Iran Manif - Lundi, l'administration Trump a exigé que l'Iran apporte des changements radicaux à ses politiques militaires et régionales, écrit l’agence AP. La dépêche ajoute qu’en cas contraire, le régime iranien devra faire face aux « sanctions les plus sévères de l'histoire ». Washington cherche à faire monter la pression sur Téhéran après la décision du président Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire signé en 2015.

Dans un discours qui parlait d’un large éventail d' « activités malveillantes » de l’Iran en dehors de son programme nucléaire, le secrétaire d'État Mike Pompeo a appelé à la négociation d'un nouvel accord qui irait bien au-delà de l'unique objectif de celui de 2015 avec le statut d'un traité officiel. L'accord de 2015 conclu sous l'administration Obama ne concernait que le programme nucléaire et constituait plutôt un accord exécutif approuvé par l'ONU entre les parties.

Le caractère unique de cet accord résidait dans la manne de dizaines de milliards de dollars qui inondait le régime iranien et lui apportait sur un plateau d’argent des concessions à la pelle. Ce n’est pas pour rien que les mollahs ont considéré l’ère Obama comme un âge d’or. Cette fortune leur a permis de financer la guerre en Syrie et au Yémen, et de financer leurs milices en Irak. Elle leur a aussi donné carte blanche pour la répression en Iran. Si les salaires ne sont pas versés en Iran durant des mois voire des années pour certaines branches, aucun organe de sécurité n’a eu à se plaindre d’un manque.

Mais aujourd’hui la page est tournée. Le Secrétaire d’Etat Pompeo a averti que le régime en Iran va devoir affronter des sanctions sévères qui vont le faire « se battre pour maintenir son économie en vie ». L’économie étant morte et enterrée, ce qu’il va essayer de maintenir en vie, c’est sa propre existence.

Dans un article intéressant, le Washington Examiner estime que les radicaux en Iran ne cesseront jamais leurs activités régionales ; ils ne le feront pas parce que cela entrerait en conflit avec leur but existentiel.

« La clé ici, dit la tribune, est que l'ayatollah Khamenei et ceux qui sont alignés avec les théologiens conservateurs (les religieux khomeynistes et le corps des gardiens de la révolution) ne font pas ce qu'ils font au Moyen-Orient parce qu'ils peuvent le faire. Ils le font parce que la nature de leur existence l'exige. Cette croyance et les dimensions politiques qui en découlent ne changeront pas tant que la république révolutionnaire d'Iran n'aura pas cessé d'exister. »

Tom Rogan qui livre cette annalyse, écrit : « La meilleure stratégie pour le président Trump est de se concentrer sur les cinq premiers points de Pompeo et d'améliorer l'accord nucléaire. Trump devrait simultanément continuer à contester l'agression régionale iranienne d'une manière que son prédécesseur a ignorée, tout en jouant sur le long terme concernant la politique intérieure iranienne. En fin de compte, cela signifie donner à la jeune population iranienne les moyens de soutenir des éléments politiques encore plus modérés tout en s'opposant résolument aux partisans de la ligne dure. »

Maryam Radjavi, Présidente élue de la Résistance iranienne, a qualifié pour sa part de « grand pas en avant » le fait que le Secrétaire d’Etat américain ait reconnu dans son discours le soulèvement en Iran, ainsi que revendications défendues depuis 37 ans par la Résistance. « Un changement de comportement des mollahs au pouvoir aboutira inéluctablement à un changement de régime », a-t-elle affirmé avant d’ajouter qu’ « un changement démocratique en Iran est la seule solution pour les problèmes de l'Iran et la crise dans la région. » Elle s’est réjouie de la mise en place d’ »un front mondial contre la tyrannie religieuse et terroriste en Iran » qu’elle estime être « une nécessité historique pour la paix, la sécurité et la coexistence régionale et internationale ».

IRAN 
Juin 2018

 3 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions