| Pris la gorge, les mollahs multiplient les exécutions en Iran |
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| samedi, 23 août 2008 | |
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Iran Manif – Le régime des mollahs répond au regain de mécontentement de la population et à son isolement international en exécutant à tour de bras. Il vient encore de pendre un jeune de 25 ans, Ali, dans la ville de Bojnourd, dans le nord-est, le 21 août. Quelles sont les raisons de cette hécatombe ? L’été a été meurtrier en Iran, les potences ont sévi 24 heures sur 24. 58 pendus en juillet et déjà 25 en août. Les mesures de répression extrêmes, prévoyant même la peine de mort pour des écrits sur internet, les polices spécialisées qui se développent comme la gangrène pourrissant la vie des Iraniens jusque dans le moindre recoin, ne valent pas leur pesant de vies qu’il faut sacrifier. Si le régime des mollahs fait un tel étalage de violence, c’est qu’il se sent pris à la gorge par quelques facteurs intérieurs. Tout d’abord, les activités de la résistance à l’étranger ont eu un impact aussi profond qu’immédiat en Iran. Internet, les chaînes satellites et les voyageurs, sans compter les réactions hystériques dans la presse officielles, ont permis aux Iraniens de suivre deux faits majeurs. D’abord la sortie de la liste noire britannique des Moudjahidine du peuple, avec un débat à proprement parler d’historique dans les deux chambres du parlement que tout un chacun a pu suivre par satellite ou sur le site parlementaire. C’est bien la première fois que tous les partis réunis ont défendu d’une seule voix le principal mouvement de résistance, forçant Londres à s’incliner et à appliquer un verdict définitif de la cour d’appel. L’Angleterre, vieil puissance coloniale, qui a toujours soutenu la tyrannie en place, connaît une côte de ressentiment élevé auprès de la majorité des Iraniens. Car toute l’histoire est parsemée des obstacles que Londres a semés sur la voie de la liberté de ce pays. Ce débat parlementaire, prenant à contrepied la politique du gouvernement féroce partisan de la complaisance avec les mollahs, a redonné espoir aux Iraniens que l’occident serait en train d’abandonner le soutien unilatéral aux mollahs et pourrait opter pour se tenir aux côtés du peuple. Ensuite, les 70.000 Iraniens qui se sont rassemblés le 28 juin à Villepinte, dans le nord de Paris, pour un changement démocratique en Iran, a redonné courage à la population en lui ouvrant des perspectives claires de résistance qui peuvent aboutir à la liberté. Pour preuve la multiplication des grèves, des protestations, des manifestations populaires. Pour preuves les réactions déchaînées du régime dans sa presse, dans l’arène diplomatique protestant à tout va contre les pays ou institutions ayant envoyé des délégations de parlementaires, et dans les sanctions prises à l’encontre de ses ambassadeurs en Grande-Bretagne, en France et aussi en Italie. Car si le voyage d’Ahmadinejad a tourné à un véritable fiasco, celui de la présidente élue de la résistance a été une réussite sur tous les plans. Le second facteur, c’est la crise économique qui ravage le pays. Malgré des rentrées pétrolières faramineuses, l’Iran se place dans le groupe des cinq pays au taux d’inflation le plus élevé. La misère étreint la grande majorité à la gorge. La prostitution comme moyen de subsistance fait rage. Les salaires impayés depuis des mois font des ravages. Un marché sans loi jeté en pâture au corps des gardiens de la révolution, et des fondations de mollahs, pilleurs zélés désormais touchés par les sanctions. Enfin le troisième facteur, c’est la gestion anarchique du pays où les directions de compagnies ou d’organismes d’Etat changent du jour au lendemain, où l’instabilité s’est installée durablement, où la hiérarchie joue aux montagnes russes élaguant le pouvoir de prises de décision. Tout Iranien vous le dira c’est un véritable « balbachou », le bazar. Voici donc trois raisons simples qui poussent la théocratie dans ses retranchements pour intensifier la seule chose dont elle soit capable, le règne de la terreur.
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