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Par Ramesh Sepehrad - Depuis décembre 2017, l'Iran a connu plus de manifestations, de grèves, de sit-in et de soulèvements contre le pouvoir que tout autre pays au monde. Selon les indicateurs, l'Iran est en pleine révolution, et maintenant le débat est en train de passer de savoir si le régime théocratique tombera à quelle alternative, s'il y en a une, viendra ensuite ? Un groupe d'opposition iranien, les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), est au centre de ce débat, tant de la part de ses détracteurs que de ses partisans dans le paysage politique iranien.

Compte tenu de son histoire de persévérance, de son statut international, de son réseau qui s'étend profondément dans la structure de sécurité nationale du régime, de sa capacité organisationnelle et politique d'influencer la politique en Iran et la formulation de la politique étrangère, une brève évaluation de l'OMPI est nécessaire pour mieux évaluer la conversation "et après".

Qui est l'OMPI et que représente-t-elle ?

L'OMPI a été créée il y a plus d'un demi-siècle et de l'avis général, c'est la plus ancienne organisation politique de l'histoire contemporaine de l'Iran, ayant survécu à la fois à la dictature du chah et, aujourd'hui, à la théocratie.

Quel que soit l'opinion vis-à-vis du groupe, personne ne peut fournir un compte rendu complet de l'histoire politique contemporaine de l'Iran sans faire référence à l'OMPI. C'est le seul groupe ayant une expérience avérée dans la gestion d'une organisation entièrement bénévole, et son réseau de soutien s'étend sur plusieurs continents. C'est la seule organisation du Moyen-Orient qui possède plus de trente ans d'expérience historique dans la pratique de la notion de pleine égalité entre les hommes et les femmes dans ses rangs. Il s'agit du seul mouvement politique au monde dont les deux tiers des membres sont des hommes, mais qui demeure sous la direction d'un conseil élu entièrement féminin.

L'organisation a réussi à mobiliser diverses campagnes internationales pour lutter contre son inscription sur les listes du terrorisme et a remporté tous ses procès aux États-Unis et en Europe depuis 2012 (Varasteh, 2015).

La prochaine étape ? L'affaire Kazeroun

Alors que les protestations radicales se sont propagées dans diverses villes d'Iran, en particulier à Kazeroun, dans la province de Fars [Tableau 2], les principaux médias iraniens, comme Keyhan, qui entretient des liens directs avec le bureau du Guide suprême de l'Iran, ont souligné le rôle de l'OMPI dans l'accélération des troubles. Dans un discours télévisé, Ali Akbar Raafipour, professeur d'université pro-Khamenei, a admis que les protestations de Kazeroun n'avaient eu besoin que de "deux membres" de l'OMPI pour se radicaliser.

Dans un face-à-face entre la population et le régime qui a duré des semaines, les manifestants ont fait preuve d'une discipline impressionnante, collectant des informations en direct et les diffusant par le biais de divers médias ligne, malgré les fortes restrictions pesant sur Internet. Plus bouleversant encore, les manifestants de Kazeroun ont fait explicitement référence à l'héritage de résistance armée de l'OMPI à Téhéran en criant "méfiez-vous du jour où nous prenons les armes", alors que les forces de sécurité du régime avaient ouvert le feu sur eux, blessant et tuant des dizaines de personnes. Les manifestants non armés, en particulier les jeunes, pas découragés par les balles du régime, ont pu prendre le contrôle de la ville de Kazeroun pendant deux jours.

En analysant les clips vidéo, les photos et les témoignages de ceux de Kazerun, la ville était unie et défiante dans sa résistance aux attaques sanglantes du régime. Le Bazar de Kazeroun, les écoles et les lieux de travail se sont joints par solidarité aux manifestations de rue et se sont mis en grève. Le 21 avril 2018, les protestations de Kazeroun avec des messages et des slogans radicaux et l'incapacité des forces de sécurité locales de réagir, ont atteint de nouveaux sommets, forçant le premier adjoint de Rohani, Eshaq Jahangiri, à dire : Il faut s'occuper du problème de Kazeroun, il n'est pas acceptable que chaque jour les gens affluent dans les rues de différentes villes... Ces problèmes ne devraient pas conduire à une crise et devenir un exemple ... Nous ne devrions pas permettre que ces problèmes deviennent pour nous des défis politiques, sociaux et de sécurité. Le 16 mai, des milliers de manifestants sur la place principale de Kazeroun se sont rassemblés devant le bureau du gouverneur en criant "notre ennemi est ici, mais ils continuent accuser les Etats-Unis".

