The Telegraph (UK), 28 mai – Editorial par Christopher Booker - Largement ignoré, la semaine dernière, c'est le changement géopolitique remarquable effectué lorsque le président Trump a aligné l'Arabie Saoudite et Israël dans ce qu'on appelle « une coalition de type OTAN » contre le pays que tous s’accordent à dire qu’il est au cœur de la plupart des problèmes du Moyen Orient : l'Iran. Au lieu de sa rhétorique de campagne semblant opposer les États-Unis à tous les musulmans, il est désormais allié à la moitié du monde musulman.

Cela faisait suite à l’épouvantable farce de l'élection présidentielle en Iran, où une fois de plus on nous a annoncé que Hassan Rohani, un « modéré » l’avait emporté contre un « radical ». Comme je l'ai signalé à plusieurs reprises, Rohani est un opérateur des plus impitoyables, qui préside depuis 2013 sur un effondrement économique et ce qu’Amnesty International appelle « une frénésie d'exécutions sidérante », assassinant et emprisonnant tellement de dissidents que l’Iran détient le taux d'exécutions le plus élevé par habitant dans le monde. 

Le véritable pouvoir en Iran est aux mains des gardiens de la révolution (pasdaran), qui ne rendent des comptes qu'au guide suprême l’ayatollah Khamenei. Ce corps militaire contrôle non seulement plus de la moitié de l'économie iranienne mais est aussi responsable de la propagation de la terreur à l’intérieur du pays, et du terrorisme à l'étranger et à travers le Moyen-Orient.

Ce dont Rohani se vante le plus c’est qu'il a gagné « l’accord nucléaire » en Occident en vertu duquel le président Obama et le secrétaire d'État John Kerry ont accepté la levée partielle des sanctions et celle de £ 38 milliards d'avoirs iraniens gelés en Occident.

Mais pratiquement l’ensemble de ces 38 milliards ont été donnés aux pasdaran pour payer le Hezbollah et les dizaines de milliers de mercenaires qui sont le principal moteur du régime d'Assad en Syrie, de la déstabilisation catastrophique du Yémen et de leurs interventions en Irak, où, jusqu’à l’arrivée de Trump, ils ont reçu un soutien aérien américain.

Des sources fiables venant de l'Iran ont fourni de nombreuses preuves sur les terribles fraudes durant l’élection présidentielle, avec une participation considérablement inférieure à celle revendiquée par le régime. Les deux candidats représentaient des factions belligérantes, l’une accusant à juste titre l'autre de corruption massive.

Ils ont également attaqué un nouveau facteur dans l'élection, la prédominence d’affiches appelant au boycott des élections, diffusées notamment par des membres de l’organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), partie intégrante du Conseil national de la Résistance iranienne basé à Paris (CNRI) qui représente des centaines de milliers d'exilés iraniens à travers le monde.

Ces Iraniens incarnent la pièce manquante de la coalition Trump, pour démontrer que ce n'est pas un combat des sunnites contre les chiites, et qu'il y a un grand nombre d'Iraniens chiites plus pressés que tous de voir la fin du régime criminel de Téhéran.

À Paris, le 1er juillet, le CNRI organise un rassemblement avec la participation de 100 000 exilés iraniens, a qui s’adresseront une flopée d'anciens politiciens de premier plan venus du monde entier, notamment de hauts responsables des États-Unis, y compris des anciens politiciens connus, l’ex-ambassadeur à l'ONU John Bolton, un ancien directeur du FBI et des généraux ayant servi en Irak.

Ils demanderont au gouvernement Trump de soutenir les Iraniens qui veulent que leur dictature fanatique, impitoyable et totalement corrompue soit remplacée par un gouvernement laïc et démocratique. Avec cela, pensent-ils, la coalition de Trump placera sa dernière pièce cruciale. Et tout le Moyen-Orient pourra à l'avenir poser infiniment moins de problème au monde.