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Iran Manif - A force de chercher désespérément à mettre un sparadrap au doigt des mollahs depuis le retrait américain de l'accord nucléaire, les Européens n'entendent pas monter les plaintes de la population en Iran qui, elle, souffre d'une véritable hémorragie.

Certes, le régime de Téhéran vient de subir un revers. Après de longues années de concessions et de complaisance occidentales qui lui ont accordé une vie assez longue pour occuper plusieurs pays de la région - Syrie, Irak, Liban, Yémen - voilà qu'à nouveau les robinets se coupent. Avec la levée des sanctions, l'administration Obama avait arrosé les mollahs d'une manne d'au moins 100 milliards de dollars en cash et l'Union européenne avaient suivi avec beaucoup moins, mais en milliards d'euros tout de même.

C'est cela le gros bobo dont vient parler Zarif, le ministre des Affaires étrangères de la théocatie dans sa tournée européenne. Et c'est autour de cela que s'agitent les chancelleries croyant perdre une opportunité économique, alors que leur assistance n'a fait que renforcer la crise.

Or il serait bon qu'elles jettent un œil et tendent les deux oreilles du côté de la population en Iran, le fameux marché de 80 millions de consommateurs qui n'ont pas vu l'ombre d'un de ces dollars.

Où sont passé les dollars de l'accord ?

L'afflux de liquidités a permis au contraire d'assurer le financement annuel en milliards de dollars de la guerre en Syrie, du Hezbollah du Liban, des milices cruelles en Irak et des Houthis au Yémen. Il a aussi permis de maintenir le carcan de la répression sur la société iranienne avec en 2016 quelque 553 exécutions et en 2017 quelque 544 pendaisons en Iran, sans parler des campagnes féroces contre les femmes et les minorités ethniques et religieuses.

L'accord nucléaire, de par ses concessions indues, a donné carte blanche aux mollahs pour massacrer à qui mieux mieux... dans le pieux silence de l'Occident, accroché au crédo surexploité d'un illusoire changement généré depuis l'intérieur de la dictature. Cela fait 39 ans qu'il est attendu.

Grèves et protestations

Or l'Iran craque de partout. Depuis le soulèvement de décembre et janvier, les protestations économiques et politiques n'ont pas cessé. Les dernières en date : des centaines de commerces ont fermé au Bazar de Téhéran le 14 et 15 mai pour protester contre la chute vertigineuse de la monnaie iranienne qui s'échange à 8000 tomans pour un dollar. En avril la devise nationale a perdu un tiers de sa valeur et continue sa descente aux enfers.

Les salariés des grandes entreprises et des PME sont en grève, les salaires n'ont pas été payés depuis des mois, voire des années. On peut citer les employés de la compagnie Hepco, le plus grand fabricant de machines-outils du Moyen-Orient, les employés des chemins de fer de Machad, les ouvriers des barrages comme celui de Gatchsaran et les ouvriers de la canne à sucre de Haft-Tapeh.

Le 10 mai, les enseignants ont manifesté dans des dizaines de villes pour réclamer un salaire aligné sur ... le seuil de pauvreté, car ils ne touchent qu'un quart de ce seuil.

Les villes de la frontière du Kurdistan iranien avec l'Irak sont en grève depuis près d'un mois, avec Baneh en tête, réclamant la réouverture de cette veine jugulaire du commerce. Les commerçants sont aussi pris à la gorge par la chute du toman.

Les agriculteurs d'Ispahan continuent de réclamer le droit à l'eau. Les étudiants protestent contre la privatisation de l'enseignement et le prix exorbitant des études, à la manière d'un nouveau racket.

Et chaque jour le pays est ponctué de manifestations des épargnants spoliés par les banques officielles des gardiens de la révolution qui ont siphonné leurs économies, en toute impunité.

Pour les Iraniens, l'accord nucléaire n'a pas plus de valeur que leur première pistache. Le problème essentiel, comme le disent si bien les murs de toutes les villes, grandes et petites, c'est ce régime. "A bas Khamenei" lit-on à droite et à gauche. "L'accord nucléaire a disparu, ce régime le suivra bientôt" ajoutent d'autres mains.

L'alternative

La crise n'est pas seulement économique, elle est profondément politique. Tout un peuple asphyxié appelle à un changement de régime et contrairement aux autres pays du Moyen-Orient, il existe une alternative démocratique en Iran, profondément enraciné dans la société et qui a fait trembler la dictature en janvier. L’alternative, le CNRI est un parlement en exil avec un programme en 10 points présenté de longue date. Faisant une large place aux femmes - plus de la moitié des membres de ce parlement en exil - il s'appuie sur sa présidente élue Maryam Radjavi pour défendre ce programme sur la scène internationale en faveur d'un Iran libre, démocratique, avec la séparation de la religion et de l'Etat demain et l'égalité des femmes.

Ce programme sera présenté le 30 juin au parc des expositions de Villepinte en présence de dizaines de milliers d'Iraniens et de centaines de personnalités politiques, en soutien au soulèvement en Iran.

Les mollahs qui redoutent plus que tout cette alternative, ont tout fait pour l'éliminer physiquement - 120.000 exécutions politiques - en vain, et la diaboliser par le biais de ses lobbies.

Les Européens feraient mieux de demander des comptes à ce régime sur où est passé l'argent de l'accord nucléaire et sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre qu'il ne cesse de commettre. Ce serait pour une fois se mettre du côté des Iraniens mais aussi à toute cette région que les mollahs ont mis à feu et à sang.

 

IRAN 
Septembre 2018

  29 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions, juillet: 40 exécutions, aout : 28 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions