| Total juge aujourd'hui trop risqué d'investir en Iran mais reste intéressé |
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| vendredi, 11 juillet 2008 | |
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Iran Manif - Le patron du groupe pétrolier français Total, Christophe
de Margerie, juge politiquement trop risqué d'investir actuellement en
Iran, mais son groupe reste "intéressé" par le projet gazier de South
Pars, a précisé jeudi une porte-parole.
"Aujourd'hui nous prendrions beaucoup trop de risques politiques à investir en Iran, car les gens diraient : +Total est prêt à n'importe quoi pour faire de l'argent+", déclare le directeur exécutif de Total au quotidien britannique Financial Times (FT) de Londres, paru jeudi. Total est engagé depuis des années dans des négociations avec l'Iran pour l'exploitation de réserves de gaz (bloc 11) à South Pars, qui prévoit également la création d'une installation produisant du gaz naturel liquéfié (GNL) pour l'exportation. Une porte-parole du groupe, interrogée par l'AFP, a toutefois ajouté que Total était "toujours intéressé par South Pars" même si "le contexte international fait que, pour l'instant, ce n'est pas envisageable d'investir". "L'Iran reste un pays stratégique pour le groupe et la compagnie iranienne de pétrole, Nioc, reste un partenaire de long terme", a-t-elle souligné, en indiquant que M. de Margerie avait tenu ces propos au FT il y a une semaine, au Congrès mondial du pétrole, qui s'est tenu à Madrid du 29 juin au 3 juillet. Le patron de Total déplore dans le FT la mise à l'écart politique de l'Iran et de l'Irak. "Vous enlevez deux grands pays (l'Iran et l'Irak) du système et après vous dites : +Il n'y a plus assez de pétrole et de gaz+. Oh quelle surprise !", s'exclame-t-il. Des responsables iraniens avaient affirmé fin 2007 que Total devait prendre une décision d'ici juin pour éviter de se faire remplacer par d'autres compagnies sur South Pars. Ils étaient ensuite revenus sur cet ultimatum. L'Iran possède les deuxièmes réserves mondiales de gaz après la Russie. South Pars, considéré comme le plus grand gisement de gaz au monde, est partagé entre l'Iran et le Qatar, mais l'exploitation côté iranien est très en retard par rapport à celle menée par l'émirat. Les grandes sociétés pétrolières occidentales mettent en avant la hausse des coûts d'investissement pour justifier le retard pris dans leurs projets iraniens. Mais des experts du secteur expliquent ces délais par leurs réticences à s'engager dans un pays soumis à des sanctions internationales croissantes à cause de son programme nucléaire. En octobre dernier, quand Paris avait invité les sociétés privées à ne plus investir en Iran et en Birmanie, M. de Margerie avait affirmé, dans le quotidien français Le Monde, "qu'aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut décider de façon unilatérale où une compagnie pétrolière peut investir". "On ne peut réclamer des cours du baril sous contrôle et, dans le même temps, pousser les pays producteurs à fermer le robinet. Ce pétrole, on est bien obligé d'aller le chercher là où il est", avait-il estimé. Total a produit en 2007 15.000 barils équivalent pétrole par jour en Iran, dont la production est estimée par l'Opep à un peu moins de 4 millions de barils par jour. (AFP) |
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