| L'Iran fait la sourde oreille aux appels de l'AIEA à la transparence |
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| mercredi, 17 septembre 2008 | |
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Iran Manif - L'Iran a dit mardi qu'il n'entendait pas répondre aux "allégations" sur son programme nucléaire ni accroître sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique, au lendemain d'un rapport de l'agence onusienne appelant Téhéran à la transparence. Cette attitude fait courir le risque pour l'Iran de nouvelles sanctions, auxquelles la France s'est déclarée favorable, tout comme les Etats-Unis, alors que la Chine s'est montrée réservée disant que cela n'était pas une "solution". Le département d'Etat a annoncé une réunion vendredi à Washington des six grandes puissances -Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France, Allemagne-, au niveau des directeurs politiques des Affaires étrangères, pour discuter des moyens de convaincre Téhéran de suspendre ses activités nucléaires sensibles. L'AIEA "ne doit pas s'attendre à ce que l'Iran réponde à n'importe quelle allégation" sur son programme nucléaire, a déclaré Allaeddine Boroujerdi, chef de la Commission des Affaires étrangères au Parlement iranien. Dans un rapport lundi, l'AIEA a déploré de n'avoir pu faire des "progrès substantiels" pour éclaircir de "prétendues études" menées par Téhéran sur une possible militarisation de son programme nucléaire. Les interlocuteurs iraniens de l'AIEA ont qualifié ces documents d'"allégations sans fondement". L'agence a pourtant souligné qu'en l'absence de coopération sur ce point elle restait dans l'incapacité de certifier que le programme iranien a un objectif exclusivement civil. Elle a demandé que l'Iran se soumette à nouveau au protocole additionnel du Traité de non-prolifération, qui permettrait des contrôles plus poussés de son programme, et que l'Iran a cessé d'appliquer en 2006 lors du transfert de son dossier au Conseil de sécurité. Le représentant de l'Iran auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, lui a opposé une fin de non recevoir: l'agence ne doit "pas s'attendre à ce que nous appliquions le protocole additionnel". L'Iran a aussi dit qu'il poursuivrait son enrichissement d'uranium, en violation de quatre résolutions du Conseil de sécurité, dont trois assorties de sanctions. Ce procédé permet d'obtenir aussi bien le combustible pour une centrale nucléaire que la matière première d'une bombe atomique. Selon un institut américain, l'Iran a réalisé des "progrès significatifs dans le développement et l'opération des centrifugeuses" d'enrichissement. Elles tourneraient "maintenant à environ 85% de leur capacité théorique", selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale (Isis), qui calculait ce taux à 50% à partir des données d'un rapport de l'AIEA en mai. Selon l'agence, l'Iran a produit environ 480 kg d'uranium faiblement enrichi au 30 août 2008. Pour un haut responsable de l'AIEA, il faudrait à l'Iran quelque 1.700 kg d'uranium faiblement enrichi pour pouvoir fabriquer une bombe atomique. Mais selon l'Isis, l'Iran pourrait "dans des conditions optimales" se contenter d'obtenir entre 700 et 800 kg d'uranium faiblement enrichi pour produire le cas échéant 20 à 25 kg d'uranium, suffisants pour une arme à fission (nucléaire). Il lui suffirait six mois pour atteindre ce niveau, selon le responsable de l'AIEA. Par ailleurs, la responsabilité de la surveillance militaire iranienne dans le Golfe a été attribuée aux Gardiens de la révolution, le corps d'élite du régime, a annoncé son ex-commandant, Yahya Rahim Safavi. Selon lui, les forces armées iraniennes "avec leurs missiles, marines et sous-marins sont capables de contrôler le détroit d'Ormuz", par où transite 40% du pétrole mondial. Le chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Ali Jafari, avait laissé entendre en août que l'Iran pourrait fermer ce détroit en représailles à une éventuelle attaque contre ses installations nucléaires. (AFP) |
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