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JDD,14 décembre - Le quotidien britannique The Times s'est procuré un document confidentiel qui prouverait que l'Iran est en train de finaliser ses travaux sur la bombe nucléaire. Une information qui intervient alors que les négociations internationales sur le nucléaire iranien ont été interrompues à l'initiative de la République islamique.

L'Iran serait en train de mettre la touche finale à sa bombe nucléaire. Les révélations du Times lundi, qui se base sur un document secret d'origine iranienne qu'il s'est procuré, ont de quoi inquiéter. Selon ce texte, rédigé en persan, Téhéran effectue des tests sur un composant crucial à la fabrication d'une bombe nucléaire. "Le document, qui porte sur un projet militaire nucléaire parmi les plus sensibles de l'Iran, décrit un plan sur quatre ans pour tester un initiateur de neutrons, le composant d'une bombe nucléaire qui déclenche l'explosion", précise le quotidien britannique. Et les recherches pourraient d'ores et déjà être à un stade plus avancé: selon plusieurs sources au sein d'agences de renseignements, citées par le Times, le document date en effet de début 2007!

Dans le détail, le texte évoque "l'utilisation d'une source de neutrons, de l'hydrure d'uranium". Or, selon les experts interrogés par le Times, aucun usage civil ne justifie de tels travaux. De même source, il s'agit bien d'une étape préalable à la constitution d'une arme nucléaire. "L'Iran va peut-être affirmer que ces recherches ont des fins civiles, mais il n'y a aucune application civile", affirme ainsi David Albright, physicien et président de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS). Et d'ajouter, dans les colonnes du Times: "C'est une indication très solide de recherches sur des armements." Le quotidien rapporte notamment que ce composant est utilisé dans le type de bombe détenu par le Pakistan. Or, le père de la bombe atomique pakistanaise, Abdul Qadeer Khan, a reconnu avoir livré des secrets nucléaires à des pays étrangers. Autre élément à charge contre la République islamique: le document détaille une méthode qui permet de réaliser des tests sans générer de traces d'uranium risquant d'être détectées par le reste du monde.

Négociations internationales au point mort

Des informations qui viennent mettre à mal la défense de Téhéran. Depuis le début de la polémique sur son programme nucléaire, la République islamique défend son droit au nucléaire civil. Et affirme n'avoir aucune visée militaire. Ces révélations interviennent alors que les négociations internationales sont au point mort. Déjà visé par cinq résolutions du Conseil de sécurité, Téhéran se dirige droit vers de nouvelles sanctions. Après le vote d'une résolution critique au sein de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui sanctionnait notamment le fait que l'Iran n'ait pas révélé l'existence d'un second site nucléaire sur son territoire, le président Mahmoud Ahmadinejad a en effet interrompu, le 1er décembre dernier, les négociations. "La question du nucléaire iranien est réglée. Nous ne mènerons aucune discussion sur ce point. Il n'y a pas besoin de négociations", a-t-il ainsi déclaré, affirmant ne pas craindre les sanctions.

Ironie de l'histoire, le Times publie ce document alors qu'un débat sur la présence non avérée d'un autre type d'arme agite la Grande-Bretagne. Le pays a en effet été scandalisé par les révélations faites par l'ancien Premier ministre Tony Blair, dimanche, sur la BBC. Alors qu'outre-Manche la commission d'enquête sur la guerre en Irak s'est mise au travail fin novembre, Tony Blair a affirmé qu'il aurait engagé le pays dans la guerre même s'il avait su que Bagdad n'avait pas d'armes de destruction massive (ADM), ce qui a depuis été prouvé. "J'aurais continué à penser qu'il était juste de le [Saddam Hussein, ndlr] renverser", a-t-il déclaré. Des propos qui ont provoqué la colère des associations, qui dénoncent aujourd'hui le fait que la fausse présence d'ADM ait été utilisée comme prétexte pour faire la guerre. Sur ce point, Tony Blair devrait longuement être interrogé par la commission d'enquête en janvier. Une affaire qui a une résonance particulière au moment où l'on évoque des preuves des velléités militaires du programme nucléaire iranien. Même si comparaison n'est pas raison.
 

IRAN 
Octobre 2018

  15 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions, juillet: 40 exécutions, aout : 28 exécutions; septembre : 33 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions