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Agence France Presse - L'Iran a accusé jeudi les Etats-Unis de saboter la proposition russe de compromis sur le dossier nucléaire iranien, alors qu'une nouvelle réunion de la "dernière chance" était annoncée pour vendredi à Vienne entre les négociateurs iraniens et la "troïka" européenne. Au lendemain de la rencontre russo-iranienne à Moscou qui n'a pas apporté de résultats tangibles, le négociateur iranien sur le nucléaire Ali Larijani en a rejeté la responsabilité sur les Etats-Unis.
Ceux-ci soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil et poussent à l'adoption de mesures énergiques pour l'empêcher. La réunion lundi prochain, à Vienne, du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pourrait marquer une étape importante à cet égard et transmettre le dossier iranien au Conseil de sécurité de l'Onu, une perspective de plus en plus probable après les pourparlers sans résultat à Moscou. "Les Américains créent des obstacles pour la proposition russe. L'insistance de la partie américaine sur le transfert du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l'Onu signifie la destruction de la proposition russe", a dit le responsable iranien lors d'une conférence de presse. "C'est le bton que les Américains mettent dans les roues de la proposition russe". Celle-ci consiste à enrichir en Russie l'uranium destiné aux centrales nucléaires iraniennes, pour apaiser les craintes de voir l'Iran utiliser la technologie d'enrichissement afin de construire la bombe atomique. M. Larijani a semblé ménager la Russie, évitant de lui reprocher directement son exigence de voir Téhéran accepter un moratoire sur l'enrichissement d'uranium sur son territoire. Or, c'est cette question qui semble être la principale pierre d'achoppement des pourparlers et Moscou adopte sur ce point la même position que l'Occident. Mais la Russie est aussi en discussions avec Téhéran pour la vente de missiles sol-air S-300, qui pourraient servir à protéger les sites nucléaires iraniens. Pour un expert de la non-prolifération au Centre Carnegie de Moscou, Vladimir Evseev, la question de ces missiles est probablement plus importante que celle de l'entreprise commune d'enrichissement d'uranium. Ainsi, lorsque M. Larijani a évoqué jeudi un "paquet" de propositions iraniennes que la Russie doit maintenant étudier, il pouvait faire allusion autant à l'entreprise commune et au souhait iranien de voir Moscou insister pour que son dossier nucléaire reste dans le cadre de l'AIEA, qu'aux missiles S-300, a estimé M. Evseev, interrogé par l'AFP. Le négociateur iranien a confirmé jeudi qu'aucune date n'avait été arrêtée pour une nouvelle rencontre russo-iranienne. "Nous nous sommes mis d'accord que la Russie consulterait ses partenaires et que nous nous verrions ensuite", avait-il indiqué mercredi à l'issue des pourparlers. Par ailleurs, M. Larijani a confirmé que l'Iran allait mener des négociations avec la troïka européenne (UE-3) avant la réunion lundi de l'AIEA, sans préciser le lieu et la date de ces négociations. A Vienne, des sources diplomatiques ont annoncé que les chefs de la diplomatie britannique, française et allemande allaient rencontrer vendredi dans la capitale autrichienne le négociateur en chef iranien pour d'ultimes discussions. Les Etats-Unis, déplorant l'intransigeance de Téhéran sur le moratoire, ne semblent déjà plus guère attendre de percée. "Après avoir essayé de résoudre le problème à travers la négociation et une offre bonne et raisonnable de la Russie, nous allons devoir aller devant le Conseil de sécurité de l'Onu", relevait mercredi un porte-parole du département d'Etat américain, Adam Ereli. |