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Interview d’Afchine Alavi sur la chaine suisse Leman Bleu, émission « Genève à chaud », 26 février - 2013

Pascal Decaillet : Nous allons parler de l'Iran. Nous avons le plaisir de recevoir dans quelques instants le porte-parole du Conseil national de la Résistance iranienne. Vous connaissez M. Alavi, nous l'avons eu plusieurs fois dans cette émission. Demain, la présidente du Conseil national de la résistance iranienne Mme Radjavi, sera reçue par le Maire M. Rémy Pagani, ainsi que par le président du conseil municipal genevois Jean-Charles Rielle. On va parler de l'Iran, on va parler du camp Liberty. Ils ont eu une attaque, ils en craignent d'autres. On reviendra sur Achraf bien sûr et puis on reparlera des composantes multiples de la résistance iranienne si complexe, depuis plus de 30 ans que le régime théocratique est au pouvoir.

 Afchine Alavi : merci pour cette invitation et l'occasion que vous me donnez pour parler des choses qui me tiennent à cœur.

Question : M. Alavi, pour ceux qui ne connaitraient pas le Conseil national de la Résistance iranienne, il existe depuis quand ?

Il existe depuis juin 1981, c'est une coalition qui rassemble cinq partis politiques, dont les Moudjahidine du peuple qui est la force la plus importante, également beaucoup d'intellectuels, et il est géré comme un parlement de la résistance avec 500 membres, dont 52% sont des femmes.

Question : Intéressant, cela fait peser au conseil national de la résistance pendant l'occupation de la France par l'Allemagne, Jean Moulin, c'était votre modèle ? Au début du régime des mollahs, 79-81, vous vous êtes constitué très vite ...

Ce n'est pas un hasard si le Conseil national de la résistance iranienne s'appelle ainsi. Il s’est inspiré du Conseil national de la résistance française qui est certainement une référence. Justement les dirigeants de la Résistance iranienne, M. Massoud Radjavi, Mme Maryam Radjavi représentent pour le peuple iranien précisément ces leaders qui veulent mener l'Iran vers la démocratie et la liberté.

Question : Vous le disiez vous-mêmes, cinq grandes composantes dont les fameux Moudjahidine du peuple dont on parle tant, mais qui ne sont pas seuls dans votre conseil. Au début des années 80, au début du pouvoir de l’ayatollah Khomeiny, à l'époque juste après la chute du chah, est-ce qu'il était simple de fédérer des mouvements qui n'étaient pas nécessairement amis ?

En réalité au début c'était plus facile même en raison du fait que le régime dictatorial religieux de Khomeiny, n'avait encore pu imposer toutes les infrastructures de la répression. Mais plus tard c'est devenu difficile parce que le prix qui a été fait payer aux résistants a été très lourd. Des familles entières ont été décimées. En plus de trois décennies il y a eu plus de 120.000 membres de la résistance qui ont été tués.

Questions : y compris à l'étranger ?
Il y a eu également des personnes qui ont été assassinées, des membres de la résistance à l'étranger notamment le plus connu qui est Kazem Radjavi, le beau frère de Mme Radjavi, qui a été assassiné près de Coppet.

Question : On se souvient très bien, il était passé par Genève, Kazem Radjavi. Alors votre présidente, la belle-sœur de Kazem Radjavi, Mme Maryam Radjavi, sera demain à Genève, elle rencontre M. Pagani, le maire, M. Rielle, le président du conseil législatif, municipal. C'est important pour vous ? C'est une rencontre symbolique ou c'est plus que ça ?

C'est une rencontre certainement symbolique, mais on attend beaucoup plus que cela. M. Rielle et M. Pagani ont été très actif sur la question de la défense du camp d'Achraf et de Liberty, comme M. Barthassat. Et justement nous attendons que ce soutien, parce que Mme Radjavi sera l'hôte du maire demain,  que ce soutien puisse nous aider à alerter l'opinion et particulièrement à pousser l'ONU et notamment le HCR qui a une entière responsabilité sur la protection des 3100 membres de la résistance iranienne dans le camp Liberty en Irak, qui a été attaqué récemment , et nous comptons sur cet appui pour essayer  de les protéger, notamment en les ramenant dans le camp d'Achraf où ils seront mieux protégés, dans ce camp qui est leur demeure.

