Iran Manif – Même si les Iraniens se demandent quelle sera la réaction du président Trump le 12 mai à propos de l’accord nucléaire, ils ne se font guère d’illusions sur leur propre situation, l’accord n’ayant rien changé pour eux en Iran.

De chute libre en chute libre, la monnaie iranienne n’arrête pas de perdre de la valeur et voit le dollar monter à 70 000 rials, à une année lumière du nouveau taux de 42 000 rials pour un dollar imposé par le gouvernement.

Les magasins restent désespérément vides de clients, les familles saignées à blanc par des mois de salaires non versés et étranglées par des emprunts qu’elles ne peuvent rembourser, n’achètent plus. Le 1er mai, on a vu des travailleurs brandir des affiches disant qu’ils n’avaient pas mangé de viande depuis 40 mois. Ceux qui ont encore de l’argent, l’économisent, ne sachant pas à quelle sauce ils vont être mangé.

Même si l’accord nucléaire avait suscité l’espoir d’un mieux-être, la population a vite déchanté. Les milliards dégelés ou envoyés en liquide aux mollahs par l’administration Obama, ont illico alimenté la machine de guerre en Syrie, les finances du Hezbollah libanais et des milices de Téhéran en Irak et au Yémen. La répression interne s’est aussi requinquée et les comptes des dirigeants, de leurs familles et relations, ont allègrement gonflés à l’étranger.

Bien que l'accord nucléaire ait permis à l'Iran de vendre du pétrole brut et du gaz naturel sur le marché international, il n'a pas contribué à remédier à son taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes et les femmes de ce pays de 80 millions d'habitants. Les banques sont en faillite. La corruption gouvernementale en pleine expansion.

Comme le disait Maryam Radjavi dans un message à une impressionnante convention d'Irano-Américains à Washington le 5 mai, cet argent n’a pas servi « aux besoins urgents du peuple iranien, en particulier pour assurer les maigres salaires non payés des travailleurs, des enseignants et des infirmières et pour assurer de la nourriture et des médicaments aux citoyens ». La dirigeante de l’opposition iranienne rappelle qu’après la signature de cet accord elle avait « dit que l’argent versé dans les coffres du régime devait être placé sous le strict contrôle des Nations Unies ».

Un désir de changement 

Peu de gens en Iran aujourd’hui peuvent parler d'un quelconque avantage tiré de l'accord atomique, indique une dépêche de l’agence AP qui cite des témoignages d’Iraniens : « Nous ne ressentons pas d'impact particulier, surtout dans notre économie ou dans notre vie », a déclaré Shadi Gholami, une architecte de 25 ans. « C'est comme si un tel accord n'existait pas du tout. »

 « Nos problèmes économiques n'ont rien à voir avec l'accord ou Trump. Notre problème, c'est que nos autorités ne pensent qu'à leur propre poche », explique Ladan Shiri, 33 ans, directrice des ventes d'une société privée. « S'ils pensaient vraiment aux gens et pas seulement à leurs propres profits, nos gens n'auraient pas les problèmes qu'ils ont aujourd'hui. C'est le problème principal. »

Ali Forouzi, ingénieur industriel de 33 ans, est d'accord : « Ce n’est pas juste de toujours blâmer d'autres pays comme l'Amérique et Trump pour nos problèmes. Je crois que la racine de nos problèmes se trouve à l'intérieur du pays. Si nous sommes assez forts à l'intérieur, personne ne peut nous frapper de l'extérieur, mais malheureusement nos problèmes proviennent du système interne. Cela inclut le manque de bonne coordination entre notre gouvernement et d'autres organismes. »

Pas mal d’Iraniens parlent de plus en plus de quitter le pays pour une vie meilleure à l'étranger. L'Europe de l'Ouest reste un choix pour ceux qui y ont des liens. Tandis que ceux qui ont de l'argent se rendent sans visa en Arménie, en Géorgie et en Serbie pour acheter la citoyenneté.

Cependant ils sont aussi très nombreux à vouloir régler la crise à l’intérieur du pays avec un changement de régime. Les manifestations qui ont embrasé 142 villes d’Iran en décembre et en janvier ont retenti d’un même cri « A bas la dictature » et « A bas Khamenei et Rohani ». Les autorités ont de suite désigné l’opposition iranienne, les Moudjahidine du peuple (OMPI) et le Conseil national de la résistance (CNRI) comme responsable de cette révolte.

La convention de milliers d’Iraniens à Washington le 5 mai a apporté son soutien à cette alternative et au plan en 10 points de sa dirigeante Maryam Radjavi. Le 30 juin 2018 verra à Villepinte un rassemblement hors norme d’Iraniens venus du monde entier à Villepinte près de Paris pour soutenir le soulèvement en Iran - #FreeIran2018 - et l’alternative démocratique à la dictature religieuse. Des centaines de hautes personnalités internationales, notamment américaines, y sont attendues.

Les Iraniens sont prêts et désireux d’instaurer la liberté dans leur pays.  

 

IRAN 
Juillet 2018

 20 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions