| Une sécheresse catastrophique s'abat sur les agriculteurs iraniens |
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| mercredi, 10 septembre 2008 | |
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Iran Manif - Les bassins rectangulaires qui permettaient à Mohammad Gholi Ashiri de produire 20 tonnes de truites par an sont à sec dans la province rurale de Fars, dans le sud de l'Iran frappé par une sécheresse catastrophique. "Nous n'avons pas un seul litre d'eau, pas même pour boire", se lamente M. Ashiri, 46 ans. Fars, une province agricole de quatre millions d'habitants dont le blé est la principale culture, est l'une des 14 régions du pays ayant subi la sécheresse de plein fouet. La quantité de précipitations cette année y a été inférieure de 68% à celle de la précédente. La situation est telle que l'Ayatollah Mohiedin Haeri Shirzai, leader de la prière du vendredi à Shiraz, a appelé les fidèles à prier pour la venue de la pluie. La branche locale du ministère de l'Agriculture estime le coût de la sécheresse à 2 milliards de dollars jusqu'à juillet. "Le problème, c'est qu'il n'y aura pas d'eau en automne pour commencer la prochaine saison agricole", selon Mansour Rashidi, expert provincial du ministère. "Les eaux souterraines ne vont pas être accessibles de sitôt. Nous allons subir la plus basse quantité d'eau jamais vue, car nous avons utilisé toutes les réserves", ajoute-t-il. L'enjeu est de taille pour les 100.000 habitants de la ville d'Eghlid, dont 85% dépendent des récoltes et de l'élevage pour leur subsistance. Cette année Faraj Bazgocha a dû laisser sa parcelle de 7 hectares de blé en pâture. "Chaque hectare produit huit à neuf tonnes de blé par an. Cette année, nous n'avons rien du tout", explique ce fermier de 47 ans. L'Iran, qui avait atteint l'autosuffisance en blé, devrait en importer cinq millions de tonnes dans l'année à venir. La catastrophe naturelle a aussi des conséquences sur les finances des fermiers, qui sont fournis à crédit en semences, fourrage et équipements. De surcroît, sans récolte, nul espoir d'obtenir un nouveau prêt. "Je prenais ce dont j'avais besoin dans les magasins, mais sans revenu on ne me donne plus rien", dit M. Bazgocha. Les nomades contribuent à l'élevage du bétail dans la province, en assurant la transhumance annuelle d'1,2 million de têtes entre l'hiver et l'été. Ces bêtes sont elles aussi victimes de la sécheresse à cause du manque de pâturage. Avaz Peykar, un nomade de la plaine proche d'Eghlid, se plaint de ne pouvoir engraisser ses moutons. "Nous mourrons de faim", dit ce père de six enfants. Selon Shahrokh Shakeri, un autre expert travaillant pour le ministère, les propriétaires d'ovins et caprins sont contraints d'abattre leur cheptel, contribuant d'autant à la chute des cours. Les fruits aussi ont souffert de la sécheresse féroce de 2008, la plus sévère de la décennie. Outre les haricots et graines, Eghlid est aussi un grand producteur de pommes, amandes, raisins, noix et autres fruits secs, sur une surface de 16.000 hectares. "On a eu un peu de pluie et de neige. Près de 2.000 hectares n'ont pas assez d'eau et les vergers se meurent", dit Ali Agha Mirtalebi, un responsable du bureau agricole d'Eghlid. Le fléau se fait sentir jusque dans les villes, soumises à des coupures d'électricité dues en partie à un manque d'eau dans les barrages hydroélectriques. (AFP) |
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