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ARAB NEWS - Un indicateur important pouvant montrer si une institution politique est compétente et efficace pour gouverner un pays est d'examiner la façon dont elle réagit, gère et contrôle les urgences et les crises nationales.

L'Iran a été frappé par des inondations soudaines au cours des dernières semaines. Au moins 26 des 31 provinces du pays, dont environ 1 900 villes et villages, ont été touchées par de graves inondations. La première inondation a touché le nord-est de l'Iran le 19 mars, la deuxième s'est produite dans l'ouest et le sud-ouest du pays le 25 mars, et les crues soudaines ont continué à inonder plusieurs régions de l'ouest et du sud-ouest.

Au cours des deux dernières semaines, le nombre de morts a atteint 62, selon le chef de l'Organisation iranienne de médecine légale, qui estime que le nombre de morts va continuer à augmenter.

Environ un tiers des routes iraniennes ont été perturbées par les inondations. Behnam Saeedi, porte-parole de l'Organisation nationale de gestion des catastrophes, a déclaré à la télévision publique iranienne : "78 routes interurbaines ont été bloquées, 2 199 routes rurales et 84 ponts ont été emportés." Il a ajouté que : "Dans 15 provinces, 141 rivières ont débordé et environ 400 glissements de terrain ont été signalés."

La réponse du régime iranien a été totalement inadéquate, avec une mauvaise gestion de la crise et un manque de préparation évident. De nombreuses zones touchées par les inondations ne bénéficient d'aucun secours. Le directeur provincial du Croissant-Rouge, Sarem Rezaee, a fait remarquer qu'ils avaient tout simplement perdu la communication avec de nombreux sites, ajoutant que le Croissant-Rouge n'avait plus de contact avec les autorités : "Nous avons demandé une aide d'urgence aux provinces voisines, mais personne ne peut rien faire."

Au lieu d'apporter leur plein appui aux populations touchées par les inondations, les Gardiens de la révolution (pasdaran) ont ouvert le feu dans de nombreux villages sinistrés, tuant au moins une personne et en blessant plusieurs. Les pasdaran craignent que la frustration et la colère des sinistrés, qui n'ont pas reçu d'aide du gouvernement, ne se transforment en un nouveau moteur de protestations et de manifestations généralisées, qui pourraient mettre en danger la mainmise du clergé sur le pouvoir.

Ironiquement, le Guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, s'est félicité de l'aide "exceptionnelle" fournie aux populations touchées. Il a loué " les hauts responsables et les commandants militaires " pour leur " présence et leur coordination ", même si plusieurs politiciens du régime ont critiqué les pasdaran et signalé que les responsables gouvernementaux n'avaient même pas visité beaucoup de zones touchées.

Le gouvernement du président Hassan Rohani a également joué la carte du blâme ou fait des promesses absurdes à l'opinion publique afin de se soustraire à l'obligation de rendre compte, aux critiques et à la responsabilité. Rohani a promis que le gouvernement indemnisera tous ceux qui ont été touchés par les crues soudaines. Cependant, alors que les dommages infligés aux villes, villages et fermes sont estimés à des centaines de millions de dollars, le régime iranien n'a alloué qu'environ 130 milliards de rials (1 million de dollars) à la gestion des crises.

Bien que de nombreux secteurs gouvernementaux aient vu leur budget diminuer cette année, il semble que la seule institution ayant connu une augmentation notable soit les pasdaran et les organismes affiliés. L'augmentation du budget du Corps des gardiens de la révolution, qui réduit d'autres programmes cruciaux de secours et d'urgence, montre que le régime accorde la priorité à l'habilitation de ses institutions militaires et à l'exercice d'un pouvoir absolu au détriment de ses propres citoyens.

En outre, Rohani pointe du doigt les États-Unis afin d'expliquer pourquoi les personnes touchées par les inondations ne reçoivent pas d'aide.

Les partisans de la ligne dure comme les modérés rejettent la faute sur les forces et les interventions "étrangères". Par exemple, le général Gholamreza Jalali, chef de l'Organisation de la défense passive, a blâmé "l'ingérence des étrangers" dans les inondations. Le ministre des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif a également attaqué l'administration Trump sur Twitter, suggérant que Washington serait responsable des souffrances des victimes. Mais les dirigeants iraniens n'ont pas réussi à faire la lumière sur certaines des raisons fondamentales qui sous-tendent cette crise.

En plus de l'accent mis par le régime sur les dépenses excessives consacrées à ses programmes militaires et d'énergie plutôt qu'à ses programmes de secours, les inondations peuvent également être attribuées à la mauvaise gestion de l'urbanisme par le gouvernement, à ses efforts pour réaliser des profits en poursuivant des projets immobiliers près des rivières et à la déforestation et à l'exploitation généralisées des forêts et des mines au profit du pasdarans, de leurs entreprises et de hauts responsables.

En conclusion, la catastrophe provoquée par les inondations en Iran montre la mauvaise gestion de la crise par le régime, son manque de préparation, son incompétence à gouverner le pays et son obsession d'allouer une grande partie du budget national à l'armée plutôt qu'aux programmes de secours et d'urgence, qui apporteraient une assistance à ses citoyens.

 

IRAN 
JUIN 2019

 19 exécutions

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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