| L'autre Iran manifeste |
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| lundi, 30 juin 2008 | |
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Sud Ouest, 30 juin - Le Conseil national de la résistance iranienne réunit en ce jour des dizaines de milliers de partisans à Paris. Parmi eux, Nader Abadi, restaurateur à Bordeaux. L'autre Iran manifeste.Nader Abadi a quitté ce matin son restaurant du quartier de la Victoire à Bordeaux. Direction Villepinte, où le Conseil national de la résistance iranienne (le CNRI) réunit aujourd'hui des dizaines de milliers de partisans mobilisés par l'espoir caressé depuis un quart de siècle : voir le régime des ayatollahs quitter enfin la scène à Téhéran. « Tant qu'ils sont au pouvoir, il n'y aura ni paix dans la région, ni liberté pour les Iraniens », affirme cet homme de 50 ans, dont dix-huit passés à Bordeaux et une dizaine de plus dans un pays - la France - où il débarqua étudiant en 1980, un an après l'arrivée de Khomeyni en Iran. À l'époque, j'étais un jeune assoiffé de liberté. J'avais participé aux manifestations contre le shah, mais ma joie, en 1979, n'a pas duré : un an après, un voile noir s'est abattu sur mon pays. » Fils d'une institutrice et d'un militaire disparu inexplicablement il y a huit ans, Nader Abadi était parti étudier en France, « pour nous le symbole de la liberté et des droits de l'homme ».Rêvant de devenir médecin, il apprend le français et entame des études de biologie, mais le désir de s'engager est le plus fort à l'heure où l'essor des Pasdarans (les Gardiens de la révolution) et le début de la guerre Irak-Iran accompagnent le durcissement du régime clérical. À l'époque, la résistance s'incarne d'abord dans les Moudjahidine du peuple (OMPI), « des gens qui se battaient déjà pour la liberté sous le shah ». Nader Abadi était et reste sympathisant - bien que non encarté - d'un mouvement que la Grande-Bretagne vient de réhabiliter mais qui reste inscrit par l'Union européenne (depuis 2002) sur la liste des organisations terroristes. Et ce au grand scandale de nombreux exilés iraniens, qui voient dans cette mesure, endossée par Paris, une faveur inique pour complaire aux ayatollahs (voir ci-dessous).« Plus de base populaire ». « Le régime de Téhéran a toujours fait du chantage et considéré la France comme un maillon faible », souligne le restaurateur iranien. Il ne manque aucun des rassemblements annuels du CNRI et souligne que « c'est la résistance iranienne qui permet d'informer sur ce qui se passe vraiment en Iran ». Par les réseaux d'exilés ou via Internet, Nader Abadi se tient quotidiennement informé des événements politiques et sociaux de son pays. Persuadé que « le régime n'a plus aucune base populaire », il croit en la capacité des Iraniens d'éconduire les ayatollahs sans effusion de sang. Quant à retourner en Iran trente ans après, il avoue : « La question est difficile. » D'ailleurs, elle ne se pose pas encore. |




