| Iran : Quand Anis Naccache raconte son attentat contre Bakhtiar (2e partie) |
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| jeudi, 28 août 2008 | |
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Iran Manif – L’agence de presse officielle Fars, a diffué le 23 août une interview du terroriste Anis Naccache. Dans cette seconde partie de l’interview, ce dernier, en Iran, raconte sans état d’âme pourquoi et comment il a planifié l’assassinat de Chapour Bakhtiar en France : Fars : Pour finir, si vous le voulez, on parle de l'assassinat de Bakhtiar ? Naccache : Pourquoi pas ? Je n'ai pas honte ni peur de parler de cet événement. J’en suis fier. Je pense que l'Iran ne fait pas tout qu'il peut pour diffuser les informations sur la première tentative d'assassinant de Chapour Bakhtiar. Il y a eu beaucoup d'analyses à l'étranger. Quand les journalistes français m'interrogent et qu’ils utilisent le mot terroriste en parlant de moi, je leur dit : mais est-ce que les Français n'ont commis aucun meurtre ? Et après je leur rappelle toujours tous les meurtres que la France a commis. Quand j'ai purgé ma peine en France, un avion a explosé en vol. Ils ont dit c'est l'Iran qui l'a fait et ils m'ont interrogé en prison. Un officier du renseignement français m'a interrogé, je lui ai dit que vous pouvez supposer que je suis un membre du renseignement iranien et que mon supérieur m'a ordonné d'assassiner Bakhtiar. J'ai exécute l'ordre de mon supérieur comme tous les officiers de renseignement. Vous avez fait la même chose à l'Alger, en Suisse, etc. et je leur ai rappelé 50 assassinats que les services français ont commis dans le monde. Ce type s’est senti fatigué et il est parti pour reposer. Quand il est revenu il m’a dit : bonjour collègue. Pendant les interrogatoires, je lui ai fait remarquer que notre seule différence, c’est que j'ai assassiné Bakhtiar par conviction, mais que lui, n'avait pas de conviction et qu’il exécutait simplement les ordres de son supérieur. J'ai le droit de défendre mon islam. Chapour Bakhtiar était en train de préparer un coup d'état contre l'Iran. Il a même reçu 50 millions de dollar d'aide de Saddam (Hussein) et les Etats-Unis l'ont soutenu. Le décret d'exécution de Bakhtiar a été donné par le tribunal de la révolution et a été confirmé par l'imam (Khomeiny). J'ai dit aux hommes des pasdarans qu'on doit agir le plus vite possible car c’était quelqu'un de dangereux, mais ils n'avaient aucune source de renseignement ni aucun canal. Je leur ai dit que j'avais l'expérience opérationnelle et que j'assumais cette opération. J'ai commencé l'opération de reconnaissance sur place et deux semaines après je suis revenu en Iran pour leur dire que j'avais trouvé la maison de Bakhtiar et que j'avais même pu faire une interview avec lui. Après j'ai préparé un plan complet pour exécuter le décret de mort de Bakhtiar et j'ai commencé à le rendre opérationnel. Malheureusement M. Khalkhali (alors ministre du Renseignements) a commis une erreur en annonçant dans une interview qu'il avait envoyé des agents à Paris pour assassiner Chapour Bakhtiar. C'est pourquoi Chapour Bakhtiar a évité de répondre au téléphone et qu’il n'acceptait pas de rencontrer les gens et que ses gardes ont augmenté. Par conséquent le rendez vous que j'avais fixé pour finir ma tâche été annulé. Au même moment ils m'ont contacté depuis Téhéran en disant : ici nous sommes très inquiets à propos du coup d'état et il faut tuer Bakhtiar le plus vite possible. C'est pourquoi c’est devenu pour moi un ultimatum et que c'était un devoir pour moi de faire tout ce que je pouvais. J'ai trouvé une arme de calibre 7 mm avec un silencieux et je suis allé chez Bakhtiar. Mais ils m'ont soupçonné et ils n'ont pas ouvert la porte et c'est pourquoi j'ai décidé de briser la serrure par balle. Mais la porte de son bureau était blindée et je n’ai rien pu faire. Une des balles a ricoché et m’a blessé. Après je me suis accroché avec la police française et j'ai été touché par une autre balle et j'ai été arrêté. Naccache : ça c’est passé comme ça, dans une réunion avec Mohammad Montazeri, on a étudié des informations sur un coup d'état et j'ai déclaré qu'il fallait surveiller ce que faisait Bakhtiar pour neutraliser le coup d'état. A cette époque, Mohammad Montazeri qui n'avait pas d’organisation sous son leadership, a dit qu'on devait aborder cette opération avec d’autres organes. Deux jours après, au cours d’une réunion, l’accord est tombé pour cet assassinat. Fars : Pendant les années qui ont suivi votre libération et avec l’âge, est-ce que vous sentez un changement d’esprit ? Naccache : Pas du tout, je pense qu'il n'y a aucun changement dans ma manière de penser ni dans mes convictions politiques et j'estime que ce que j'ai fait était juste. Mais si j'avais l'expérience d'aujourd'hui, je changerais certainement le plan de l'assassinat de Bakhtiar. Au moment de l'assassinat, l’opération a échoué parce que le temps nous a manqué. Si on avait attendu deux ou trois semaines et si on avait choisi de meilleurs moyens, on aurait obtenu un meilleur résultat. Le plan de l'assassinat était le suivant : avec deux autres collègues, nous devions entrer dans le bureau de Bakhtiar en nous faisant passer pour des journalistes. Pendant l'interview nous voulions tuer Bakhtiar et son assistant avec une arme munie d’un silencieux pour que le policier en faction devant la porte n’entende rien. Malheureusement à cause de l'erreur de M. Khalkhali et de ce qu'il a dit, Bakhtiar ne nous a plus donné de rendez vous et n'a même pas répondu à nos coups de fil. Pendant les quatre premiers mois de mon arrestation, j’allais devenir fou à force de me demander pourquoi je n'ai pas pu ouvrir cette porte. Mais au tribunal, les juges m'ont montré des photos de la porte composée de plusieurs couches anti-feu et c'est pourquoi on n’a pas pu l’ouvrir. Fars: merci d’avoir répondu à notre interview.
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