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L'Iran refuse de suspendre l'enrichissement et met en garde l'Europe Print E-mail
jeudi, 19 juin 2008

Iran Manif - L'Iran a rappelé mardi que l'enrichissement d'uranium constituait "une ligne rouge" et a mis en garde les pays européens contre de nouvelles sanctions financières, deux jours après une nouvelle offre des grandes puissances qui craignent que Téhéran ne fabrique la bombe atomique.

"Nous avons dit à de nombreuses reprises que l'enrichissement d'uranium est la ligne rouge de l'Iran et nous devons posséder cette technologie", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Alireza Cheikh Attar, en marge d'un conférence sur le Golfe.

Il a ajouté que l'Iran étudiait actuellement l'offre des grandes puissances proposant à l'Iran une large coopération s'il suspendait son enrichissement d'uranium.

"Nous examinons cette offre et y répondrons le plus rapidement possible", a-t-il déclaré. Mais il a refusé de préciser la date à laquelle l'Iran allait donner sa réponse.
Javier Solana, le chef de la diplomatie de l'Union européenne, a remis samedi à l'Iran une offre "vaste et généreuse" des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) et de l'Allemagne pour convaincre Téhéran de suspendre son enrichissement d'uranium.

La communauté internationale craint que cet uranium enrichi n'alimente un programme de fabrication de l'arme atomique.
Lundi, M. Solana a souhaité que l'Iran donne sa réponse le plus rapidement possible, alors que les pays européens préparent de nouvelles sanctions financières en cas de réponse négative de l'Iran.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé lundi que l'Union européenne allait convenir de nouvelles sanctions contre l'Iran, notamment le gel des avoirs à l'étranger de la plus grande banque du pays, la banque Melli, si Téhéran refusait l'offre.

M. Solana a toutefois atténué ces menaces, affirmant que les pays européens allaient attendre encore un peu avant de prendre une décision dans ce sens.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Mohammad Ali Hosseini, a réagi aux menaces de M. Brown en mettant en garde l'Union européenne contre toute nouvelle sanction contre le pays.

"Les responsables iraniens surveillent de près les décisions de la partie adverse et s'il y a une décision hostile à l'Iran, nous avons aussi nos propres options contre eux", a déclaré mardi M. Hosseini, sans expliciter ses propos.
 
Des sanctions bancaires et financières européennes, qui viendraient renforcer celles déjà prises par les Occidentaux, en particulier les Etats-Unis, pourraient gravement affecter l'économie et le commerce du pays, même si les responsables iraniens tentent pour le moment d'en minimiser la portée.
Ainsi, le président de la banque commerciale iranienne Mellat, Ali Divandari, a démenti mardi le transfert des réserves iraniennes en devise des banques européennes vers d'autres pays pour les protéger d'éventuelles sanctions européennes.

"Aucune part des réserves des banques iraniennes dans les banques européennes n'a été transférée vers un ou plusieurs autres pays et elles ne le seront pas", a déclaré M. Divandari, cité par l'agence Mehr.

"Il n'y a aucune raison pour transférer les fonds", a ajouté ce responsable, dont l'établissement est l'un des premiers du pays.

Dans un communiqué publié sur son site internet, la banque Melli avait déjà affirmé qu'elle n'allait pas limiter ses activités en Europe.
 
Ces derniers jours, plusieurs journaux iraniens et des médias étrangers ont rapporté que le président Mahmoud Ahmadinejad avait ordonné le transfert des capitaux iraniens de l'Europe vers l'Asie pour échapper à un blocage éventuel de ces fonds.


(AFP)

 
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