La réaction rapide des responsables de l'ONU, des gouvernements américain et européens en soutien aux manifestants à Kazeroun a également mis le régime en garde contre le fait que le monde entier regardait très attentivement.

Le 24 juin, les protestations ont commencé à Téhéran par un appel à la grève, suivi de la fermeture du bazar et des manifestations de rue et d'une marche sur le Parlement. Comme à Kazeroun, les manifestants ont riposté avec des pierres aux attaques des forces de sécurité. Selon des témoins, en l'espace de deux heures, le slogan "A bas les prix élevés" est devenu "A bas le dictateur". Encore une fois, les empreintes de l'OMPI peuvent être vues dans la protestation de Téhéran. Les responsables de la sécurité iranienne disent "qu'ils ont des preuves tangibles comme quoi les manifestations ont été dirigées depuis l'étranger. De nombreux émeutiers arrêtés dans les troubles ont été formés par l'OMPI." La ville de Kazeroun a clairement donné un nouvel exemple à d'autres villes, plus spécifiquement à la capitale, Téhéran.

L'OMPI : un partenaire pour le changement ou une menace ?

Pas un jour ne s'est écoulé depuis le soulèvement national de décembre dernier et les protestations et grèves quotidiennes qui ont suivi à travers l'Iran, sans que l'OMPI n'ait été mentionnée, négativement ou positivement, tant dans les médias officiels iraniens, que dans certains médias étrangers. Mis à part les médias d'Etat qui considèrent évidemment le groupe comme un ennemi, l'OMPI a été dépeinte comme un partenaire ou une menace, et pratiquement rien entre les deux.

Au début des années 1990, une nouvelle tactique visant à diaboliser et à discréditer l'OMPI a été conçue par le ministère du renseignement et de la sécurité de la République islamique d'Iran (Vevak). Selon la Division fédérale de recherche de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, "après la guerre du Golfe persique de 1991 contre l'Irak, le VEVAK a fait de la guerre psychologique anti-OMPI l'un de ses principaux objectifs, mais l'OMPI est néanmoins restée une organisation viable. Utilisant une approche à la manière du KGB, le régime iranien s'est concentré polluer et embrouiller l'esprit des Iraniens, tant dans le pays qu'à l'étranger, pour s'établir comme "le moindre des maux".

Le Vevak et une multitude de ses ramifications semi-gouvernementales ou non gouvernementales se sont ensuite attelés à l'élaboration de récits ciblés et de points de discussion visant à discréditer les rivaux du régime. L'analyse précédente de ces récits révèle également leur niveau de sophistication. Ailleurs, les mentions de l'OMPI, et la menace qu'elle représente, figurent dans leurs débats comme une totale incohérence. La même analyse montre également que ces récits ont été massivement propagés par le biais de divers canaux du Vevak et répétés par une poignée de figures et de groupes d'opposition exilés, y compris des publications dans divers médias occidentaux bien connus. La majorité des Iraniens considèrent les membres de l'OMPI comme le "meilleur" de l'Iran. Là où les points de vue divergent, c'est en ce qui concerne la direction de l'OMPI. Plus précisément, ceux qui ont appris à connaître l'OMPI directement ou indirectement, à travers les récits du régime actuel ou de l'ancien régime (monarchiste), s'opposent régulièrement au groupe et les considèrent comme une menace. D'autre part, ceux qui ont travaillé directement, se sont engagés et ont interagi avec le groupe par le biais de parents ou d'intermédiaires considèrent l'OMPI comme un "partenaire". Cela pourrait expliquer pourquoi l'opposition au groupe et l'opinion généralement négative à son égard est souvent fondée sur des affirmations superficielles et, très rarement, sur des faits.

