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Nucléaire: réunion de la dernière chance UE-Iran vendredi à Vienne Print E-mail
vendredi, 03 mars 2006
Agence France Presse - Les chefs de la diplomatie d'Allemagne, France et Grande-Bretagne doivent rencontrer vendredi à Vienne le négociateur en chef iranien pour d'ultimes discussions sur le nucléaire, trois jours avant une réunion de l'AIEA qui pourrait recommander à l'Onu des mesures contre l'Iran.
Cette rencontre de la dernière chance, à la demande de Téhéran, entre le négociateur iranien, Ali Larijani, et les ministres des trois pays européens impliqués dans la recherche d'une solution à la crise (UE-3), a été annoncée de sources diplomatiques à Vienne et confirmée par M. Larijani à Moscou. Elle intervient alors que d'ultimes tractations peinent à aboutir sur un compromis russe pour enrichir en Russie l'uranium destiné aux centrales nucléaires iraniennes: l'Occident craint en effet de voir l'Iran utiliser cette technologie à double usage pour construire la bombe atomique.
Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy et ses homologues britannique Jack Straw et allemand Frank-Walter Steinmeier devaient se retrouver à dîner jeudi soir à Vienne, selon des diplomates.
Les pourparlers commenceront tôt vendredi matin à la résidence de l'ambassade d'Allemagne et une conférence de presse était prévue à la mi-journée, d'après ces sources.
"Il ne s'agit pas d'une reprise des négociations" de l'UE-3 avec Téhéran interrompues l'an dernier, "les Iraniens ont demandé à nous voir, c'est tout", a souligné un diplomate.
Le Conseil des gouverneurs des 35 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) se réunit à partir du 6 mars à Vienne pour examiner le dossier nucléaire iranien, alors que Téhéran est soupçonné par les Occidentaux de cacher des ambitions militaires derrière un programme nucléaire civil.
Le Conseil des gouverneurs - où les grandes puissances, UE-3, Etats-Unis, Russie, Chine, ont fini par s'entendre - a déjà "fait rapport" le 4 février au le Conseil de sécurité de l'Onu.
Mais il a alors décidé de surseoir à toute recommandation de mesures prises à New York jusqu'à la réunion du 6 mars et à un rapport sur les inspections de Mohammed ElBaradei, le directeur de l'AIEA.
Dans ce rapport lundi dernier, M. ElBaradei s'est inquiété de questions non résolues, notamment des projets d'enrichissement d'uranium, mais sans aller jusqu'à accuser l'Iran de rechercher l'arme nucléaire.
Il a révélé que, loin d'écouter la communauté internationale en arrêtant les recherches sur l'enrichissement commencées le 10 janvier, l'Iran projette en fait d'installer "au quatrième trimestre 2006 les 3.000 premières centrifugeuses" sophistiquées P-1 à l'usine d'enrichissement de Natanz (centre), sur 50.000 prévues.
"Il est regrettable et inquiétant que (...) les incertitudes concernant l'ampleur et la nature du programme nucléaire iranien n'aient pas été levées après trois ans de vérifications intensives", selon ce rapport.
Pour tenter d'éviter des sanctions internationales - encore improbables dans l'immédiat - et apaiser les craintes de l'Occident, la Russie a proposé d'enrichir sur son territoire l'uranium destiné aux centrales nucléaires iraniennes.
Ali Larijani a accusé, jeudi à Moscou, les Etats-Unis de saboter la proposition de compromis russe en insistant pour que le dossier iranien soit "transféré au Conseil de sécurité", ce qui, selon lui, "signifie la destruction de la proposition russe". "C'est le bton que les Américains mettent dans les roues de la proposition russe", a-t-il ajouté.
Les discussions entre Russes et Iraniens achoppent essentiellement sur la question d'un moratoire sur l'enrichissement d'uranium en Iran même.
L'Occident et Moscou en font une condition pour l'adoption de la proposition russe, tandis que l'Iran invoque son droit souverain à enrichir l'uranium et refuse d'établir un lien entre les deux questions.
 
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