The Washington Times[L’OMPI] la plus grande branche politique du Conseil national de la résistance iranienne s’est fait connaître ces dernières années comme sans doute le seul groupe dissident de la planète possédant suffisamment d'argent et d'influence pour rallier des dizaines de milliers de partisans au cœur de l'Europe, chaque mois de juin, derrière un appel collectif pour le renversement du gouvernement de Téhéran.

The Washington Times – Par Guy Taylor - Des milliers de partisans d'un groupe de l’opposition iranienne se sont rassemblés samedi [1 juillet] pour le renversement du régime religieux de Téhéran dans un événement qui comportait des discours de plusieurs alliés du gouvernement Trump - dont Newt Gingrich et Rudolph W. Giuliani - ainsi que l'ancien responsable des renseignements saoudien.

Ce rassemblement enthousiaste, organisé chaque année dans cette ville au nord de Paris, était organisé par le Conseil national de la Résistance iranienne, un groupe iranien en exil situé en France, qui rassemble des dizaines d’anciennes et actuelles autorités des États-Unis, d'Europe et du Moyen-Orient pour encourager publiquement au changement de régime à Téhéran.

Tandis que la position de l'administration Trump sur la question reste évasive, M. Giuliani a déclenché les applaudissements de la foule quand il a souligné que le point de vue du nouveau président des États-Unis était bien différent de celui de son prédécesseur, qui a poussé les puissances mondiales à alléger les sanctions contre la République islamique avec l’accord nucléaire iranien de 2015.

M. Trump est « concentré sur le danger que représente l'Iran pour la liberté dans le monde », a déclaré M. Giuliani, considéré par beaucoup à ce rassemblement comme un émissaire de M. Trump malgré bien qu’il n’occupe pas de position officielle au sein du gouvernement.

Contrairement à l'administration Obama, M. Trump « n'est pas dans une situation de déni » sur l'Iran, a déclaré l'ancien maire de la ville de New York.

« L'Iran doit être libre », a déclaré M. Gingrich, un ancien président de la Chambre qui a rallié les foules en condamnant le bilan de Téhéran en matière de violations des droits humains.

Les deux hommes, conseillers lors de la campagne électorale de M. Trump, présidaient une délégation américaine composée de plusieurs anciens parlementaires démocrates et de trois républicains membres du congrès en activité - les députés Ted Poe du Texas, Thomas A. Garrett Jr. de Virginie et Robert Pittenger de Caroline du Nord.

Mais c’est l’apparition du prince Turki bin Faisal Al Saud, l'ancien chef des renseignements saoudiens, qui a peut-être représenté la partie la plus importante du rassemblement.

« Je vous salue », a déclaré le prince, qui était présent pour la deuxième année consécutive. Sa présence a suggéré que la monarchie musulmane sunnite d'Arabie saoudite soutient ouvertement le changement de régime en Iran : la puissance chiite du Moyen-Orient et le principal rival de Riyad.

L'apparition du prince Turki bin Faisal a incité les spéculateurs à penser que les Saoudiens ont peut-être aidé à financer le rassemblement, bien que les organisateurs l'aient totalement nié, affirmant plutôt que le financement du Conseil national de la Résistance iranienne découle entièrement des dons d'Iraniens honnissant le pouvoir de Téhéran.

Le rassemblement a été un marathon de discours et de performances musicales. Mais il n’a trouvé qu’un écho limité dans la plupart des médias occidentaux traditionnels, vraisemblablement en raison de l'histoire agitée du Conseil national de la résistance de l'Iran avec l'Union européenne et Washington.

On a noté la présence de plus d'une dizaine d’actuels et anciens responsables de pays de l'Union européenne, comme l'ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

Dans ce qui pourrait être un signe des sentiments du leadership français actuel vis-à-vis du CNRI,  conseil national, le nouvellement élu président, Emmanuel Macron, est resté à l’écart de l'événement. Cependant, une députée de l'Assemblée nationale française du parti de M. Macron était présente.

