| Iran - Les maîtres de la désinformation |
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| mardi, 29 novembre 2005 | |
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Iran Manif, 29 novembre - Dans la série de reportages sur les agissements des services de renseignements iraniens, voici un article sur un art dans lequel les mollahs sont passés maîtres : la désinformation. Cela porte surtout çà s'interroger non pas sur leur savoir faire, mais sur la naïveté dont fait preuve l'Occident en la matière.
"Dites un mensonge qui soit assez important, et répétez le assez souvent, et le monde entier le croira". "La guerre psychologique est une partie indispensable de notre stratégie. Ce n'est pas une tactique en soi ». Le mémorandum confidentiel est venu de l'organisation de la communication et de la culture islamique, une agence de premier plan pour l'exportation de l'intégrisme et de la révolution islamique, et souligne l'importance de la guerre psychologique contre la résistance iranienne. Le régime clérical a considérablement investi dans cette stratégie contre la résistance et a installé un appareil complexe pour le mettre en place. Le ministère des Renseignements et de la sécurité, le VEVAK, les ministères des Affaires étrangères, et les corps des gardiens de la révolution sont tous impliqués dans la guerre psychologique contre la force principale de la résistance, les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI). La campagne de propagande du régime clérical contre ses adversaires a été à l'origine modelée, largement, sur les activités et le mode de fonctionnement de l'ancien département de la désinformation du KGB soviétique. Les instructeurs étrangers qui ont formé les agents iraniens à "la guerre psychologique" et aux techniques de propagande au début des années 80 venaient principalement des pays du bloc de l'est. Beaucoup de gardiens de la révolution et de responsables du VEVAK qui se sont transformés dans la dernière moitié des années 90 en journalistes, rédacteurs ou politiciens, étaient dans la première génération de stagiaires de ces cours spéciaux. La machine complexe de la propagande en Iran conduit les opérations élaborées de désinformation qui peuvent sembler incidentes ou spontanées à un esprit confiant : les rapports identiques apparaissent simultanément dans deux ou trois des tabloïds européens ou américains sur la participation alléguée de l'OMPI dans la répression des Kurdes et des chi'ites irakiens ; quelques demandeurs d'asile émergent de nulle part pour prétendre avoir été maltraités par l'OMPI il y a plusieurs années ; les quotidiens officiels en Iran signalent que [l'ancien] régime irakien cache ses armes de destruction massive dans des camps de l'OMPI. En l'absence d'informations crédibles sur la façon dont une telle propagande est disséminée par les agences du régime clérical, on peut correctement supposer que les deux parties à ce conflit ont des droits acquis en faisant ces allégations et contre-allégations. Le public visé par les mollahs est parfois affecté par la propagande et la plupart des temps confus. L'un ou l'autre résultat est une victoire pour les mollahs, car au moins un certain doute plane sur le groupe principal d'opposition. Le principe infâme du "grand mensonge" de Goebbels semblerait fonctionner pour les mollahs. La résistance a répondu à cette attaque éclair de propagande en comptant sur son réseau étendu de collecte d'informations à l'intérieur de l'Iran pour identifier les agences et les responsables impliqués dans cette guerre psychologique et pour exposer les documents et les preuves confidentiels concernant leurs activités. Le Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN), présidé par le président du régime, est la plus haute autorité qui coordonne cette campagne. La guerre psychologique à la mode soviétique La propagande extensive des mollahs contre l'OMPI a débuté le jour même de leur arrivée au pouvoir. Mais leur « guerre psychologique » s'est amorcée après la guerre du Golfe [Persique] contre l'Irak en 1991. Ces années là, les mollahs ont tenté de tirer avantage du chaos dans la région après la guerre pour achever leurs principaux opposants, l'OMPI. Le ministère des Renseignements et de la Sécurité a nettement intensifié ses opérations pour atteindre cet objectif. Téhéran a intensifié sa propagande anti-Moudjahidine, tandis que ses commandos ont multiplié les meurtres d'opposants à l'étranger. De 1990 à 1993, les commandos du ministère ont visé des personnalités influentes de l'opposition à Genève, Rome, Karachi, Istanbul, Paris, Berlin, Dubaï, Oslo, Stockholm et Bagdad. En même temps, le ministère a recruté un certain nombre de transfuges de l'OMPI en Europe pour accentuer sa campagne de désinformation anti-Moudjahiddin. Le ministère est resté très actif contre les dissidents iraniens en Europe tout au long des années 1990 et plusieurs rapports annuels successifs du Département d'État américain sur le terrorisme mondial l'ont décrit comme « le parrain le plus actif du terrorisme d'Etat » au monde. Un haut responsable iranien a reconnu que le ministère avait mené « des centaines d'attentats » contre l'OMPI en Irak durant la seule période où Saïd Emami était vice-ministre. En mars 1996, un procureur fédéral allemand délivrait un mandat d'arrêt international contre le ministre des Renseignements de l'époque, Ali Fallahian, pour avoir ordonné l'assassinat de quatre Iraniens dissidents au Mykonos, un restaurant grec à Berlin, le 17 septembre 1993. Dans leurs conclusions fin novembre 1996, les avocats