le régime iranien, mais cette fermeté ne peut être prise au sérieux qu'en reconnaissant la Résistance du peuple iranien ; l'étape la plus importante étant le retrait de l'OMPI de la liste des organisations terroristes » établie par l'Union européenne. « C'est une occasion pour la France de trouver une solution européenne à la crise iranienne, a-t-elle poursuivi. Enfin, la reconnaissance du CNRI sera une stratégie efficace contre la soif d'hégémonie des mollahs. Ils veulent faire du Liban, un Irak pour la France. » A propos des élections législatives en Iran, elle a rappelé : « Khamenei a éliminé sans pitié ses rivaux en formant un Majlis sur mesure dont beaucoup de députés sont d’anciens tortionnaires et terroristes. Cette situation est un tournant sans précédent. Le but est d’unifier le front du guide suprême pour affronter les défis intérieurs et internationaux dans sa course à l’arme nucléaire. » Dénonçant la farce électorale des législatives en Iran, elle a assuré que l'OMPI et le CNRI « luttent depuis le premier jour pour des élections libres et équitables ». François Colcombet a conclu le colloque et c'est sur une volonté d'agir pour enlever les entraves à ce combat et permettre à la nation iranienne de réaliser enfin ce rêve que les participants se sont séparés. |