Question : alors ces deux camps, Liberty et Achraf, on en parle souvent. il y a des très souvent le dimanche des sit-in, des manifestations, sur la place des Nations près de la fameuse chaise. Liberty est un camp de réfugiés iraniens mais qui se trouve sur territoire irakien. Est-ce que selon vous les autorités irakiennes protègent suffisamment d'attaques éventuelles les gens qui sont dans le camp ?

Absolument pas. Vous vous souvenez peut-être de l'historique, vous avez développez souvent l'information sur Achraf. Depuis un an, sous l'impulsion du gouvernement irakien et du régime iranien et également un peu la responsabilité des Américains, on a obligé et poussé les habitants d’Achraf à déménager dans un camp dit de transit provisoire ...

Question : qui s'appelle Liberty. 

... Qui s'appelle Liberty. Qui est une ancienne caserne américaine désaffectée qui se trouve près de Bagdad. Or ce lieu, que l'ONU cautionne comme un endroit adapté, est en fait 80 fois plus petit qu'Achraf. C’est un endroit où il n'y a aucune protection, où les gens habitent dans des bungalows comme dans un camp de concentration, qui sont en bois, et le moindre projectile, la moindre attaque fait des carnages, ce qui est survenu le 9 février justement. Il y a eu 40 roquettes qui ont été tirées. Sept personnes, dont une femme, sont mortes, et 100 personnes ont été blessées gravement.

Question : Et les attaquants viennent du territoire iranien pour bombarder des camps sur territoire irakien, pour qu'on comprenne bien.

Et avec la protection d'une certaine police irakienne

Question : Qui sont chiites, c'est ça ?

Qui sont liés au gouvernement de Maliki, le gouvernement en place, qui est totalement inféodé au régime de Téhéran, et qui a préparé cette attaque et en même temps, après l'avoir fait - et nous avons des informations précises là-dessus, comment ça c'est réalisé - ce sont des éléments des gardiens de la révolution sous la  protection de la police irakienne qui ont attaqué. Le gouvernement irakien en apparence a condamné, mais il a facilité cette attaque, mai en même temps il dit qu'il ne peut pas protéger. D’un autre côté, ceux qui ont revendiqué l'attaque, qui est une émanation de la force spéciale Qods des gardiens de la révolution, vient de dire aujourd'hui que nous allons encore attaquer. Donc il n'y a aucune protection valable, on est sûr que ça va recommencer.

Question : donc vous avez cette épée de Damoclès d'une deuxième attaque du camp Liberty par les forces iraniennes. Que représente pour vous, parce que nous sommes à Genève, vous êtes basés à Paris, vous êtes porte-parole de la résistance iranienne, que représente la place de Genève au fond dans les négociations, dans votre cœur et dans la vision que vous avez du monde ?

Vous savez Genève, non seulement par le soutien des citoyens genevois et également des élus genevois. Nous avons été très réconfortés dans ce combat. Parce que l'ONU se trouve à Genève, nous pouvons porter cette voix auprès des instances de l'ONU. Or l'Onu et particulièrement le HCR, en raison du fait que les personnes qui sont à Achraf et Liberty sont des personnes protégées, sont des demandeurs d’asile et sous la protection du HCR. Donc nous pouvons mieux aujourd'hui nous faire entendre par le biais des infrastructures existantes à Genève et avec le soutien des personnalités, des élus et des citoyens qui sont ici et qui sont à l'écoute de cette résistance et de ses souffrances.

 http://www.lemanbleu.ch/vod/geneve-a-chaud-26022013

 

IRAN 
DECEMBRE 2019

 29 exécutions

Soulèvement national

1500 manifestants tués

4000 blessés

12.000 arrestations

dans 191 villes insurgées

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions; Octobre: 23 exécutions; Novembre: 15 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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