Forbes.com - Alors que l’on entre dans la dernière ligne droite de la campagne « électorale » présidentielle en Iran, avec un vote prévu le 19 mai et un éventuel deuxième tour le 26 mai, on voit la tension monter à mesure que les hauts responsables du régime iranien enlèvent les gants et se lancent dans des jouxtes verbales inédites

"Nous sommes là pour dire aux extrémistes favorable à la violence que votre époque a pris fin", a déclaré récemment le président iranien Hassan Rohani. "Vous [les ultras] ne pouvez résister au choix de la liberté et du progrès de notre jeunesse ... Ce mois-ci, la nation rejettera de nouveau ceux dont les décisions principales n'ont été que des exécutions et des emprisonnements au cours de ces 38 dernières années », a ajouté Rohani dans un meeting à Hamedan, dans l'ouest de l'Iran.

Le soi-disant « modéré » Rohani cherche par ses paroles à relever le défi soulevé par les candidats «de la ligne dure ». Or ce genre de distinction en politique iranienne est biaisée.

Un paradoxe intéressant réside dans le fait que Rohani avance ces arguments, à première vue intéressants, alors que plus de 3 000 exécutions ont eu lieu durant son propre mandat de quatre ans. Rohani est également connu pour avoir été le premier responsable iranien à faire appel à des exécutions publiques lors des prières du vendredi afin de favoriser l'influence de l'appareil de répression.

"Les comploteurs devraient être pendus dans les prières du vendredi pour que les gens les voient et que cela ait plus d'impact", avait-il martelé le 14 juillet 1980.

Plus récemment, le 18 avril dernier, Rohani se vantait du fait que « le budget de la défense a augmenté de 145% par rapport à 2013 et ... la quantité d'équipements stratégiques et d'autres produits nécessaires aux forces armées ces trois dernières années équivaut à celle des dix années passées."

La forte rhétorique de Rohani s’adressait à Ebrahim Raïssi, un religieux de la faction du guide suprême iranien Ali Khamenei. Raïssi est connu pour son rôle durant trois décennies dans l’appareil judiciaire  en Iran et pour avoir signer les ordres d’exécutions de milliers d’opposants dans les années 1980, en particulier le massacre de 30 000 prisonniers politiques de 1988 touchant principalement des membres et les partisans de l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI).