"J'ai l'impression que l'Iran va traîner jusqu'au dernier jour et peut-être la dernière heure avant la réunion du 6 mars", a indiqué ce fonctionnaire de l'Agence russe de l'énergie atomique (Rosatom), sous couvert de l'anonymat.
La réunion de l'AIEA risque d'être la dernière étape avant la communication du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité qui pourrait décider des sanctions contre l'Iran.
Le responsable russe a ainsi laissé entendre qu'il ne fallait pas attendre de progrès de la prochaine étape des négociations sur la création en Russie d'une entreprise mixte pour enrichir l'uranium iranien, prévue à partir de vendredi à Téhéran à l'occasion de la visite du chef de Rosatom Sergueï Kirienko.
"Il est peu probable qu'une décision soit prise au cours de cette visite. Mais la Russie laisse une porte ouverte" à l'Iran, lui permettant de chercher une sortie de crise, face à la pression de la communauté internationale, a encore dit le négociateur.
"Pour l'instant, nous sommes dans l'impasse. Le plus difficile pour l'Iran est de renoncer à son droit d'enrichir l'uranium sur son territoire", a-t-il souligné.
Moscou propose à l'Iran de créer une société mixte pour l'enrichissement d'uranium "non pas pour des raisons économiques", mais parce qu'il s'agit d'une "dernière chance de sortir de la crise par des moyens diplomatiques", a affirmé le responsable russe.
"S'il n'y a aucune avancée de la part de Téhéran, il sera impossible d'éviter un examen du dossier iranien par le Conseil de sécurité de l'Onu", a-t-il estimé.
"L'Iran n'a pas peur des sanctions économiques", a souligné le négociateur. Selon lui, les Iraniens sont convaincus que les sanctions ne toucheront pas les livraisons de gaz et de pétrole, car "il y a des pays tiers qui en souffriront plus que Téhéran si ces sanctions sont imposées".
Pour Moscou, l'enrichissement d'uranium sur le territoire iranien, ainsi que toute recherche effectuée par l'Iran dans ce domaine sont "inacceptables", a-t-il ajouté.
Si l'Iran ne cesse pas ses activités dans le domaine du nucléaire, "selon les estimations des experts, il pourrait parvenir à la création d'une bombe atomique dans 5 ou 6 ans", a-t-il dit.
"Nous n'avons pas de raisons d'affirmer que l'Iran souhaite fabriquer une bombe, mais nous ne pouvons pas non plus l'exclure", a relevé le responsable.
"Les missiles iraniens pourront facilement atteindre le sud de la Russie. Une bombe iranienne? Non merci!", a affirmé le négociateur.
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