Un mouvement de boycott électoral parti de l’étranger se propage en Iran

Les expatriés iraniens qui s'opposent à la théocratie en place en Iran mènent une campagne en ligne pour boycotter la prochaine élection présidentielle. 

La poussée, qui a débuté le mois dernier et qui a maintenant atteint plus de 300 000 postes, est principalement orchestrée par des comptes liés au Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), un mouvement d'opposition basé en France considéré comme l'un des plus puissants mouvements d'opposition iranien. 

Les trois principaux candidats à la présidentielle en Iran le 19 mai sont le président Hassan Rohani et les conservateurs Raïssi Ehbrahim et le maire de Téhéran Mohammad Bagher Qalibaf. Raïssi, l'un des quatre juges de la charia, a supervisé l’exécution de milliers de prisonniers politiques en 1988. Qalibaf est un ancien commandant des gardiens de la révolution en Iran. 

La campagne anti-électorale comprend des hashtags comme #Shamelections, #MyVoteRegimeChange, " Boycottez la farce électorale " (# تحریم_انتخابات_قلابی) et d'autres. Elle dit qu’ "il n'y a pas de différence entre Rohani et Raïssi", et présente les deux candidats comme les deux faces d'une même pièce. « Quelle élection ? C'est un spectacle de marionnettes actionné par [le leader religieux Ayatollah] Khamenei pour créer l'illusion d'une démocratie », a tweeté un Iranien exilé en Europe. D'autres ont attaqué Rohani en disant qu'il « a été directement impliqué dans tous les crimes du régime iranien » et « a supervisé l'arrestation, la torture et les exécutions de centaines de personnes au cours de son mandat. »

On peut voir également des clips montrant des Iraniens dans des lieux publics à Téhéran et Arak tenant des panneaux contre l’élection, Rohani ou Raïssi. Les actions ont été coordonnées et organisées par l’OMPI, l’opposition démocratique au régime des mollahs.

Il y a entre 5 et 6 millions d'Iraniens vivant à l'étranger, comparé aux 79 millions vivant dans le pays. Les Iraniens peuvent voter dans 279 bureaux de vote dans 103 pays différents, a déclaré un responsable iranien.