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La France se prononce pour davantage de sanctions contre l’Iran Print E-mail
mercredi, 25 juin 2008

MAE, 24 juin -  Point de presse de la porte-parole des Affaires étrangères française :

Question : Comment allez-vous mettre en oeuvre les mesures prises hier à Bruxelles au niveau français ? Y a-t-il un calendrier déjà établi ?

MAE - Ces mesures ont été adoptées dans le cadre d'un mécanisme qui a été décidé lors de l'application de la résolution 1737. Par ce mécanisme, l'Union européenne peut ajouter des entités et des individus aux listes du Conseil de sécurité des Nations unies. Vous vous référez à ce qui s'est passé hier : la décision du Conseil des ministres d'hier, nous allons bien sûr l'appliquer. Vous avez noté que la liste adoptée hier était très étendue. Cette liste est publique, il y a la banque Melli, qui est la première banque commerciale iranienne, et il y a d'autres entités ou individus de premier plan dont les 27 estiment qu'ils participent aux opérations iraniennes de prolifération.

Je vous rappelle à cette occasion l'offre que nous avons faite aux autorités iraniennes et qui a été présentée par M. Solana. Nous avons pris cette décision hier parce que nous attendons que l'Iran manifeste son intention de négocier réellement. Or, nous avons noté quelques déclarations qui montrent malheureusement que les Iraniens ne veulent toujours pas suspendre leurs activités sensibles contrairement à ce que demande le Conseil de sécurité. Les sanctions ne sont pas une fin en soi : nous avons une double approche qui allie dialogue et fermeté. Nous avons mis une offre sur la table et nous appelons l'Iran à faire le choix de la coopération et non de la confrontation, en suspendant ses activités sensibles pour que les Six et l'Iran puissent entreprendre des négociations.

Question : Concernant la liste des sanctions supplémentaires : est-ce que cela traduit un signe d'impatience, parce qu'il n'y avait pas un délai déclaré pour une réponse ?

MAE - Je vous ai dit que si nous avions adopté cette décision hier, c'est parce que nous regrettions de ne pas constater du coté iranien la volonté de suspendre les activités sensibles.

Question : C'est pour accentuer les pressions ?

MAE - C'est pour accroître la pression bien sûr. Mais toujours dans l'optique que j'ai rappelée : négociation et fermeté. Notre objectif est une solution négociée, une négociation avec l'Iran qui aura accepté de suspendre les activités sensibles comme le lui demande la communauté internationale.

Question : Quel est l'état actuel du statut des avoirs iraniens dans les banques en France ? Sont-ils gelés ?

MAE : Il s'agit d'une question très technique. Cela doit dépendre des avoirs. Nous allons nous renseigner.

Question : Quelle est exactement la situation de la participation iranienne dans Eurodif ?

MAE : On me dit que vous en trouverez le détail dans le document de référence d'Areva pour l'année 2006.

Question : Vous nous avez indiqué vendredi dernier les raisons pour lesquelles les offres ''approfondies'' faites aux autorités iraniennes avaient été présentées si tard. Est-ce qu'il est prévu que d'autres offres plus approfondies encore soient présentées ?

MAE : Pourquoi dites-vous ''si tard'' ? Nous attendons toujours de la partie iranienne qu'elle manifeste sa bonne volonté en suspendant ses activités sensibles. Nous faisons aujourd'hui cette offre très approfondie. Vous êtes en train de nous demander si nous allons encore l'approfondir. Je trouve la question un peu étrange. Avant de savoir si nous allons encore l'approfondir, nous attendons la réponse à notre offre qui, je le répète, est très approfondie dans tous les domaines, en particulier pour la coopération dans le nucléaire civil. Nous attendons la réponse iranienne et nous espérons que cette réponse sera positive.

Question : Les Iraniens vous reprochent de ne pas leur laisser le temps de répondre ?

MAE: Il faudrait savoir : monsieur me dit que l'on prend trop de temps et vous me dites qu'on ne leur laisse pas assez de temps. Laissons les Iraniens examiner notre offre qui est très approfondie et très conséquente et attendons leur réponse. Nous espérons vraiment que l'Iran va accepter de rentrer dans la négociation mais, comme je l'ai rappelé, pour rentrer dans la négociation il faut que l'Iran suspende ses activités sensibles.

Question : Concernant la décision d'hier contre la banque ? Ne croyez-vous pas que cette action trop pressée aggravera la situation ?

MAE :Je ne crois pas. Dans la double approche qui est la nôtre, il est important de maintenir la pression pour amener les Iraniens à faire le choix de la négociation.

Question : Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a critiqué la décision de l'Union européenne d'imposer de nouvelles sanctions au moment ou Téhéran étudie l'offre approfondie et considère qu'il y a une approche paradoxale de la part des Européens ?

MAE : Nous cherchons vraiment à amener les autorités iraniennes à négocier avec nous. Nous constatons que du côté iranien il n'y a pas d'évolution, et nous notons les déclarations qui disent que l'Iran ne veut pas suspendre ses activités sensibles. La décision d'hier est donc un élément de pression pour amener les autorités iraniennes à changer d'attitude, à appliquer les résolutions du Conseil de sécurité, à venir dans la négociation et pour cela à suspendre les activités sensibles, en particulier tout ce qui est lié à l'enrichissement de l'uranium.

Question : Je ne comprends pas la chronologie des choses. M. Solana est parti à Téhéran avec cinq directeurs politiques afin de proposer une nouvelle offre aux Iraniens avec un addendum qui proposait une discussion possible concernant les modalités de négociations futures. Dix jours plus tard, on impose des sanctions, sans que l'Iran ait répondu à l'offre. Cela a-t-il été décidé par les 27 eux-mêmes ou bien ces sanctions étaient-elles déjà en discussion ?

MAE : Nous constatons que lorsque les Iraniens font des déclarations publiques, c'est toujours pour dire qu'ils ne suspendront pas leurs activités sensibles. Et, en particulier depuis que M. Solana est venu présenter cette offre, des déclarations de ce type ont été faites par les autorités iraniennes.

Nous attendons une réponse iranienne et nous espérons que cette réponse sera positive. La décision prise hier par les 27 est un moyen de pression sur l'Iran afin de l'amener à changer d'attitude, à suspendre ses activités sensibles et à entrer dans la négociation. C'est l'intérêt de l'Iran, c'est aussi notre intérêt et c'est l'intérêt de toute la communauté internationale qu'il y ait une coopération entre nous tous.
Attendons maintenant la réponse iranienne concernant l'offre qui a été déposée par M. Solana.

 
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