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Obama, l'apôtre du changement, face aux réalités tenaces du Moyen-Orient Print E-mail
samedi, 07 juin 2008

Iran Manif - Barack Obama, candidat démocrate à la présidentielle américaine, a conduit sa campagne sur le thème du changement mais, s'il est élu, sa marge de manoeuvre au Moyen-Orient sera limitée par des contraintes qui lui échappent, estiment des responsables de la région.

Dans cette partie du monde, les Etats-Unis sont engagés en Irak dans une campagne indécise depuis cinq ans, traitent l'Iran en ennemi depuis plus de 25, et soutiennent Israël depuis sa naissance en 1948.

Et l'arrivée à la Maison-Blanche d'un nouveau président aura peu d'impact immédiat sur des réalités façonnées par des décennies d'implication diplomatique et militaire américaine dans cette zone en conflit permanent.
 
"Obama peut faire des changements en politique intérieure plus que dans le domaine international", a commenté pour l'AFP Mahmoud Othman un député kurde du parlement irakien.

Son sentiment est partagé par un autre parlementaire irakien, Abbas al-Bayati, un chiite membre de la majorité du Premier ministre Nouri al-Maliki : "La stratégie américaine en Irak et dans la région ne changera pas avec le changement de visages".
 
M. Obama, opposé dès le départ à la guerre en Irak, a prôné un retrait des troupes dans un laps de temps assez court (16 mois), mais il a récemment laissé entendre qu'il écouterait les généraux chargés des opérations sur le terrain.
"Je suis ouvert aux faits et à la raison", a-t-il déclaré sur CNN.

Il a répété qu'il souhaitait "un calendrier clair" de retrait, mais a souligné qu'il n'était pas facile de faire rentrer des milliers de soldats et des tonnes d'équipement.
 
Ce sera "une opération très compliquée", a-t-il prévenu, prenant la mesure du casse-tête que représente le désengagement d'un contingent de plus de 140.000 soldats déployés à travers un pays loin d'être pacifié.

Le prochain occupant de la Maison-Blanche devra également tenir compte d'un accord négocié actuellement entre Bagdad et Washington sur les conditions d'un maintien d'une présence militaire américaine en Irak au delà de 2008.
 
Les formations chiites en Irak, qui représentent la communauté la plus nombreuse, sont farouchement opposées à tout ce qui pourrait apparaître comme une prolongation de l'occupation américaine.

"Nous refuserons l'accord jusqu'à la sortie du dernier soldat américain de notre pays", a déclaré vendredi le représentant du chef radical Moqtada Sadr à Bassorah, la grande ville du sud de l'Irak, Hassan al-Husseini.

Le maintien éventuel de troupes américaines en Irak a également été dénoncé par l'Iran, qui s'inquiète de la présence à ses frontières de forces armées envoyées par un Etat qui depuis 1980 le considère avec hostilité.

Et dans un discours récent, M. Obama a attaqué Téhéran, accusé par Washington de vouloir se doter de l'arme nucléaire, sur un ton qui rend incertaines ses propositions récentes de dialogue.

"Le danger iranien est grave, et il est bien réel. Mon objectif sera d'éliminer cette menace", a-t-il déclaré devant les membres d'une organisation de défense des intérêts d'Israël aux Etats-Unis.

Il a répété qu'il était prêt à discuter avec des responsables iraniens, mais "seulement à condition que cela serve les intérêts des Etats-Unis".

Dans le même discours, il a réaffirmé la pierre angulaire de la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient : l'engagement inébranlable en faveur d'Israël et la mobilisation américaine contre tout ce qui est perçu comme une menace.

Il a également évoqué une des questions les plus épineuses, sans solution approuvée par tous, depuis près de 60 ans : "Jérusalem restera la capitale d'Israël et elle doit rester indivisible", a lancé M. Obama, déclenchant la colère des Palestiniens et des Arabes.

Pour autant, Mahmoud Othman, a accueilli avec sérénité les prises de position du champion démocrate: "Les candidats veulent mobiliser les électeurs lorsqu'ils parlent de l'Irak. Lorsqu'ils doivent prendre des décisions, les choses changent", a-t-il assuré.


(AFP)

 
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