généraux allemands avaient accusé le guide suprême iranien Khamenei et le président iranien de l'époque Rafsandjani d'avoir donné leur accord à l'opération. Les quatre accusés ont été reconnus coupables en avril 1997 et la cour a établi qu'une Commission mixte pour des opérations spéciales composée de Khamenei, Rafsandjani, le ministre des Renseignements Ali Fallahian et le ministre des Affaires Étrangères Ali-Akbar Velayati, était coupable d'avoir approuvé les plans de meurtres d'opposants iraniens à l'étranger. Les ambassades iraniennes étaient souvent le centre des activités d'espionnage et de terrorisme contre les dissidents à l'étranger. L'organisation internationale de la sécurité, Global Security, a rapporté : « Un exemple des efforts coordonnés des services de renseignements iraniens se situe dans la mission diplomatique de l'Iran à Bonn à 133-137 Godesberger Allee, c'est-à-dire au siège des services iraniens de renseignements en Europe. Quelques 20 membres du personnel travaillent pour le ministère des Renseignements et de la Sécurité et des représentants d'autres agences utilisent également le troisième étage particulièrement sécurisé de l'ambassade, où six bureaux et une salle de radio sont réservés aux agents. A partir de ce bâtiment du gouvernement, les services surveillent 100.000 Iraniens vivant en Allemagne, harcèlent les membres indésirables de l'opposition et tentent de se procurer de la technologie en Allemagne pour la production d'armes nucléaires, chimiques et bactériologiques. Dans la zone germanophone seulement, il n'y a pas moins de 100 sociétés suspectées d'être sous l'influence iranienne à cette fin. Les consulats de Francfort, de Hambourg et la mosquée de l'Imam Ali à Hambourg (considérée comme le plus grand centre religieux musulman en dehors du monde islamique) sont d'autres bases d'opérations. Le tournant du 11 septembre Le changement majeur suivant dans les activités des services de renseignements iraniens à l'étranger est survenu à la suite des événements tragiques du 11 septembre 2001 et de la guerre en Afghanistan. A l'époque, le CSSN a décidé d'exploiter les nouvelles circonstances politiques et de concentrer ses efforts internationaux sur l'OMPI afin de persuader les gouvernements, surtout les pays de l'Union Européenne, de désigner l'OMPI et le Conseil national de la Résistance iranienne comme des organisations terroristes. Téhéran essayait de faire d'une pierre deux coups : engendrer un choc politique pour la Résistance iranienne et détourner l'attention mondiale de ses activités terroristes. Alors qu'une offensive diplomatique a été mise en œuvre pour imposer de nouvelles restrictions aux activités de l'OMPI à l'étranger, le régime clérical s'est lancé dans une nouvelle campagne de désinformation. Le ministère des Renseignements a informé et sommé un certain nombre de ses agents en Turquie, aux Émirats Arabes Unis et à Téhéran d'intensifier leurs activités contre l'OMPI. Les agents du ministère Karim Haghi, Mohammad-Reza Haghi, Ahmad Shams-Haeri et Mehdi Khoshhal ont reçu l'ordre de transmettre une série de rapports falsifiés à la police et aux services de sécurité de la France, de l'Allemagne, des Pays Bas et de la Scandinavie. Le comité du contre-terrorisme du CNRI a révélé ce complot dans un communiqué daté du 29 avril 2002. Le régime clérical a également accru le nombre de publications et d'articles cherchant à diaboliser l'OMPI. A cette fin, le ministère des Renseignements a réuni un groupe d'écrivains et d'analystes chez Kayhan, la plus grande maison d'édition en Iran appartenant au gouvernement, et dirigée par Hossein Shariatmadari. Shariatmadari, un général des Gardiens de la Révolution et un proche confident de Khamenei, est un ancien interrogateur, bourreau et propagandiste qui joue un rôle clé dans les opérations de désinformation du régime depuis les années 1980. Les écrivains de Kayhan ont produit à la chaîne un flux régulier d'écrits de propagande contre l'OMPI et ceux-ci ont été publiés à l'étranger dans des journaux sponsorisés par le ministère comme des articles écrits par d'anciens membres de l'OMPI. Les noms des agents Haghi, Shams-Haeri, Khoshhal et Mohammad-Reza Eskandari ont été les plus utilisés pour désigner les soi-disant auteurs de ces articles. Lors de campagnes précédentes, les officiers de désinformation du ministère portaient une plus grande attention aux détails afin de dissimuler, autant que possible, que ces articles étaient en fait écrits en Iran. Mais dans la hâte de leur mission de rédaction d'articles de propagande, le vocabulaire politique dans les articles est devenu de manière frappante similaire à la langue de la presse officielle à Téhéran. Désormais, les articles font référence à Khomeiny en tant qu'imam Khomeini, décrivent les Moudjahiddin de Monafeqin (hypocrites, le terme officiel pour l'OMPI) et l'Armée de Libération Nationale est devenue l'Armée des Hypocrites ! Le ministère des Renseignements a également envoyé des milliers de lettres hostiles aux Moudjahidine à des parlementaires et des dirigeants européens. Ces lettres, présentant des signatures différentes mais souvent un contenu et une écriture identiques, accusent l'OMPI de terrorisme et de meurtres de civils innocents. Elles demandent aux destinataires de désigner l'OMPI comme des terroristes. Dans un article du quotidien suédois Göteborg Posten, Cecilia Malmström, membre suédoise du Parlement Européen, a levé le voile sur un des plans du ministère pour influencer les parlementaires.
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