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Iran-Nucléaire : Une politique européenne à reculons Print E-mail
vendredi, 04 juillet 2008

Iran Manif - Le 28 juin Maryam Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne, s’exprimait devant 70.000 Iraniens et de multiples délégations internationales de parlementaires à Villepinte en région parisienne. Elle a vivement reproché aux apologistes de la complaisance la ligne très dangereuse qu’ils suivent avec les mollahs, a qualifiant de politique de la marche arrière. Elle leur impute également quatre erreurs de taille.  En voici des extraits :

La Résistance iranienne a révélé en 2002 les sites atomiques du régime. Ces six dernières années, la Résistance a procédé à au moins 80 révélations de divers éléments relatifs à la fabrication de la bombe atomique par le régime. Elle a été le principal facteur de la prise de conscience du monde sur le danger nucléaire du fascisme religieux. Mais les gouvernements occidentaux ont seulement fait perdre du temps au monde, et fait gagner du temps aux mollahs. Oui, quatre années de négociations et deux années de politique de mesures incitatives, soit en tout, six années de reculs successifs :

- Quand les mollahs ont brisé le silence sur leurs installations nucléaires et entamé l’enrichissement de l’uranium, les gouvernements occidentaux ont reculé en adoptant la politique des paquets de mesures incitatives.
- Quand le régime a refusé la suspension permanente de l’enrichissement, le groupe des 5+1 a reculé en proposant de limiter la suspension à la période des négociations.
- Quand les mollahs ont refusé, les gouvernements occidentaux ont accepté que les mollahs ne suspendent qu’en apparence.
- Ensuite, les 5+1ont encore reculé sur l’enrichissement en demandant qu’ils n’ajoutent pas de centrifugeuses. C’est ce que M. Solana a demandé il y a deux semaines à Téhéran.
- A un moment, ils ont souligné qu’ils n’étaient pas prêts à donner de garantie sur la sécurité au régime iranien, mais après ils ont même reculé là-dessus.
L’ironie c’est que, si comme le disait Ahmadinejad son engin nucléaire n’a ni boite de vitesses ni frein, l’engin de ces messieurs, lui, n’est équipé que d’une marche arrière.
Même pour les résolutions que le Conseil de sécurité adopte, le régime dispose d’un délai de deux à trois mois.
- Tout au long de ces années, les pays occidentaux ont accepté toutes les demandes des mollahs pour réprimer l’OMPI. Selon les diplomates impliqués dans ce dossier, c’était une priorité constante du régime.
- Et finalement, après avoir parcouru un long chemin de négociations et d’encouragement, ils ont tellement permis aux mollahs d’abuser de la tromperie et d’agir dans la clandestinité, que tout à coup aux Etats-Unis, ils ont découvert que les mollahs avaient arrêté leurs activités sur la bombe atomique il y a cinq ans. En fait, s’agissait-il d’un rapport d’enquête ou d’un tour de passe-passe et d’une arnaque ?
Ces mesures incitatives et ces concessions ont rendu les mollahs tellement arrogants, qu’il y a trois jours, le général des pasdaran Laridjani, le président du parlement des mollahs, a clairement menacé que son régime allait se doter de la bombe atomique. Il a dit que si l’occident ne s’entendait pas avec le régime des mollahs, il pourrait se retrouver devant le fait accompli. El Baradei, au début du mois, avait rapporté le message des dirigeants de l’Iran comme quoi s’ils ne recevaient pas suffisamment de mesures incitatives, ils pourraient dans un proche avenir fabriquer une bombe atomique.

A propos, est-ce que plus vous graissez la patte des mollahs, plus leur appétit pour la bombe atomique grandit ?

Vous avez sûrement entendu l’histoire des souris et du chat qu’Obeid Zakani a raconté il y a six siècles. Les souris avaient décidé, pour modérer la violence du chat, de lui offrir des cadeaux.
Sept souris choisies entre toutes, chacune maire ou chef en son village, décidèrent d’offrir des présents au chat. Vous vous doutez certainement de la suite de l’histoire : le chat qui auparavant n’attrapait qu’une souris par an, à la vue des cadeaux, redoubla d’arrogance. Oui, chaque année il n’en attrapait qu’une seule or son avidité ne cessant de grandir et il les attrapait désormais cinq par cinq, mais en prétendant s’être repenti et être devenu bon croyant.

