Iran Manif - C’est une marée humaine qui a recouvert le parc des expositions de Villepinte où l’enthousiasme l’a disputé à une incroyable diversité de générations, d’origines et de pays d’adoption. Mais en ce 1er juillet 2017, c’est la présence massive de jeunes très motivés qui frappait dans un immense rassemblement pour un Iran libre.

Ils arrivaient de partout, avec deux gros bataillons d’Amérique du Nord et d’Europe, adolescents, étudiants, jeunes adultes entrés dans la vie active. Chacun avec une bonne raison de soutenir un changement de régime en Iran, dans un congrès annuel organisé par la résistance iranienne et soutenu par des centaines de dignitaires politiques internationaux.

Le relais générationnel était frappant dans ce Congrès, tant dans la diaspora qu'en Iran-même où depuis le mois de mai les jeunes mènent campagne, d'abord contre la farce électorale des mollahs ensuite en faveur de ce rassemblement pour un Iran libre. Partout dans le pays on a vu fleurir sur les murs, les pare-brises et même accrochés aux ponts des portaits de Maryam Radjavi, la dirigeante de l'opposition, qui incarne l'alternative démocratique avec le Conseil national de la Résistance.

"Cela fait 14 ans que je viens et je me suis engagé auprès de ce mouvement avec ma famille, raconte Behrouz, 25 ans, qui a fait le voyage depuis la Norvège. Trois de mes oncles ont été exécutés lors des exécutions massives de 1988 qui ont eu lieu pendant les premières années du pouvoir de Khomeiny. Je pense qu'il est important d'être leurs voix et d'être la voix des gens qui ne peuvent pas s'exprimer en Iran. 

Linda, 27 ans, débarque de New York : "C'est simplement important d’être ici pour montrer son soutien. Même si on n'est pas directement lié à quelqu'un qui a été victime, on montre son empathie. Beaucoup de gens peuvent se rapprocher du mouvement et ils viennent chaque année du monde entier pour exprimer leur soutien. Nous avons le droit d'utiliser nos voix et il nous faut exercer ce droit."

Sophie, 17 ans, a juste pris le métro à Paris où elle habite. A Villepinte elle a aussi répondu à des questions de France3 : « Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours accompagné ma mère aux rassemblements organisés par la résistance iranienne. Petit à petit je m’y suis plus profondément intéressée en faisant des recherches personnelles qui m’ont aidée à discerner les injustices et la pression du régime sur la population, particulièrement sur les femmes et les jeunes et j’ai donc très vite adhéré aux idées du Conseil national de la Résistance iranienne. Depuis c’est devenu une évidence pour moi de venir aux différents rassemblements. Je pense que c’est très important, montrer que l’on est présent, que l’on est nombreux et que nous ne lâcherons rien avant un véritable changement qui aboutira à un Iran libre. De plus ce rassemblement fait écho au souhait d’une majorité d’Iraniens à un changement de régime. » 

Marjan, 27 ans, qui est arrivée d’Allemagne en bus avec tout un groupe d’amis n’a jamais vu l’Iran, comme beaucoup de jeunes de la diaspora, mais a bien l’intention un jour « et le plus tôt sera le mieux » de se rendre sur sa terre d’origine après ses études d’ingénieur. « Je suis Iranienne de cœur et de sang. Je suis Allemande aussi. Ma génération est partagée entre deux pays. Mais l’Allemagne m’a appris la liberté et la démocratie, des valeurs qui sont défendues ici dans ce rassemblement par la résistance iranienne ».

« Une chose que ce mouvement m'a appris, confie Bijun, 30 ans, qui habite à New York, c'est l'importance de la résilience. Le peuple iranien a connu tant d'obstacles mais il a continué à se battre grâce à ce mouvement et avec très peu d'aide. C'est formidable d'en faire partie. »

« Cela fait 36 ans que cette résistance se bat pour la liberté en Iran », explique Fereidoun, 30 ans, qui vient d’Angleterre. Tant de jeunes de mon âge ont été exécutés dans les années 1980 et toutes les années qui ont suivi. Tant de jeunes ont repris le flambeau pour que la résistance ne s’éteigne pas. Il y a eu ces dix dernières années une incroyable saga en Irak dans la Cité d’Achraf puis au camp Liberty où des milliers de résistants ont affiché une persévérance étonnante. Malgré toutes les attaques, ils ont tenu bon, et ça a beaucoup influencé les jeunes, ici en Europe et surtout en Iran. Il est temps que ma génération prenne le relai. »