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Dailycaller.com - Par Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien - Ayant eu le privilège de servir à la tête de divers ministères, je peux témoigner sur les problèmes majeurs du Moyen-Orient. En particulier, j'ai vu de mes propres yeux l'Iran d'hier et d'aujourd'hui, et j'ai un certain sens de son avenir.

Après le rétablissement de la souveraineté nationale en Algérie en 1962, j'ai eu l'occasion de servir l'intérêt public en jouant un rôle de premier plan en matière de politique énergétique, de diplomatie et, enfin, en tant que premier ministre. Dans ces diverses fonctions, j'ai été en contact avec les principaux pays arabes et musulmans et en particulier avec l'Iran avant et après sa révolution.

J'ai visité le pays en septembre 1968 et j'ai rencontré le chef de la compagnie pétrolière iranienne, l'ancien premier ministre Manouchehr Iqbal. Au cours de cette visite, j'ai clairement senti l'insatisfaction du peuple iranien face à la situation et au régime.

J'ai vu le chah pour la première fois lors du sommet extraordinaire de l'OPEP qui s'est tenu à Alger, le 15 mars 1975.

Lors d'une session spéciale réservée aux chefs d'État, le chah s'est exprimé et a donné un large aperçu du statut et des réalisations de son pays, glorifiant les « grandes réalisations » qu'il avait accomplies dans divers domaines économiques, militaires et autres. Il a poursuivi en concluant : « En 1980, l'Iran deviendra la quatrième, voire la troisième puissance industrielle et militaire du monde entier » (sic)... Les despotes, dans leurs derniers instants, croient toujours sincèrement à leurs propres rêves fantastiques.

Par la suite, Alger a accueilli favorablement la révolution du peuple iranien, a développé ses relations avec le nouveau régime et lui a fourni de précieux services. Notamment, les Algériens ont travaillé dur pour aider à résoudre la crise des otages américains à Téhéran, et dans la guerre Iran-Irak, nous avons adopté une position de neutralité.
En tant que ministre des affaires étrangères, je me suis rendu à Téhéran en février 1990 et j'ai rencontré Rafsandjani, le ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati et de nombreux autres, comme le guide suprême Ali Khamenei.

Cependant, dans les années 1980 et au début des années 1990, nous avons constaté que le régime des mollahs commençait à apporter un soutien militaire, financier et politique au terrorisme dans notre pays. Je suis toujours étonné que le régime des mollahs ait persisté dans de telles pratiques de coups bas après leur dénonciation. L'engagement de Téhéran en faveur de l'extrémisme et son parrainage du terrorisme a été consigné dans les procès-verbaux des réunions et des débats qui ont eu lieu, par exemple, entre Abbas Madani, le dirigeant du Front islamique du salut en Algérie, et Khamenei et Rafsandjani, lors de sa visite à Téhéran en 1991.

C'est à ce moment que nous avons décidé de rompre les liens avec le régime des mollahs. Malheureusement, les relations ont été rétablies neuf ans plus tard, et nous constatons aujourd'hui que le régime des mollahs s'efforce à nouveau de recruter des jeunes dans notre pays.

C'était l'Iran d'hier et d'aujourd'hui. Mais avançons rapidement vers l'avenir.

J'ai vu dans les vidéos sont sorties d'Iran ces derniers mois que les gens qui sont mécontents des actions du régime sont audacieux et ne craignent pas la mort, et qu’ils contestent le pouvoir dans les rues d’Iran.

Ce courage n'est pas une coïncidence, mais le résultat d'une lutte difficile qui a coûté la vie à plus de 120 000 membres de la résistance iranienne. Cette année marque le 30e anniversaire d'un massacre commis en 1988 contre 30 000 prisonniers politiques qui étaient membres et partisans du principal mouvement d'opposition, les Moudjahidine du peuple d’Iran, l’OMPI. Les victimes se sont sacrifiées pour la liberté et la démocratie, et cet héritage a récemment commencé à porter ses fruits dans la rue iranienne.

Le régime au pouvoir n'a pas réussi à éliminer la dissidence et l'opposition, même après des années de massacres, d'exécutions, de guerre psychologique et de campagnes de désinformation contre l'opposition organisée. La résistance est restée active et influente, car elle travaille à l'intérieur de l'Iran depuis des années pour construire le solide réseau national qui a rendu possible les récents soulèvements dans l’ensemble du pays. Les membres de la résistance, en particulier l’OMPI, travaillent aussi activement à l’étranger dans divers forums et parlements et avec des décideurs et des auteurs, pour expliquer la réalité de leur pays et présenter les positions de la résistance et ce qu'elle espère réaliser.

La résistance, dirigée par une femme musulmane démocrate, Mme Maryam Radjavi, tient sa conférence générale annuelle à Villepinte dans le nord de Paris depuis plus d'une décennie, et les derniers événements ont impliqué la participation de plus de 100 000 personnes et de centaines de politiciens. La conférence de cette année aura lieu le 30 juin et devrait être plus importante que les précédentes.

Cette représentation, qui reflète le soulèvement populaire en Iran et les activités internationales en sa faveur, donne une image de l'avenir émergent de l'Iran. Un Iran libre, où les droits de tous les citoyens sont garantis.

Après avoir traité de la situation iranienne pendant un demi-siècle, j'ai le sentiment que la longue odyssée du peuple iranien touche à sa fin. Il atteindra la liberté en résistant à la dictature actuelle comme il l'a fait avec le régime du chah, et facilitera le changement démocratique qu’il réalisera avec la résistance.

Sur les ruines de toutes les formes de dictature, l'Iran sera une oasis de liberté et de démocratie, un milieu de sécurité et de fraternité, servant les intérêts du peuple iranien et construisant une amitié pacifique avec ses voisins et tous les pays du monde.

Sid Ahmed GHOZALI est un ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères d'Algérie

IRAN 
Septembre 2018

  29 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions, juillet: 40 exécutions, aout : 28 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions