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par Jean-Sylvestre Mongrenier dans le Huffpost - Le régime iranien déploie missiles et autres moyens pour verrouiller Ormuz. Le cinquième du pétrole mondial et le tiers du gaz naturel liquéfié transitent par ce détroit.

Faut-il rappeler l’importance du détroit d’Ormuz dans la géographie planétaire des hydrocarbures? Le cinquième du pétrole mondial et le tiers du gaz naturel liquéfié transitent par ce goulot d’étranglement, large d’à peine 40 kilomètres, qui relie le golfe Arabo-Persique à l’océan Indien. Ici, les intérêts rejoignent le droit. Le principe de liberté de navigation est fondamental: dans un monde ouvert et interconnecté, il s’agit d’un “bien commun” qui conditionne la sécurité et la prospérité de nos sociétés. Or, le régime iranien déploie de multiples missiles et autres moyens afin de verrouiller Ormuz. Ce type de stratégie, dit “de déni d’accès”, préoccupe les états-majors occidentaux. En effet, la mise en place de ces “bulles stratégiques” concerne également d’autres zones géostratégiques (mer Baltique, mer Noire, Bassin Levantin, mer de Chine du Sud). Le droit de la mer et le libre accès aux différentes régions du monde sont en jeu.

Assurer la sécurité des bâtiments qui franchissent le détroit d’Ormuz est doncimpératif. On notera qu’après de vaines spéculations sur les “attaques mystérieuses” subies par des pétroliers, les 12 mai et 13 juin derniers, il ne se trouve plus grand monde pour disculper l’Iran. Dans un tel contexte, lagrande incertitude qui règne autour du projet d’une force européenne, chargée de protéger la liberté de navigation dans la zone considérée, n’est guère rassurante. Selon certaines déclarations, il faudrait l’assentiment de Téhéran pour déployer une telle force. Autrement dit, la protection de la liberté de navigation serait suspendue à la bonne volonté de l’agresseur! Un raisonnement saugrenu. In fine, explique-t-on, l’essentiel serait de ne pas accroître les tensions, la circulation des flux d’hydrocarbures passant au second plan. Ce qui s’est produit antérieurement serait-il donc l’effet d’un surcroît de protection? L’exposition des pétroliers diminuerait-elle le risque de répétition d’agressions et de sabotages? Cela est contre-intuitif.

De deux choses l’une. Soit les dirigeants européens comptent sur la retenue du régime iranien qui, en dernière analyse, ne ferait que réagir à des incitations négatives. Complaisance, déni de réalité et patience stratégique finiraient par porter leurs fruits. En ce cas, la question d’une force de protection n’aurait même pas dû être évoquée. Soit ces dirigeants comptent en fait sur la puissance militaire américaine pour dissuader l’Iran d’aller plus loin ou, en cas d’escalade, pour rétablir le libre passage dans le détroit d’Ormuz. Au vrai, une autre hypothèse est à envisager: l’impuissance politique et militaire des pays européens et la volonté de ne pas s’exposer. Et ce sans renoncer à critiquer le grand allié dont la flotte assure une sorte de service public international. Si cette hypothèse était la bonne, sachons qu’hypocrisie et inconséquence pourraient avoir de graves conséquences.  

IRAN 
OCTOBRE 2019

 13 exécutions

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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