The Hill – 28 février - Par Ali Safavi -  Depuis des jours, de vastes zones de l’ouest de l'Iran occidental sont recouvertes de poussière - littéralement. Les tempêtes de poussière ont envahi la province riche en pétrole du Khouzistan. La qualité de l'air est d'environ 30 à 60 fois au-dessous du niveau sanitaire. Les centrales électriques sont en panne ; les banques, les écoles et les bureaux sont fermés ; l’approvisionnements en eau est perturbé ; et les vols à destination et en provenance d'Ahwaz ont été annulés - y compris, et c’est paradoxale, un vol prévu pour une haute autorité du régime, chargée de l’environnement.

Faites la poussière de la pittoresque province du Khouzistan en Iran, et vous découvrirez une vérité encore plus laide. Ce qui se passe au Khouzistan illustre la politique désastreuse mise en œuvre par les dirigeants intégristes de Téhéran. Alors qu'il consacre des milliards de dollars à des conflits sectaires en Syrie, au Yémen et en Irak, le régime iranien a systématiquement négligé l'écosystème et l'économie du pays depuis 40 ans.

C'est pourquoi des milliers de personnes dans le sud-ouest de l'Iran, y compris dans sa capitale Ah<az, se sont mobilisés au début du mois pour protester. Scandant « mort à la tyrannie » et « Ahwaz est notre ville, l'air pur est notre droit », la population a dénoncé la principale vulnérabilité de ses dirigeants – une impressionnante opposition nationale.

Pendant des années, Washington a vu dans Téhéran le pire parrain mondial du terrorisme d’Etat, tout en essayant , par une logique tordue, de plaire aux mollahs. L'Occident n'a jamais pris en compte la façon dont les gouvernés voient leurs dirigeants. Le peuple iranien est aux prises avec des crises sans précédent, dévastatrices, causées par le régime au pouvoir.

Ahwaz, par exemple, a été qualifiée de ville la plus polluée au monde par l'Organisation Mondiale de la Santé. Le Khouzistan se situe dans le croissant fertile, avec plus d'un million d'hectares de terres agricoles. Des politiques destructrices, comme la construction effrénée de barrages (qui produisent d'énormes fortunes pour quelques-uns), ont provoqué l’assèchement des cours d'eau et le climat a pris une mauvaise tournure.

Pendant des décennies, les déchets industriels et les eaux usées se sont répandus dans le Karoun, le plus grand fleuve navigable d'Iran, sans la moindre réaction de l'État. Le Khouzistan est en proie à un chômage sans précédent, à la  récession, à la crise du logement et à un manque d'accès à l'enseignement.

Ajoutez un manque de services de base et une mauvaise gestion de l'environnement, et l'échec systématique des services publics, notamment l'eau et l'électricité, et vous obtiendrez des milliers de personnes dans la rue pour manifester.

Il est clair que les responsables d’une dégradation d'une telle ampleur et d'une telle tragédie ne seront ni disposés ni en mesure d'offrir de véritables remèdes. Car c'est un régime qui met davantage l'accent sur la Syrie que sur ses propres provinces.

En 2013, un ancien commandant des services de renseignements des gardiens de la révolution, les pasdaran, a déclaré : « La Syrie est notre 35ème province et c'est une province stratégique pour nous. Si l'ennemi nous attaque et cherche à prendre la Syrie ou le Khouzistan, notre priorité sera de garder la Syrie, parce que si nous gardons la Syrie, nous pourrons reprendre le Khouzistan à une date ultérieure. Mais si nous perdons la Syrie, nous perdrons la capitale, Téhéran ». 

Il n'est pas étonnant que les Iraniens, étouffant sous la poussière et le chômage, rejette les pasdaran et tout ce qu'ils représentent. Il devrait être également évident pour l'administration américaine que les pasdaran sont une entité terroriste et devraient être désignés comme telle. Les pasdaran doivent être expulsés de Syrie, d'Irak, du Yémen et des autres pays de la région pour qu’une solution aux crises régionales puisse être trouvée.

Pendant des années, certains à Washington ont naïvement espéré que de vagues « modérés » au sein du régime allaient tout résoudre. Mais même après l'accord nucléaire de 2015, le régime iranien n'a été ni capable ni désireux de résoudre la multitude de problèmes et de crises de la société iranienne. A présent, avec la mort de leur « modérée » le plus notable, Rafsandjani, les chances sont plus éloignées que jamais.

La semaine dernière, le soi-disant président « modéré », Hassan Rohani, s’est rendu au Khouzistan pour tenter de détourner la responsabilité du régime en disant que la situation catastrophique dans la province était le résultat d'une « punition divine » pour l'incapacité des habitants à promouvoir la justice et à protéger l'environnement.

Au lieu de persister dans une stratégie erronée, Washington a maintenant la possibilité de trouver un véritable partenaire dans le peuple iranien et son opposition organisée. Au nom de la sécurité américaine, les décideurs politiques doivent détacher l'avenir de Washington des extrémistes islamistes de Téhéran et se joindre au peuple iranien qui veut le changement, la démocratie et une vie meilleure.

La prochaine présidentielle du régime aura lieu en mai. En 2009, des millions de manifestants ont envahi les rues après le scrutin, malheureusement, l'administration Obama est restée silencieuse. Le ressentiment de la population est maintenant encore plus profond qu'il y a huit ans. L'administration actuelle ne devrait pas répéter la même erreur.

Washington devrait adopter une politique ferme contre le régime iranien et son bras terroriste et répressif, l’IRGC (Les Pasdarans), tout en se tenant vigoureusement debout auprès de ceux qui cherchent un véritable changement démocratique. Cette fois-ci, nous ne devrions pas rester les bras croisés et laisser la poussière s'installer en Iran.

 

Ali Safavi (@samsafavi) est membre du Comité des affaires étrangères du Conseil National de la Résistance Iranienne, qui se consacre à l'établissement d'une république démocratique, laïque et non nucléaire en Iran.

 

IRAN 
Mars 2017

42 exécutions

(Janvier: 95 exécutions - Février: 52 exécutions)

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En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions