Share this post

Submit to DeliciousSubmit to DiggSubmit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to StumbleuponSubmit to TechnoratiSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

PAR NASSER KARIMI, Associated Press

TEHERAN, Iran – Les médias gouvernementaux ont signalé lundi que les organismes de contrôle iraniens ont bloqué les biens d’un grand magnat accusé d’avoir échafaudé une fraude bancaire de 2,6 milliards qui a été décrite comme la plus grande escroquerie de corruption de l’histoire iranienne.

L’enquête pourrait aussi s’étendre sur les luttes internes de pouvoir entre le président Mahmoud Ahmadinejad et les mollahs au gouvernement. Le suspect – identifié par le journal ultra Kayhan comme le magnat milliardaire Amir-Mansour Aria – est considéré comme lié au soi-disant « flux pervers » des alliés d’Ahmadinejad, cibles d’arrestations et de mesures de répression de la part dirigeants d’Iran.

Les autorités affirment que la fraude supposée consistait en l’utilisation de faux documents pour obtenir un crédit dans une des plus grandes institutions financières d’Iran, la Banque Saderat, d’acheter des actifs, y compris dans les entreprises publiques dont le plus grand producteur d’acier Khouzistan Steel and Co.

Un analyste économique de Téhéran, Saïd Leilaz, a déclaré à Associated Press que ce prétendu complot avait employé l’argent pour opérer « une privatisation avec l’argent du gouvernement ».

Cette affaire « indique une vaste corruption dans un vaste réseau», a-t-il dit.

« C’est la plus grande affaire de corruption financière sans précédent de l’histoire » de l’Iran, a déclaré Mostafa Pour Mohammadi, chef de l’unité des enquêtes judiciaires, après la publication des premiers détails de l’affaire la semaine dernière.

Ce prétendu réseau a également bénéficié de l’aide des employés de la banque et quelques suspects ont été arrêtés, a annoncé le ministre du Renseignements Heidar Moslehi à la chaîne de télévision gouvernementale lundi. Il s’est engagé à pourchasser et récupérer le montant de la fraude présumée, qui s’élèverait d’après les autorités au moins à 2,6 milliards.

 Selon les médias, cette fraude présumée a commencé en 2007, mais avait augmenté ces derniers mois. La semaine dernière, Mohammad Jahromi, PDG de la Banque Saderat, a révélé que la banque avait découvert la fraude présumée début août et en avait informé les autorités de la sécurité et judiciaires.

L’empire commercial d’Aria compte plus de 35 entreprises allant de la production d’eau minérale au club de football et à l’importation de viande du Brésil. Il n’y a pas eu de réponse directe aux appels à son siège lundi.

Le journal Kayhan, qui reflète souvent le point de vue des mollahs au pouvoir en Iran, a déclaré qu’Aria entretient des liens avec le meilleur allié d’Ahmadinejad, Esfandiar Rahim Masha’i. Les conservateurs accusent Masha’i et d’autres d’essayer de défier l’autorité de la théocratie iranienne. Des dizaines d’alliés d’Ahmadinejad ont été arrêtés le mois dernier dans des mesures de répression qui ont effectivement anéanti l’avenir politique de Masha’i, qui était considéré comme un successeur possible d’Ahmadinejad en 2013.

L’influent député Ahmad Tavakkoli a demandé au parlement de convoquer le ministre des Finances Chamseddine Hosseini et le gouverneur de la banque centrale pour les interroger sur cette affaire de fraude.

Au cours de ces derniers mois, les médias iraniens ont rapporté d’importants cas de fraudes dans les systèmes bancaires et les agences gouvernementales. L’année dernière, les députés conservateurs iraniens ont accusé le premier adjoint d’Ahmadinejad, Mohammad Reza Rahimi, d’avoir signé de faux documents financiers. Rahimi a nié ces accusations.

En 2008, le pays a mis fin à son plus grand cas de fraude quand une cour d’appel a condamné un homme d’affaires iranien et un ancien conseiller de la commission économique du parlement à 11 ans de prison et à une amende de 145,8 millions de dollars pour corruption.

(Traduit de l'original en anglais)

http://www.mercurynews.com/breaking-news/ci_18876706