Parallèlement, des responsables français accueillaient samedi le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Paris, et les médias officiels iraniens ont déclaré que M. Macron avait fait partie de ceux qu'il avait rencontrés. Le ministère français des Affaires étrangères n'a pas validé le rassemblement mais a reconnu les entretiens entre M. Zarif et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

[L’OMPI] la plus grande branche politique du Conseil national de la résistance iranienne s’est fait connaître ces dernières années comme sans doute le seul groupe dissident de la planète possédant suffisamment d'argent et d'influence pour rallier des dizaines de milliers de partisans au cœur de l'Europe, chaque mois de juin, derrière un appel collectif pour le renversement du gouvernement de Téhéran.

Le rassemblement de samedi s'est déroulé sans encombre. Des canons ont tirés des nuages de confettis sur une foule qui selon ce qu’ont affirmé les organisateurs était composée de plus de 10 000 personnes dans une vaste salle des congrès qui vibrait de manière particulièrement plus optimiste que les années précédentes. Certains participants ont attribué l’optimisme à l’arrivée à Washington de l’administration Trump considérée comme désireuse d'agir contre l'Iran.

Le discours le plus agressif est venu de Maryam Radjavi, Présidente du Conseil national de la Résistance iranienne, qui a condamné la « dictature religieuse » du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et a affirmé que le régime était gouverné par des « bourreaux » qui ont emprisonnés ou tué des dizaines de milliers de personnalités de l'opposition depuis sa prise de pouvoir en 1979.

Mme Radjavi a qualifié la récente élection de l'Iran de simulacre et a accusé le président Hassan Rohani de complicité « dans tous les crimes du régime contre le peuple iranien ».

« Le renversement est possible et à portée de main », a-t-elle affirmé. « La société iranienne déborde de mécontentement et la communauté internationale se rapproche finalement de la réalité voulant que la complaisance avec la théocratie au pouvoir est malavisée. » « La seule solution est un changement de régime », a déclaré Mme Radjavi.

Dans une interview par email avec The Washington Times l'année dernière, elle a déclaré que l'organisation « représente la voix de millions d'Iraniens opprimés dans le pays et qui veulent un changement de régime et l’instauration d’un gouvernement démocratique, pluraliste et non nucléaire basé sur la séparation de la religion et de l'Etat ».

A la recherche d’un changement de régime

Les partisans du conseil disent que c'est l'organisation la plus influente dans le paysage de l'opposition iranienne.

Personne dans l'opposition iranienne « ne résiste comme le fait le CNRI » en termes « d’engagement au jour le jour avec le peuple iranien », a déclaré Ramesh Sepehrrad, militante irano-américaine de longue date des droits des femmes qui collabore avec l'Ecole d’analyse et de résolution des conflits de l'Université George Mason.

Mme Sepehrrad a déclaré aux invités du rassemblement qu'il est difficile de mesurer la popularité du conseil en Iran parce que « le régime a placé très, très haut le prix pour les Iraniens qui expriment leur soutien » au mouvement ». 

« Des milliers de leurs partisans et membres de leur famille ont été exécutés et emprisonnés par le régime », a-t-elle déclaré.

Shahin Gobadi, membre de la commission des Affaires étrangères du Conseil National de la Résistance de l'Iran, a déclaré que le groupe est devenu plus actif en Iran au cours de l’année passée.

« Les gens se rendent de plus en plus compte, en particulier les jeunes, que le changement de régime est la seule réponse », a déclaré M. Gobadi au Times.

Mais on ne sait pas si l'administration de Trump soutient un changement de régime.

Jack Keane, un général étoilé à la retraite de l'armée américaine qui travaille avec l'Institut d’étude de la guerre à Washington, a déclaré que le président élabore une politique beaucoup plus agressive que son prédécesseur.

« Ce que je ne sais pas », a déclaré M. Keane, qui s’est exprimé dans le panel d’une conférence avant le rassemblement, « c’est s’ils prendront une mesure stratégique pour saper le régime au point où il serait renversé ».