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L'AIEA se sépare sans avancée sur l'Iran, en attendant la Syrie Print E-mail
vendredi, 06 juin 2008

Iran Manif - Les gouverneurs de l'AIEA ont clôturé jeudi à Vienne leur réunion d'été sans avoir obtenu de Téhéran les éclaircissements exigés sur son programme nucléaire controversé mais avec le feu vert de Damas pour des inspections limitées en Syrie.

Pressé par le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, et par les pays occidentaux de faire enfin toute la lumière sur les activités nucléaires de son pays, l'ambassadeur iranien Ali Asghar Soltanieh a réaffirmé jeudi que son pays jugeait le dossier "clos".

"Nous avons répondu à toutes les questions (...) Nous avons fait notre travail. Le dossier est clos", a-t-il déclaré à la presse alors que s'achevait la réunion de l'exécutif de l'agence nucléaire de l'ONU à Vienne.

Selon des diplomates ayant assisté à la réunion, la Syrie a par ailleurs confirmé son accord pour une inspection de l'agence du 22 au 24 juin au sujet d'une présumée installation nucléaire, mais en laissant entendre que cette visite se limiterait au site d'Al-Kibar détruit par l'aviation israélienne.

Le délégué syrien a informé jeudi l'exécutif de l'agence onusienne qu'il n'existait "aucun autre site lié à l'installation bombardée", a indiqué à l'AFP un diplomate ayant requis l'anonymat.

L'AIEA, qui a refusé de fournir des détails sur cette visite, souhaitait en réalité se rendre sur deux ou trois sites supplémentaires, selon des informations de presse américaines.

Dans des déclarations publiées jeudi, le président syrien Bachar al-Assad a assuré que son pays allait "coopérer" avec l'AIEA dans son enquête, mais en n'évoquant lui aussi que le site d'Al-Kibar.

"La Syrie a invité l'AIEA et va coopérer avec elle. Cette coopération est définie dans un accord entre la Syrie et l'agence atomique. Nous souhaitons qu'une délégation se rende en Syrie et visite le site présumé", a-t-il déclaré lors d'une visite à Koweït, selon l'agence syrienne Sana.

L'AIEA avait annoncé lundi l'envoi d'experts en Syrie pour enquêter sur des allégations de construction d'un réacteur nucléaire dans ce pays avec l'aide de la Corée du Nord. Le site d'Al-Kibar avait été détruit par l'aviation israélienne, avec le soutien de Washington, en septembre dernier.
Lors de la réunion de l'AIEA à Vienne, les Etats-Unis et la présidence slovène de l'UE ont appelé Damas à coopérer pleinement et sans restriction.

Washington et les autres pays Occidentaux ont par ailleurs déploré l'absence de progrès dans le dossier iranien.
Téhéran s'est contenté de fournir jeudi aux 35 membres du Conseil de gouverneurs de l'agence un document de 30 pages résumant les arguments par lesquels l'Iran a déjà démenti ces derniers mois avoir mené des études en vue d'une militarisation de son programme nucléaire.
 
Ces éléments avaient été jugés insuffisants par M. ElBaradei et par les pays occidentaux, qui ont demandé à l'Iran des "explications complètes" sur ces études, dont l'AIEA affirme avoir été informée par dix pays.

M. Soltanieh a rappelé jeudi que Téhéran jugeait ces informations fausses et "sans fondement". L'Iran soutient que son programme nucléaire, soupçonné par les Occidentaux d'être à finalité militaire, est strictement pacifique.

"La question (des gouverneurs de l'AIEA aux Iraniens) est: pourquoi ne fournissez-vous pas des réponses plus détaillées plutôt que de rejeter" les informations sur les études, a répliqué jeudi le représentant américain auprès de l'agence, Gregory Schulte.

Une fois n'est pas coutume, le Mouvement des pays Non-alignés, dont l'Inde, l'Afrique du Sud et Cuba, d'ordinaire favorables au programme nucléaire iranien, ont eux aussi dit souhaiter les éclaircissements requis par l'AIEA.

 
(AFP)
 

 
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