Iran Manif - Voilà, voilà! Le groupe d'amitié parlementaire franco-iranien sous la férule de Delphine O s'est décarcassé pour monter à Paris un mécano culturel sur Ispahan en faveur des mollahs, qui eux se sont spécialisés depuis 39 ans dans la censure et l'inquisition en Iran. 

Les artistes iraniens ne remercient pas Delphine O. Du fond de leur cellule, ils lui demandent même de ne pas jeter de sel sur leurs plaies, en particulier le chanteur Mehrzad Isfahanpour arrêté en janvier à Ispahan pour avoir manifesté. 

On se fend d'un rire jaune en lisant le programme et on se demande s'il ne s'agit pas d'une grosse plaisanterie. On nous promet des concerts. La bonne affaire! La ville d'Ispahan a interdit le 16 février dernier le concert du chanteur Mohammad Motamedi, jeune artiste féru de chant traditionnel. Quant aux femmes, pas question qu'elles montent sur scène dans cette ancienne capitale perse, même devant un public exclusivement féminin. Baran Rezaï en a fait les frais l'été dernier. Le diable s'habille en tchador. 

Une pléthore de sponsors iraniens qui sentent à plein nez la théocratie et une série de sponsors en France qui sentent le pétrole - le MEDEF - ou se bouche le nez pour ne rien sentir accompagnent la "semaine culturelle". Ce beau monde s'apprête à déployer le tapis rouge pour la venue entre autre du maire d'Ispahan. Le lobby des mollahs lancent moultes oeuillades et appels du pied à la maire de Paris pour qu'elle le rencontre.

On ne peut que conseiller aux Parisiennes de bien se protéger le visage, car Ispahan compte un sinistre record d'attaques à l'acide contre les femmes. Il faut aussi savoir que le vélo féminin est interdit dans cette ville et que le chef de la police a lancé plusieurs avertissements à cet égard. 

La propagande officielle parle de "vivre Paris au rythme d'Ispahan". Voyez-vous ça! Le fameux maire traine les casseroles d'une vingtaine d'exécutions dans sa ville en 2017, dont trois en public. La place de l'Hôtel-de-Ville va-t-elle redevenir place de Grève? Sans parler d'un conseil municipal bien misogyne, où siège une seule et unique femme. Triste reflet de la place que les mollahs accordent aux femmes dans la spère politique. Bien entendu Delphine O n'en pipe mot, des fois que ça ferait tache.

Le programme prévoit de parler jardin, architecture et même d'eau. Grand bien lui fasse. Car c'est exactement ce qui manque à la ville en raison d'une politique anarchique des autorités et des pasdaran, les gardiens de la révolution. Ils ont réussi l'exploit d'assécher le fleuve Zayandeh-roud, ce qui n'est pas à la portée de n'importe qui. Il faut vraiment une volonté féroce pour priver toute une ville et au-delà une région de l'eau vitale pour les habitants, les cultures et le bétail.

C'est donc pour cela que jour après jour, des milliers d'agriculteurs manifestent, réclamant leur droit à l'eau. Ces protestations, largement soutenues par la population, continuent celles de fin décembre et de janvier où la province s'est enflammée pour réclamer la liberté. Ispahan et son agglomération ont manifesté en masse pour appeler à la fin de la dictature religieuse.

Alors parler culture iranienne à Paris ? Oui, pour dénoncer la censure intégriste qui s'emploie à la détruire et un lobby cynique qui encense les mollahs.

 

IRAN 
Avril 2018

 3 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 16 exécutions, mars: 12 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions