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Iran Manif – « Le mouvement de la résistance iranienne devient aussi le mouvement de la résistance de l’ensemble des démocrates. Cette bataille de vie est une bataille humaniste du 21 e siècle. Cette résistance que vous construisez depuis plus de trois décennies, devient une résistance mondiale que nous allons mettre en œuvre ensemble avec vous, grâce à vous, mais aussi pour nous », a déclaré l’eurodéputé Robert Rochefort le 7 février à Paris.

Le vice-président du Modem s’exprimait dans une conférence internationale aux côtés de Maryam Radjavi, dirigeante de l’opposition iranienne, pour le 36e anniversaire de la révolution iranienne, et de nombreuses personnalités politiques de premier plan.  Voici les points forts de son intervention :

Quand vous avez décidé d'organiser cette réunion ici à Paris, évidemment vous ne saviez pas que les événements dramatiques qui allaient se dérouler dans la capitale française il y a maintenant un mois. Si l’on s’était vus avant ce drame, probablement que l’on aurait dit que les militants de L'Iran libre que vous êtes, l’Iran démocratique,  ont besoin du soutien des démocrates occidentaux, des démocrates européens, des  démocrates français, que vous avez besoin de notre aide et de notre compréhension.

Mais aujourd'hui les choses sont un peu différentes. A partir du moment où nous nous sommes sentis nous-mêmes touchés dans notre chair par ces attentats du mois dernier, j’ai envie de dire que nous avons aussi besoin de vous, car nous sommes maintenant dans le même bateau, nous sommes ensemble, menacés par les mêmes risques.

Je voudrais vous dire que l'horreur n'a pas de graduation, de même que le fondamentalisme sunnite ou le fondamentalisme chiite, je ne suis pas un théologien musulman, mais je ne vois pas tellement où est la différence. De la même façon, je crois que les lapidations en Iran, la barbarie de Daech avec les décapitations ou les kalachnikovs contre Charlie Hebdo, c’est la même horreur.  Je crois que nous devons maintenant combattre de la même façon et combattre le même mal.

J'ai entendu nos amis américains dire que la dictature en Iran est pire. Je ne sais pas si nous avons à graduer la terreur pour savoir qui est le pire, mais ici en France, il y a un mois, des millions de gens sont descendus dans les rues et ont pris conscience de quelque chose. Et cette chose est maintenant notre responsabilité, la nôtre et la vôtre.
Quand il s'agit comme cela de combattre l’horreur, nous avons ensemble, vous et nous, le devoir de dire que c'est la même continuité, le même continuum. Parce que si vous expliquez au peuple français que les actes terroristes du mois dernier ont la même racine que la que la dictature qu’il y a chez vous, alors cela veut dire que la solidarité du peuple français et du peuple européen, par rapport à ce qui s’est passé le mois dernier à Paris, est une solidarité qui va être possible d’étendre vers vous et vers l’Iran. Parce que dans ce monde globalisé où nous sommes de plus en plus près les uns des autres, où l'information circule, il est important que les peuples européens aient conscience et sachent ce que vivent vos frères, vos frères, vos sœurs, vos parents et tous vos amis en Iran aujourd’hui et que nous soyons solidaires tous ensemble de tout cela.

Quand il y a, comme cela s'est passé il y a un mois, 40 chefs d'Etat capables de venir en moins de 48 heures à Paris alors qu'il n'y avait pas eu de réunion internationale d’une organisation qui avait décidé que ces 40 chefs d’Etat pouvaient venir, et bien c’est une première dans le monde. Ils ont aujourd’hui un devoir. Ils ne sont pas venus uniquement pour défiler quelques minutes dans les rues de Paris. Ils sont venus pour assumer une responsabilité et une solidarité. Et quand ils se sont tenus les mains les uns les autres, ou les bras les uns les autres, ils ont marqué quelque chose dont nous avons maintenant le devoir de dire que ceci est un même fil, un fil qui part aujourd’hui du terrorisme dans les pays occidentaux, qui va en Syrie, qui va en Irak, qui au Yémen et qui va en Iran, et qui va devant le défi de la possibilité de laisser le régime iranien aujourd’hui se doter de l'arme nucléaire. Vous comprenez que ce fil, si on le tire et si on le tisse, on est probablement capable d’expliquer qu’effectivement votre combat c’est aussi notre combat.

Alors, il y a des solutions à tout cela. Ces solutions, on les connait. Elles sont celles que nous mettons dans nos charte, nous les Européens. Elles sont celles que vous mettez aussi dans vos textes, vous.  Cela s’appelle la déclaration des droits de l'homme, cela s’appelle la séparation du pouvoir politique et du pouvoir religieux, cela s’appelle l'égalité entre les hommes et les femmes, cela s’appelle la tolérance entre toutes les religions, toutes les croyances et même les absences de croyances, ou les croyances dans des philosophies qui ne sont pas forcément des religions.

Nous appelons ça en Europe, la laïcité. Mais puisque nous sommes maintenant d'accord pour dire que ces valeurs qui sont les nôtres sont aussi les vôtres. Les rendre concrètes pour demain, ça va être notre combat mutuel. Nous ne sommes plus dans une situation où c’est nous qui allons vous expliquer comment on met en œuvre toutes ces valeurs. Nous sommes dans une situation, où vous avez autant à nous dire, que nous, nous avons à vous dire, autant d’expériences à partager de votre côtés et du nôtre pour faire ensemble que nous mettions des mots concrets et des réalisations concrètes derrière ces valeurs là pour construire le monde de demain.

Je crois même d’ailleurs en tant qu’Européen, j'ai plutôt honte de ce que au niveau européen nous n’arrivons pas à faire. J’ai honte de ce que ces 28 pays n’arrivent pas à avoir non seulement une politique efficace et cohérente mais même un discours efficace et cohérent au-delà de quelques déclarations de principe qui sont évidement importantes sur les droits de l’homme mais qui ne sont évidement pas suffisantes.

Autrement dit, une fois encore, notre combat est absolument le même. Alors le mouvement de la résistance iranienne devient aussi le mouvement de la résistance de l’ensemble des démocrates, de l’ensemble des citoyens, de l’ensemble des hommes et des femmes. Cette bataille qui est pour vous une bataille de vie, essentielle, mais qui est aussi tout simplement une bataille humaniste du 21 e siècle. Ce qui se passe encore chez vous c’est un drame mais c’est aussi le moment de l’intelligence, le moment du courage, le moment de l’unité entre nous. Cette résistance que vous bâtissez, que vous construisez depuis plus de trois décennies, devient une résistance mondiale que nous allons mettre en œuvre ensemble avec vous, grâce à vous, pour vous, mais aussi pour nous.