En 1997, la campagne du Vevak contre l'OMPI a pris de l'ampleur. Plus les arguments étaient répétés par diverses personnes ou médias, plus ils semblaient crédibles et plus difficiles à réfuter. C'était une tactique intelligente pour transformer un mensonge en fait, par une simple répétition. La diffusion des contenus provenant du régime a dépassé la capacité de réaction de l'OMPI. La campagne anti-OMPI du régime s'est également accompagnée d'un intense effort de lobbying en Occident pour créer une image plus douce de la République islamique d'Iran, inaugurant ainsi l'ère du mouvement de réforme entamé avec Mohammad Khatami. En octobre 1997, l'administration Clinton, dans ce que le Los Angeles Times qualifiera de "geste de bonne volonté envers Téhéran", a inscrit l'OMPI sur la liste noire des organisations terroristes étrangères (FTO), comme l'exigeait Téhéran.

On peut soutenir que toute la stratégie du régime contre l'OMPI s'est pleinement concrétisée en 1997. En bref, le souci de Téhéran de discréditer le groupe est prédit par leur rivalité politique qui dure depuis des décennies. Mais la question demeure : pourquoi existe-t-il un débat aussi fervent sur l'OMPI parmi les groupes en exil ?

L'exemple le plus frappant est celui du fils du chah déposé, Reza Pahlavi. Pour les Iraniens, le manque de compétence politique et d'organisation efficace de Pahlavi, sa lignée monarchique et ses tentatives saisonnières de leadership (le dossier montre qu'il fait principalement le tour des médias pendant les fêtes persanes et chaque fois qu'il y a un soulèvement en Iran) a longtemps indiqué son insignifiance politique. Sans parler de l'association et de la collaboration passées des monarques Pahlavi avec les ancêtres idéologiques et politiques de la théocratie au pouvoir, comme dans le coup d'État de 1953 soutenu par la CIA contre le gouvernement démocratique de Mohammad Mossadegh, qui continue d'être un point sensible pour les démocrates et révolutionnaires iraniens.

Néanmoins, dans son récent entretien, Pahlavi a déclaré qu'il "promeut une révolution démocratique [en Iran]", sur le modèle de la théorie du changement social non-violent de Gene Sharp. La théocratie iranienne a démontré la volonté et la capacité de survivre à tout prix. L'idée de Pahlavi qu'ils abandonneront le pouvoir dans une révolution non-violente semble être au mieux une proposition farfelue. Dans la même interview, Pahlavi dit qu'il ne vise pas le trône et qu'il n'a "aucune ambition personnelle autre que d'aider à libérer le peuple iranien des mollahs". Cependant, il déclare que "s'il fallait choisir entre ce régime et l'OMPI" les gens choisiront probablement les mollahs".

Alors que ce refrain est commun parmi les experts de la diaspora, il est encore plus confus dans le cas d'une figure de l'opposition qui parle de construire des ponts et d'entretenir l'unité parmi les Iraniens. Pourquoi dénigrer ainsi un autre groupe d'opposition que le régime considère comme son principal rival ? Tout simplement parce que Pahlavi est un prétendant et non un concurrent sérieux lorsqu'il s'agit de s'opposer au régime iranien. C'est un autre exemple de son manque total de perspicacité politique et de ténacité en matière de leadership.

Représailles historiques

Le discours politique sur l'OMPI est souvent embourbé dans une haine aveugle, injustifiable ou très mal placée, ainsi que dans des récits superficiels. Par exemple, une question qui continue à occuper l'antenne est "pourquoi l'OMPI s'est-elle rangée du côté de Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Iraq ?" De telles allégations sont un indicateur de partialité, car elles proviennent du régime iranien et ont été propagées par lui. L'absence de fondement de ces allégations est renforcée par le fait qu'aucune preuve crédible n'a fait surface, 15 ans après la chute de Saddam, pour étayer ces allégations. L'OMPI, dont le seul lien avec l'Irak était leur refuge sur le sol irakien, n'y ont plus aucune présence physique. Sans aucune enquête ni étude objective des publications et déclarations historiques de l'OMPI qui expliquent la situation intérieure, extérieure et géopolitique dans laquelle l'organisation a dû transférer son siège en Irak en 1986, ce genre d'allégations ne sont que des représailles, qui reposent sur un compte rendu biaisé de l'histoire.

