La misogynie, un produit de la distinction sexuelle

Selon la conception intégriste des mollahs, le vice et la vertu sexuels sont les principaux critères d’évaluation. Les péchés les plus ignobles et les plus impardonnables sont les méfaits sexuels. La piété, la chasteté et la décence étant évaluées selon les critères sexuels. Ils s’appliquent rarement au domaine politique et social. La pureté ou la corruption sont essentiellement jugées selon des critères liés d’une manière ou d’une autre au sexe. Quand un tel système de valeurs évolue dans la norme sociale, les murs de la démarcation sexuelle deviennent plus élevés, plus épais et même plus omniprésents. Les intégristes considèrent les femmes comme dangereuses et sataniques. Elles incarnent le péché et la séduction. Elles ne doivent pas mettre le pied hors du foyer parce que leur présence dans la société est cause de péché. Elles doivent rester à la maison pour assouvir les désirs charnels de leur mari. Si elles ne s’y soumettent pas, elles obligent leur mari à pécher hors du foyer.

Les intégristes regardent le monde et l’au-delà avec des verres teintés et déformés par le sexe. Tout au long de l’histoire, ils ont fait de leurs propres fantasmes des leçons de morale et les ont même attribuées à l’ascension du Prophète Mohammad au Paradis. Comme on pouvait s’y attendre, les fables qu’ils ont fabriquées gravitent autour des péchés sexuels et de la sévérité des châtiments qu’ils entrainent.

Ce genre d’affabulations ne se trouvent nulle part dans le Coran. Le Coran contient plus de 6200 versets qui traitent dans leur grande majorité es questions de l’existence, de l’histoire et de l’être humain et qui soulignent la responsabilité du genre humain. Le nombre total de versets consacrés aux préceptes religieux n’excèdent pas les 500, parmi lesquels une poignée sur les vices et les vertus sexuels.

D’après le Hadiths (paroles du Prophète), le Prophète Mohammad a énuméré sept péchés capitaux : perdre la foi dans le pardon de Dieu, l’homicide, le vol des biens des orphelins, la sorcellerie et la démagogie, l’usure et la calomnie contre une femme vertueuse. Un thème commun relie ces sept péchés, aussi divers qu’ils puissent être : plutôt qu’être introspectifs, ils sont tous liés d’une manière ou d’une autre aux relations sociales et aux relations de l’homme avec les autres dans la société.

Quand on regarde la liste des sept péchés capitaux, on se demande pourquoi, quand calomnier une femme est un péché mortel, les intégristes exagèrent les distinctions sexuelles ? N’est-ce pas simplement un dogme qui persiste depuis les temps anciens ? Possible, mais les mollahs le considèrent comme la seule façon de maintenir leur monopole sur l’islam et de s’asseoir sur le trône de la religion. Les mollahs utilisent la distinction sexuelle et insistent sur la mauvaise conduite sexuelle pour justifier leur conception misogyne et l’appliquer à toutes les sphères des relations hommes, femmes dans la société. C’est de cette manière qu’ils conservent le contrôle.

Paradoxalement, alors que c’est l’homme qui commet un péché ou que tout du moins le péché est partagé de manière égale entre une femme et un homme, dans le monde misogyne, c’est la femme qui paye le prix le plus élevé, est constamment humiliée, traitée en subordonnée et comme un citoyen de deuxième classe, tout simplement parce que c’est une femme. Dans le système des mollahs, c’est la femme qui doit porter le voile pour empêcher les péchés et se soumettre aux lois extrêmement discriminatoires. Plus important encore, ce sont les femmes qui doivent avoir honte dès le jour de leur naissance et être qualifiées de créatures dangereuses et sataniques.

De cette manière, dans la conception intégriste, la distinction des sexes conduit à la misogynie et à l’hostilité envers les femmes. Les intégristes tirent leur motivation de la misogynie et ont mis en marche une force dévastatrice anti-historique et anti-humaine. D’aucuns ont comparé la misogynie au racisme et c’est en effet assez juste. La différence étant que la misogynie et l’intégrisme qui en émanent, sont bien plus inhumains et destructeurs que le racisme.

En termes sociologiques, les libertés et les droits des femmes et de manière plus conséquente, leur statut dans une société donnée, constituent le critère le plus sérieux pour évaluer le degré de démocratie dans cette société. Dans l’Iran d’aujourd’hui, il n’existe pas de droits ni de libertés pour les femmes. Il persiste à la place une conception misogyne, qui bien au-delà d’un point de vue rétrograde, constitue le pilier du fascisme religieux au pouvoir et le fondement pour réprimer les libertés les plus élémentaires du peuple iranien par un régime totalitaire.

 

IRAN 
Mars 2017

42 exécutions

(Janvier: 95 exécutions - Février: 52 exécutions)

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En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions