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Townhall.com - Par Ivan Sascha Sheehan - Pendant des décennies, les dirigeants théocratiques de Téhéran ont fait des pieds et des mains pour s'imposer dans les médias occidentaux.

Ces efforts ont été si fructueux que nombre de ces organes sont aujourd'hui menacés de l'intérieur par des actifs - souvent déguisés en journalistes - dépeignant l'Iran comme la victime d'une ingérence dirigée par les États-Unis et même d'une guerre imminente. Ces instruments de propagande sont utilisés pour diaboliser les opposants du régime à des moments clés et écarter les libertés fondamentales qui feraient s'effondrer le régime comme un château de cartes.

Beaucoup de ces soi-disant journalistes d'origine iranienne travaillaient auparavant pour les médias contrôlés par l'État iranien, et certains répètent les arguments du régime comme s'ils étaient toujours sur sa liste des salariés.

La plupart d'entre eux ont trouvé un foyer confortable dans les médias de gauche en Occident, notamment MSNBC, Al-Jazeera English, Channel 4 News de Grande-Bretagne, The Guardian et The Independent, où ils tirent librement parti de leurs articles pour exécuter les ordres de Téhéranu.

Voici comment ils s'y prennent:

Ces dernières années, le régime a trié sur le volet certains organes d'information pour promouvoir une présence médiatique "contrôlée" en Iran. Les assistants locaux et les traducteurs des journalistes étrangers ont besoin d'une autorisation du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique. Ces apprentis viennent normalement du ministère du Renseignement et ont une formation préalable dans les médias locaux de l'Etat. Au fil du temps, ils aident à préparer des articles et à interviewer les hauts responsables du régime qui, normalement, évitent de parler à la presse internationale. Au fur et à mesure que les relations se développent, ceux qui ont une tendance particulière à suivre la ligne deviennent des journalistes permanents et sont envoyés à l'étranger.

Bien que certains de ces journalistes mentionnent de temps en temps des violations des droits de l'homme en Iran, ils contredisent rarement, voire jamais, les positions fondamentales du régime dans des domaines critiques tels que la possibilité d'un changement de régime par le biais de manifestations nationales, l'effet des sanctions sur les manifestations anti-régime ou le rôle de l'opposition organisée dans la promotion du changement au niveau local.

En fait, ils insistent, sans la moindre preuve, sur le fait que les sanctions porteront préjudice aux Iraniens ordinaires, et non au régime ; le soutien américain aux manifestants ralliera la population derrière les mollahs ; et l'alternative au régime est une secte qui torture ses propres membres et veut instaurer une dictature encore plus impitoyable. Qu'il n'y ait pas une once de preuve à l'appui de ces affirmations ne semble pas avoir d'importance.

Ces dernières semaines, une série de reportages ont été publiés dans les médias internationaux qui diabolisent la principale opposition démocratique iranienne, l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI ou MEK). Le dernier en date était un article de 6 600 mots d'Arron Reza Merat dans The Guardian qui accusait l'OMPI de laver le cerveau de membres, de torturer d'anciens membres, de harceler le personnel féminin, de réprimer les Kurdes irakiens au nom de Saddam Hussein et de tuer les scientifiques nucléaires iraniens avec l'aide d'Israël. Ni les témoignages officiels du Département d'État américain actuel et ancien, ni ceux des responsables militaires américains qui réfutent les affirmations ni les évaluations crédibles avancées par les universitaires ne semblent suffisants pour surmonter ces accusations scandaleuses.

Il est à noter que M. Merat, qui a rédigé le rapport diffamatoire qui calomnie l'OMPI, a déjà été correspondant à Téhéran et qu'il est connu pour faire l'éloge du président peu libéral du régime, Hassan Rohani.

Al-Jazeera en anglais a également diffusé récemment une émission attaquant des membres de l'OMPI vivant en Albanie. Son producteur et animateur, Will Yong, est à moitié iranien et a été présentateur de la chaîne de télévision publique iranienne de langue anglaise Press TV, dont le siège se trouve à Téhéran et qui a des liens étroits avec le Guide suprême Ali Khamenei.

Des articles similaires ciblant l'OMPI sont apparus dans d'autres médias, alors que les agents de Téhéran, en s'appuyant sur leurs associations de presse occidentales et leurs journaux, tentent de persuader leur public cosmopolite que les opposants du régime sont pires que le régime. En réalité, l'OMPI est le groupe d'opposition le plus important et le mieux organisé d'Iran, et ses "Unités de résistance" en Iran jouent un rôle clé dans l'organisation de manifestations anti-gouvernementales. Le groupe fait partie de la coalition des organisations dissidentes sous la bannière du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). Le fait que le CNRI soit dirigé par une femme charismatique, Maryam Radjavi, et qu'il soit le seul mouvement d'opposition à avoir un plan en dix points clairement articulé pour un Iran libre, fait particulièrement sourciller la vieille garde du régime.

Pour être clair, la campagne de désinformation de l'Iran ne se limite pas à l'OMPI/MEK. Le correspondant du Guardian en Iran, Saeed Kamali Dehghan, un critique virulent des sanctions du président Donald Trump contre Téhéran, travaillait auparavant pour l'agence de presse Fars, une agence affiliée aux gardiens de la révolution. Cette particularité qui compromettrait évidemment son intégrité journalistique, est notamment absente de son article du Guardian. Lui aussi est profondément hostile à l'OMPI/MEK.

La semaine dernière, le secrétaire d'État Mike Pompeo a posté sur Twitter une réfutation d'un article paru dans Newsweek, affirmant que les sanctions américaines nouvellement réimposées empêcheraient les Iraniens ordinaires d'accéder aux besoins humanitaires fondamentaux. "Honte à #FakeNewsweek" pour avoir aidé le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif à répandre des mensonges", dénonçait sa critique exceptionnellement acerbe. "La vérité, c'est que les États-Unis n'approuvent pas et n'ont jamais approuvé les sanctions sur la nourriture et les médicaments."

Certains organismes de presse de gauche crédules pourraient tout simplement être naïfs lorsqu'ils rapportent les fausses allégations de Téhéran selon lesquelles les États-Unis planifient une autre guerre au Proche-Orient. Mais des décennies de complaissance de la part des gouvernements américains et européens précédents, tous plus désireux que les leurs prédécesseurs de présenter Téhéran sous un jour positif, ont incontestablement aidé l'Iran à installer ses apologistes dans les salles de rédaction occidentales.

Ces écrivains pro-iraniens et leurs groupes ne sont pas des journalistes ordinaires ; ils sont les agents de relations publiques d'un régime qui emprisonne les journalistes, censure la liberté d'expression des médias et asservit une nation en ébullition.

Parler en faveur d'une presse indépendante devrait inclure la dénonciation des opérations d'influence de Téhéran dans les médias occidentaux et des agents étrangers qui font de la désinformation.

Ne pas le faire menace l'indépendance journalistique et compromet les valeurs essentielles d'une presse libre.

 

IRAN 
DECEMBRE 2019

 8 exécutions

Soulèvement national

1000 manifestants tués

4000 blessés

12.000 arrestations

dans 187 villes insurgées

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions; Octobre: 23 exécutions; Novembre: 15 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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