Ces formes de représailles historiques ne concernent pas uniquement l'OMPI. Le Congrès national africain (ANC) a été rencontré la même chose au cours de sa lutte contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud. Selon l'histoire de l'ANC en exil rédigée par Stephen Ellis, "la relation en exil en constante évolution entre l'ANC et le Parti communiste sud-africain a été une source constante de frictions et d'intrigues". Dans le cas de l'Afrique du Sud, après la chute du régime de l'apartheid, la nation a eu le courage de tenir la Commission Vérité et Réconciliation pour faire la lumière sur les faits entourant l'ANC.

Pour l'OMPI, ou tout autre groupe d'opposition politique, ce jour est encore à venir. Entre-temps, l'OMPI et ses alliés sont confrontés à la tâche redoutable de se frayer un chemin à travers la campagne de diffamation sur plusieurs fronts menée contre eux. Non seulement le volume d'allégations, pour la plupart répétées et non fondées, nuit à leur temps et à leurs ressources dans le cadre d'une guerre stratégique, mais ils sont rarement invités à parler des accusations qui leur sont faites. Alors que la plupart des arguments diabolisant en circulation peuvent être directement rattachés au Vevak ou à des "rapports d'enquête" mettant en vedette une diffusion régulière d'anciens membres liés au Vevak, très peu de place a été faite dans les médias populaires pour que l'organisation puisse s'exprimer à son tour.

En 2011, une évaluation indépendante de l'ambassadeur Lincoln Bloomfield, qui était auparavant sous-secrétaire d'État adjoint aux affaires du Proche-Orient, a démystifié un ensemble de ces allégations contre l'OMPI et a diligemment remonté jusqu'au régime iranien en tant que source d'origine.

La ramification la plus importante de ces reportages biaisés est qu'en l'absence d'autres mouvements d'opposition à grande échelle, ils profitent uniquement au régime iranien. Ceci est d'autant plus vrai et critique en ce qui concerne les perceptions des jeunes en Iran qui, d'une part, sont les principaux agents de la révolution en cours et, d'autre part, ne gardent aucun souvenir de la présence de l'OMPI en tant qu'organisation publique parce que le groupe s'organise clandestinement depuis 1981. Avec les exécutions massives, le régime iranien a clairement indiqué que toute affiliation ou association publique avec l'OMPI est passible de la peine de mort.

Pendant les soulèvements de 2009 à Téhéran, la nature de cette guerre discursive était particulièrement révélatrice lorsque les responsables du gouvernement iranien sont allés jusqu'à prétendre que c'est l'OMPI qui a tué Neda Agah Sultan, la manifestante pacifique tuée par un tireur d'élite sur untoit et dont la mort tragique a été filmée sur vidéo.

La campagne de diabolisation ciblée du régime iranien contre l'OMPI a atteint de nouveaux sommets avec la sortie en 2016 de "Midday Adventure", un film visant à dépeindre la nature du groupe qui représente une "violence insensée" et qui est "responsable du meurtre d'Iraniens innocents". Un tel flux constant de récits épouvantables couplés à un contenu en ligne venimeux suffit à éloigner le téléspectateur moyen de l'OMPI, sans parler de soutenir l'idée d'une révolution qu'ils promeuvent.

Un virage en faveur de la vérité

Il y a eu un moment décisif en 2016, cependant, lorsque le "cliché" du régime iranien sur l'OMPI a été brisé par la découverte et la divulgation des enregistrements audio privés de feu l'ayatollah Montazeri. Dévoilés par le fils de l'ayatollah, les enregistrements contenaient des conversations privées où l'ayatollah Montazeri critiquait et interrogeait les responsables impliqués dans le massacre de 1988. L'ayatollah a averti le régime que "vous ne pouvez pas éradiquer leurs croyances en les tuant tous". La discussion enregistrée révèle des détails sur les rôles, les responsabilités et les répercussions du massacre des membres de l'OMPI.

Pour la première fois depuis des décennies, des preuves irréfutables étaient révélé comme quoi le régime avait visé délibérément l'OMPI en raison de ses opinions. Pour la première fois, ceux qui étaient nés après 1989 ont appris la popularité de l'OMPI dans les années 1980, lorsque leurs discours publics, leurs rassemblements et leurs manifestations attiraient des centaines de milliers de partisans. La jeune génération commence seulement à comprendre pourquoi le régime considère l'OMPI comme sa menace existentielle et utilise toutes les ressources de l'Etat pour les détruire physiquement, organisationnellement et politiquement.