Non, ne croyez pas que les offres de mesures incitatives soient quelque chose de nouveau !

Comme il est étonnant que certains n’aient pas encore compris que le fascisme religieux fuit tout changement, parce que cela l’entraînerait immédiatement vers son renversement. Aujourd’hui ces derniers donnent moins de prix à leur opinion mais imposent au monde une guerre et une catastrophe.
Nous leur disons, au lieu de la complaisance, d’adopter la fermeté, de reconnaître la résistance qui veut le renverser. De cette façon le changement est à portée de la main et le danger de la guerre sera écarté. Cela vaut mieux pour eux aussi. Nous leur disons de ne pas miser en vain sur la survie de ce régime moribond. Nous leur disons de ne pas continuer à vouloir ignorer la résistance du peuple iranien. On ne peut pas effrayer cette résistance, et elle ne se laissera pas effrayer. Nous sommes la voix des sans-voix de l’Iran, la voix de ceux qui veulent que nous soyons les représentants de leur espoir, de leurs désirs et de leurs aspirations. On ne peut pas faire taire cette voix.

A ceux qui ont accepté le marchandage et la complaisance avec ce régime, ou qui ont peur et s’inquiètent de le voir changer, nous disons ceci : Vous avez fait quatre erreurs de calcul fondamentales.

La première c’est que vous avez cru aux illusions propagées par les mollahs. Ils mettent en avant leur terrorisme et leur sauvagerie comme un signe de la puissance de leur régime décrépit et vous avez peur de lui.

Votre deuxième grossière erreur, c’est que vous ne savez pas à quel point le peuple iranien hait ce régime, ou bien vous feignez de ne pas le savoir. Les lobbies du régime propagent l’idée que face à la fermeté de la communauté internationale, comme un boycott, la population soutiendrait les mollahs et vous, vous répétez cette contre-vérité. Ne savez-vous donc pas que le peuple iranien vit un enfer aux mains de ces pilleurs, de ces bourreaux qui manient le fouet et les grues de pendaison ?
Votre troisième grande erreur, c’est de ne pas voir la situation explosive de la société en Iran. Le régime et ses partisans veulent occulter le désir ardent des Iraniens pour un changement démocratique. Ils veulent utiliser le mouvement international pour la paix au service de la complaisance et de la paix avec le fascisme religieux.

Votre quatrième erreur, c’est de n’avoir pas pris en compte la véritable solution de la crise iranienne.
Avec leur campagne de diabolisation contre la résistance, les mollahs essaient de faire croire l’inverse sur sa crédibilité, sa légitimité et ses racines profondes dans la société, comme s’il n’existait pas de force capable de les renverser.

Certes, la crise iranienne est un problème de taille. Mais il y a une main qui délie les nœuds et c’est la Résistance iranienne. C’est une résistance qui allume le moteur des mouvements sociaux et des grandes révoltes en Iran. C’est une résistance qui, en s’appuyant sur ces Moudjahidine du peuple, est considérée comme l’antithèse du fascisme sous le couvert de l’islam et du chi’isme, qui ces trente dernières années a anéanti les bases soi-disant islamiques de ce régime aux yeux du peuple iranien et qui a dénoncé sa démagogie. C’est une résistance qui porte l’étendard de la troisième voie et ce sont le combat et le dévouement de ses membres et sympathisants qui feront triompher la Troisième Voie.

Une résistance dirigée par Massoud Radjavi qui a cristallisé l’idéal de la liberté du peuple iranien dans un mouvement puissant aux racines profondes et qui l’a renforcé au fil des tempêtes et des épreuves. De sorte qu’il a pu faire jaillir du cœur du fléau et des malheurs successifs de grands acquis, et qu’il a pu dans les circonstances les plus complexes des trente dernières années, faire avancer une ligne fondée sur des principes. Avec une patience remplie de souffrances, au prix du plus grand tribut, il a fait apparaître l’horizon de la victoire. Oui, il est vrai que dans le ciel du désespoir, il a fait briller l’étoile de l’espérance.

 
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