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Pour de nombreux jeunes iraniens, la Malaisie devient une destination prisée Print E-mail
vendredi, 25 juillet 2008

Iran Manif - Sina Rahati, un jeune ingénieur informatique, a quitté l'Iran pour s'installer à Kuala Lumpur et ne regrette ni les rues polluées de Téhéran ni la bureaucratie qui gangrène l'Iran.

La seule chose qui lui manque vraiment est le traditionnel Kaleh Pacheh, un repas bien gras préparé avec la tête et les pieds d'un mouton.

M. Rahati fait partie de ces Iraniens qui au lieu de chercher leur rêve au Canada, aux Etats-Unis ou en Suède, ont choisi de regarder vers l'Est trouvant leur bonheur en Malaisie, un pays musulman au coût de la vie peu élevé.

De plus en plus d'Iraniens éduqués partent à l'étranger à la recherche de travail ou pour faire des études. Cette fuite de cerveaux a privé le pays de jeunes compétences dont l'économie de ce pays pétrolier a grand besoin.

M. Rahati, âgé de 26 ans, qui a crée une société de service par internet à Téhéran, a décidé de partir pour la Malaisie à cause des "relations difficiles avec le gouvernement qui accepte mal ce genre d'affaires".

"J'ai voyagé dans plusieurs pays et j'ai trouvé que la Malaisie est un endroit agréable et acceptable pour vivre et étudier", affirme Sina Rahati, qui prépare une maîtrise d'informatique à Kuala Lumpur.

Selon des estimations officieuses, des centaines de milliers d'Iraniens, pour la plupart diplômés, quittent l'Iran chaque année pour s'installer à l'étranger.

Alors que dans les années 1980 et 90, il était habituel de recevoir des cadeaux de cousins installés au Canada ou à Göteborg, désormais les colis viennent aussi de Kuala Lumpur.

"Comme étudiant, vous avez toute une série d'avantages", affirme Pooria Asteraky, qui dirige une société de service pour les étudiants qui veulent aller en Malaisie.
 
"En 2003, il y avait peut-être 400 Iraniens en Malaisie, aujourd'hui ils sont entre 15.000 et 20.000", affirme M. Asteraky, qui vit lui-même dans ce pays.

Et selon des chiffres officiels, entre 3.000 et 4.000 Iraniens sont inscrits dans des facultés de Malaisie contre 900 en 2006.

"Après les attaques du 11 septembre, les gens du Proche-Orient se sentent mieux dans les pays islamiques", assure M. Asteraky.

"Ils (les Malaisiens) ne vous regardent pas comme des extraterrestres", ajoute-t-il.

Selon Adnan Abbas, diplomate malaisien basé à Téhéran, "l'obtention facile de visa, le niveau élevé des universités, les libertés et la vie pas chère", incitent de plus en plus les Iraniens à s'installer en Malaisie.

"Alors que dans d'autres parties du monde il y a une sorte d'islamophobie, le nombre de visas que nous accordons est en hausse", affirme-t-il.

La compétition féroce pour entrer dans les universités iraniennes est aussi une motivation pour quitter le pays.
 
"L'admission dans les universités iraniennes est devenue plus difficile notamment à cause des contrôles politiques et moraux", affirme Maryam, âgée de 27 ans et dont le journal pour lequel elle travaillait a été fermé par les autorités.
"J'aurai plus de temps pour étudier et moins de stress", ajoute Maryam.

Enfin, avec la tension entre l'Iran et les pays occidentaux sur le dossier du nucléaire, Téhéran tente d'améliorer ses relations avec les pays d'Asie pour diminuer les effets des sanctions économiques.

Il n'empêche. A cause de ces mêmes sanctions internationales qui touchent le système bancaire iranien, les familles ont de plus en plus de mal à envoyer de l'argent à leurs enfants étudiants.

"J'ai dû verser 100 dollars à une banque iranienne pour transférer 90 dollars nécessaires aux frais de trois dossiers de candidatures pour les universités malaisiennes", explique Maryam, qui ajoute qu'elle "emmènera avec elle tout son argent en liquide" à cause des problèmes de virement bancaire.

(AFP)

 
 

 
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