Coïncidant avec les récents bouleversements, l'appréciation par la nouvelle génération de l'histoire révolutionnaire de l'organisation a suscité de nombreuses intrigues et conversations sur son rôle dans le futur paysage politique iranien. D'innombrables cyber-médias et plates-formes de médias sociaux proposent aujourd'hui des forums pour comprendre "qui est l'OMPI et ce qu'elle représente".

Pour sa part, l'OMPI cherche activement de nouvelles façons d'entrer en contact avec des segments plus jeunes de la population iranienne afin qu'ils puissent apprendre à connaître l'organisation et son programme.

Le 26 janvier 2018, Ahmad Jannati, le chef de l'Assemblée des experts de l'Iran avait admis : "Le cyberespace est un coup porté à notre vie". Les sites de l'OMPI sont activement mis à jour avec des documentaires sur leurs efforts au cours des quatre dernières décennies. Différents forums de questions/réponses en direct sont hébergés en ligne et par satellite où les gens peuvent appeler ou discuter en direct de leurs questions sur le groupe.

Chaque année, des dizaines de milliers de sympathisants de l'OMPI dans le monde entier participent à la convention internationale annuelle organisée par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), la coalition politique dont l'OMPI est membre, dans le nord de Paris en France, qui offre une opportunité pour ceux qui sont en exil ou qui ont récemment fui l'Iran, et qui cherchent à se familiariser avec le groupe. Ces dernières années, un nombre croissant d'Iraniens qui ont quitté l'Iran à la suite d'une vague de répression après le soulèvement de 2009 et dont les vues sur l'OMPI ont été influencées négativement par la propagande du régime ont rejoint le réseau de soutien du groupe à l'étranger, faisant connaître leur solidarité lors des rassemblements et affichant leur soutien dans les réseaux sociaux.

De plus en plus, d'autres groupes et personnalités exilés qui ne sont pas influencés par la propagande de l'OMPI ont reconnu les contributions de l'OMPI et leur rôle direct dans le récent soulèvement et les protestations en cours. Dans un article en ligne, un essayiste politique iranien écrit "n'oublions pas qu'aujourd'hui nous sommes peut-être occupés à nous miner les uns les autres et c'est une énorme erreur, une erreur qui est enregistrée quotidiennement sur Twitter, Telegram et Instagram. Ce que nous disons aujourd'hui dans les médias sociaux sera le sujet de recherche de demain des historiens et reflétera le niveau de conscience politique de nos générations. Si nous nous perdons dans l'abîme de confusion que le régime a créé au cours des 40 dernières années au sujet de l'OMPI, nous nous priverons de travailler avec un partenaire pour renverser ce régime." (SaadatGharib, 2018).

Conclusion

Constituant la principale composante du grand rassemblement annuel du CNRI à Paris qui attire plus de 100 000 personnes chaque année depuis 2004, l'OMPI a rassemblé des personnalités politiques et des responsables des tous les bords politiques des États-Unis, de l'Europe et du Moyen-Orient. L'OMPI a la capacité de diriger et de gérer un vaste réseau de partisans en Iran qui n'a pas son pareil auprès des factions d'opposition existantes. À tout le moins, l'OMPI illustre une force d'opposition rare dans l'histoire de l'Iran, une force digne de la curiosité de ceux qui veulent sérieusement comprendre les affaires iraniennes.

Les données d'entretiens récemment recueillies auprès d'Iraniens exilés révèlent une évolution politique intéressante. Plus précisément, lorsqu'on leur a demandé quelle est la prochaine étape, les personnes interrogées ayant des antécédents politiques variés ont dit "espérons que l'OMPI fera tomber ce régime parce qu'elle est la seule à pouvoir le faire".

En ce qui concerne les événements en Iran, la suite sera potentiellement très similaire à ce qui s'est passé à Kazeroun et Téhéran. On ne peut qu'espérer que ceux qui sont en exil concentreront leurs énergies sur le régime iranien pour contrer ses efforts visant à affaiblir l'unité de l'opposition. Le temps de la Commission Vérité et Réconciliation de l'Iran ne pourra arriver qu'après l'enracinement de la démocratie.

Pour les détails lire

 

IRAN 
Octobre 2018

  23 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions, juillet: 40 exécutions, aout : 28 exécutions; septembre : 33 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions